France

Vincent Peillon peut-il bénéficier de «l'effet Fillon»?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 19.12.2016 à 11 h 13

Repéré sur France Inter

L'humoriste Sophia Aram s'est amusée à imaginer les surprises se poursuivre dans la primaire de la gauche.

Qui sera la surprise de la primaire de la «Belle Alliance Populaire»? Après le Brexit, après la victoire de Donald Trump lors de la présidentielle américaine, et celle de François Fillon, lors de la primaire de la droite et du centre, on commence à se demander si une nouvelle fois, une surprise ne va pas se glisser dans ce scrutin.

De quoi amuser l'humoriste Sophia Aram, qui est revenue ce 19 décembre, sur «l'effet Fillon». Ce lundi, un peu avant 9 heures, elle a retourné la tête des auditeurs de France Inter en revenant sur la course à neuf qu'est la primaire –devenue depuis une course à sept après la validation des candidatures–, et qui conduira trois candidats à gauche –Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et le vainqueur de la primaire– à s'opposer à François Fillon et Marine Le Pen.

«C'est pas forcément le meilleur moyen de faire décoller un avion déjà très abîmé par cinq années de pouvoir, mais justement, c'est ça le but. Le but, c'est de tout faire pour apparaître le plus perdant possible dans l'espoir de créer ce que l'on appelle maintenant “l'effet Fillon”. Alors “l'effet Fillon”, qu'est-ce que c'est? “L'effet Fillon”, c'est l'effet grâce auquel celui en qui personne ne croit finit par l'emporter haut la main.»

Un «effet Fillon», souligne-t-elle, dont le candidat de la droite n'est pas vraiment l'auteur originel, puisqu'il y a cinq ans, un autre candidat avait déjà déjoué tous les pronostics pour s'imposer:

«Si vous vous souvenez bien à quelques mois des primaires de 2012, François Hollande avait lui-même pris tout le monde de court, et c'était lui qui avait créé le premier, “l'effet Fillon”, qui ne s'appelait pas encore à l'époque l'effet Fillon. Je sais, on aurait pu l'appeler “l'effet Hollande”, mais j'aimerais qu'on ne complique pas les choses s'il-vous-plait.»

La suite consiste donc à bien définir «l'effet Fillon», afin de savoir qui peut en profiter:

«Ce que l'on sait maintenant, c'est que “l'effet Fillon” ne souffle que sur des candidats partant de très bas dans les intentions de vote. Là-dessus, on est bien. Entre ceux que l'on ne connaît pas, ceux qui font tout pour se gaufrer, de ce côté, on ne prend aucun risque: ils sont tous potentiellement compatibles avec “l'effet Fillon”. [...]

 

La deuxième chose que l'on sait de “l'effet Fillon”, c'est qu'il faut pouvoir créer la surprise. Et là aussi, pour Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, et Vincent Peillon, on a un tel potentiel en matière de surprise que même leur candidature à la primaire était déjà une énorme surprise.

 

Mais attention, c'est là qu'il faut être prudent, et ne pas confondre “l'effet Fillon”, et “l'effet Copé”, qui interviennent à peu près dans les mêmes configurations, mais avec des effets très différents en matière de résultat final.»

Journalistes ou Pythie?

Le tout avant que l'humoriste ne finisse de s'amuser avec les commentaires politiques et «l'effet Fillon» qui pourrait bien finalement ne pas profiter à Benoît Hamon, qui semble pourtant avoir beaucoup de similitudes avec l'ancien outsider de la primaire de la droite et du centre. Le problème, c'est que ces similitudes remontent sans doute trop tôt dans la campagne:

«Pour Benoît Hamon, j'ai une inquiétude. Les premiers commentaires parlant déjà d'un “effet Fillon” pour Hamon, ça le placerait dans une position de favori dans “l'effet Fillon”, et tout le monde sait maintenant que c'est une position totalement contradictoire avec “l'effet Fillon”. Être favori pour “l'effet Fillon”, c'est avoir la certitude de ne pas bénéficier de “l'effet Fillon”.»

A l'image de ce que dit ce journaliste de Libération sur Twitter:

Montebourg, n'étant porté ni par un «effet Fillon», parce qu'il est trop haut, ni d'un «effet Juppé», parce qu'il est trop bas, il risque surtout de s'incliner une nouvelle fois, au premier tour. Reste Vincent Peillon...

Une chronique qui s'amuse de la façon dont les chroniqueurs politiques essaient de prévoir les vainqueurs de l'élection présidentielle: un peu comme si à vouloir tout prévoir, et vouloir dégager des modèles, les journalistes finissaient par se perdre, et ne plus comprendre ce qu'ils souhaitaient analyser au départ.

Et Sophia Aram ne manque pas de jouer elle aussi à la Pythie, et termine sa chronique sur une note un peu moins optimiste pour celui qui a donné son nom à l'«effet Fillon».

«Ce que l'on sait, c'est qu'à gauche, on n'en sait rien, et que, pour la présidentielle, Fillon étant aujourd'hui favori, il n'a, lui, plus aucune chance de bénéficier de “l'effet Fillon”.»

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