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Le futur système de signalement des fausses informations de Facebook critiqué de toutes parts

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 16.12.2016 à 12 h 54

Repéré sur FastCoDesign, Business Insider

Le réseau social a lancé un partenariat avec des organisations de fact checking, mais elles sont déjà accusées par les conservateurs d'être trop à gauche tandis que la «terminologie» choisie fait aussi l'objet de critiques des médias traditionnels.

Facebook | Marcus Quigmire via Flickr CC License by

Facebook | Marcus Quigmire via Flickr CC License by

Après avoir été critiqué pour son rôle dans la dissémination de fausses informations pendant la campagne présidentielle américaine, Facebook vient d'annoncer que des mesures seraient prises rapidement pour signaler les contenus faux. L'initiative sera d'abord mise en place aux États-Unis.

Un utilisateur de Facebook pourra signaler qu'un post entre dans la catégorie «fausse information» (fake news) en cliquant en haut à droite du post. Si un nombre suffisant d'utilisateurs le signalent, des organisations de fact checking indépendantes (notamment PolitiFact, Snopes et FactCheck.org) seront chargées de vérifier l'information. Si elle est jugée fausse, le post sera affublé d'un label «contesté par des fact checkeurs indépendants» et sera moins bien classé dans le fil d'actualités.

Les articles partagés sans être lus par les utilisateurs seront aussi moins bien classés. Le réseau social a aussi décidé d'empêcher les sites de fausses informations d'utiliser leur service de publicité pour générer des revenus. 

Comme le note Mark Wilson dans FastCoDesign, le fait que le nom du label soit «contesté» plutôt que «faux» est problématique pour un lecteur qui douterait déjà des médias traditionnels. Étant donné que les faux articles devenus viraux pendant la campagne étaient particulièrement délirants, comme l'annonce selon laquelle le pape François avait apporté son soutien à Donald Trump, parler à ce sujet de fait «contesté» semble inadéquat.

«L'utilisation du mot "contesté" traite les faits eux-mêmes comme s'ils pouvaient faire l'object d'un débat, ce qui est précisément la mentalité à l'origine de la popularité des fausses informations et de l'ère de post-vérité», écrit Wilson.

Les «faits sont de gauche»

D'ailleurs, suite à l'annonce de la nouvelle initiative de Facebook, les sites pro-Trump comme Breitbart ont immédiatement remis en cause les organisations de fact checking. L'article de Breitbart sur le sujet est intitulé: «Facebook va signaler les "fausses informations" avec l'aide de "fact checkers" partisans». Comme l'explique le journaliste de Mother Jones Josh Harkinson, Breitbart n'est pas loin de dire que les «faits sont de gauche».

Sur Twitter, de nombreux autres conservateurs, même les anti-Trump, se sont insurgés contre la décision de Facebook. Tous considèrent que les organisations de fact checking sont trop à gauche pour être crédibles. 

L'animateur radio pro-Trump Alex Jones, dont l'émission et le site InfoWars sont spécialisés dans les théories du complot, a même menacé de faire un procès à Facebook si les papiers de son site obtiennent le label «contesté». Pour Jones, c'est le New York Times qui publie des fausses informations, pas ses articles sur Hillary Clinton impliqué dans des réseaux pédophiles.

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