France

L'organigramme de François Fillon révèle un cruel manque de diversité

Alexandre Léchenet, mis à jour le 16.12.2016 à 17 h 39

Des hommes blancs de plus de cinquante ans, fillonistes, qui s’appellent François.

François Fillon le 15 décembre 2016 à Bruxelles. THIERRY CHARLIER / AFP

François Fillon le 15 décembre 2016 à Bruxelles. THIERRY CHARLIER / AFP

Le directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stefanini, a présenté le 15 décembre à la presse la première partie de son organigramme de campagne. Une équipe qui ressemble, à peu de choses près, à son candidat: des hommes blancs de plus de cinquante ans, fillonistes, qui s’appellent François.

Gardant auprès de lui des fidèles, le candidat a élargi son équipe à des élus et conseillers de ceux qu’il a vaincus à la primaire. C’est un organigramme assez important avec 129 postes. Certaines personnes se partagent entre différents postes. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, maire de Drancy et député de Seine-Saint-Denis, est ainsi conseiller politique de Fillon, conseiller chargé de la relation avec l’UDI et membre du conseil stratégique. En tout, 92 personnes composent cet organigramme à rallonge.

S’il représente toutes les sensibilités de la droite, il ne représente pas tout à fait la société française. Seules 20 femmes composent l’organigramme, contre 72 hommes, soit 21,7% de l’équipe. Il y a autant d’hommes qui s’appellent François, Philippe, Hervé ou Eric dans l’équipe que de femmes, tous prénoms confondus. D’ailleurs, aux femmes sont réservées les fonctions de communication – autour d’Anne Méaux, patronne de l’agence Image 7. Elles sont aussi nombreuses dans le pôle «Société civile»: Virginie Calmels, ancienne dirigeante d’Endemol et adjointe d’Alain Juppé à Bordeaux, Maud Fontenoy, navigatrice climato-sceptique et Madeleine de Jessey, médiatique porte-parole de Sens Commun, le mouvement politique issu de la Manif pour tous, qui avait soutenu François Fillon pendant la primaire.

Une équipe à l'image de la primaire

En terme de diversité politique, l’équipe reflète les scores à la primaire, avec une prime pour Bruno Le Maire, qui ramène avec lui presque autant de soutiens que Nicolas Sarkozy alors qu’il a reçu huit fois moins de voix. En plus, les postes-clefs ne sont pas attribués à des soutiens de l’ancien président, qui siègent surtout au conseil stratégique. «Les sarkozystes sont sous-représentés», commente un sarkozyste anonyme dans Le Monde. Seuls François Baroin, Laurent Wauquiez et Eric Woerth ont rejoint le conseil politique de Fillon. Les trois ont été ministres dans ses gouvernements.

Avec un âge moyen de 53 ans, l’équipe n’est pas si vieille

Avec un âge moyen de 53 ans, l’équipe n’est pas si vieille. Elle est même dix ans plus jeune que son candidat, qui a fêté ses 62 ans en avril. La co-fondatrice des Veilleurs, Madeleine de Jessey, 27 ans, est la plus jeune. Et ils sont une dizaine à dépasser 65 ans, l’âge de départ à la retraite souhaité par François Fillon. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille et sénateur des Bouches-du-Rhône est le doyen de cet organigramme. Il a 77 ans depuis octobre.

L’organigramme n’est pas un trombinoscope, mais en ajoutant des photos, il rappellerait à l’œil la photo du groupe R-UMP que François Fillon avait créé après sa défaite à la tête de l’UMP. Un rassemblement de visages plus pâles les uns que les autres. Et Didier Robert, sénateur de la Réunion dénote en étant le seul à représenter l’outre-mer dans l’équipe. D’ailleurs s’il avait parrainé François Fillon au début de la primaire, Didier Robert avait préféré ensuite se tourner vers Nicolas Sarkozy, choqué par les propos de François Fillon sur la colonisation, qu’il comparait fin août à un «partage de culture».

DR.

Alexandre Léchenet
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