Science & santé

Des bouts de notre cerveau dorment tout le temps

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 18.12.2016 à 16 h 15

Repéré sur Science, Université Stanford

Et pas seulement lorsque nous sommes nous-mêmes endormis.

Neurones | NICHD NIH via Flickr CC License by

Neurones | NICHD NIH via Flickr CC License by

Lorsque nous dormons profondément, l'activité de nos neurones n'est pas homogène. Au contraire, elle fluctue énormément selon les moments et les zones de notre cerveau. Une instabilité qui serait notamment essentielle à notre mémoire. Six chercheurs en neurosciences affiliés aux universités de Stanford, aux États-Unis, et de Newcastle, en Grande-Bretagne, viennent de découvrir que le phénomène s'applique aussi à notre cerveau en éveil: à chaque instant, des groupes de neurones s'endorment quand d'autres se réveillent, et ainsi de suite.

De leurs travaux menés sur des singes, les scientifiques dirigés par Kwabena Boahen concluent que cette oscillation n'est pas totalement aléatoire, tant les bouts de cerveau les plus alertes sont ceux qui réagissent le mieux aux stimuli de l'environnement. Qui plus est, les neurones restent visiblement plus longtemps en éveil lorsque les singes sont concentrés sur une tâche –une attention qu'atteste la dilatation de leurs pupilles.

En d'autres termes, le même genre de processus régulant l'activité du cerveau endormi et l'aidant à mieux se souvenir, pourrait, une fois le cerveau éveillé, l'aider à être plus attentif au monde qui l'entoure. Des études antérieures avaient montré que les neurones pouvaient passer par de telles phases d'action et d'inaction, mais de manière individuelle. L'étude de Boahen et al. est la première à observer que tous les neurones d'un groupe donné se synchronisent entre eux et font fluctuer leur «fréquence de décharge» de manière coordonnée, selon des cycles s'étalant au maximum sur quelques secondes.

Économie d'énergie

On pourrait se demander pourquoi nos neurones augmentent et diminuent ainsi d'activité lorsque nous sommes éveillés. Ne serait-il pas plus avantageux qu'ils se bloquent tous en mode «actif» pour nous permettre, justement, d'être mieux attentif et réactif à notre environnement?

Selon Boahen, la chose serait impossible pour des raisons métaboliques. «Si les neurones étaient dans un état de décharge constant», explique-t-il, ce serait très coûteux d'un point de vue énergétique. En se «calmant» à intervalles réguliers, nos cellules cérébrales économisent tout simplement de l'énergie. En outre, l'activité neuronale n'est pas sans générer de déchets nocifs pour les cellules. En s'endormant à tour de rôle, ce serait une façon pour nos neurones de faire le ménage.

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