Science & santé

Les oiseaux pratiquent aussi la garde alternée

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 20.12.2016 à 13 h 31

Repéré sur Nature, Université du Kansas

Pour survivre, les oiseaux de rivage ont tout intérêt à être «imprévisibles» dans les soins qu'ils accordent à leurs petits.

Couple de bécasseaux sanderling, Jeroen Reneerkens (université de Groningue, Pays-Bas)

Couple de bécasseaux sanderling, Jeroen Reneerkens (université de Groningue, Pays-Bas)

C'est une conséquente étude d'ornithologie qui a été publiée le 1er décembre dans la revue Nature. Menée par plus de 70 chercheurs internationaux, elle s'intéresse aux rythmes biologiques de diverses espèces d'oiseaux de rivage, dont les bécasseaux sanderling en photo ci-dessus. Il en ressort que si ces oiseaux sont étroitement synchronisés sur bon nombre de comportements –comme le début et la fin de leurs trajets aériens, par exemple, ou même leur recherche de nourriture– il existe un plan sur lequel ils sont si divers que les scientifiques s'en sont quasiment décroché la mâchoire: les soins accordés aux petits.

Portant sur 729 nids de 32 espèces, représentant un total de 91 populations analysées dans les régions arctiques entre 2011 et 2015, l'étude montre que ces volatiles sont passés maîtres dans la diversification de leur investissement parental. Là où ils se ressemblent, c'est dans leur régime d'accouplement –ils sont quasiment tous monogames– et dans leur mode de reproduction –la grande majorité des oiseaux étudiés pondent entre trois et quatre œufs que l'un des deux parents couve continuellement jusqu'à leur éclosion. Par contre, là où les choses se bigarrent, c'est sur le planning de la couvaison: chez certains couples d'oiseaux, la relève est assurée toutes les heures, pour d'autres, toutes les 24 heures et dans certains nids, le mâle ou la femelle doit attendre deux jours avant que son ou sa partenaire vienne le ou la remplacer.

Coopération

«Avant ce travail, note Brett Sandercock, l'un des auteurs, on n'avait aucune idée de cette incroyable diversité stratégique au sein de ces espèces». Ce biologiste de l'université du Kansas spécialiste des oiseaux sauvages précise que savoir comment et pourquoi ces animaux déploient une telle diversité de moyens «pour résoudre un problème identique –comment les mâles et les femelles coopèrent pour coordonner leurs activités dans le nid» est d'une importance capitale pour la recherche.

«Cette incroyable diversité que nous observons parmi de multiples espèces et, au sein d'une même espèce, parmi de multiples sites de nidification, ouvre la voie à tout un tas de travaux susceptibles d'expliquer les mécanismes sous-jacents aux rythmes biologiques.»

Sandercock en entrevoit déjà deux: le régime jour/nuit spécifique au grand Nord susceptible d'affecter l'horloge interne des oiseaux et une réponse adaptative aux prédateurs, vu qu'un oiseau qui quitte de manière imprévisible son nid assure mieux la survie de ses petits.

oiseauxnidArctique
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte