Science & santé

Pourquoi l’homme devient plus petit quand il habite sur une île

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 15.12.2016 à 14 h 08

Repéré sur Science of Us, Nature

Une caractéristique qui serait aussi valable pour les gros animaux.

Homo Floresiensis | Karen Neoh via Flickr CC License by

Homo Floresiensis | Karen Neoh via Flickr CC License by

Connaissez-vous l’Homo floresiensis, plus communément appelé Homme de Florès ou parfois même surnommé «Hobbit»? Membre de la famille des hominidés, il aurait vécu il y a entre 100.000 et 50.000 ans en Indonésie, et notamment sur l’île de Florès. Les scientifiques pensent qu’il était capable de chasser, de construire des outils et même de maîtriser le feu, sans que cela tout à fait établi. Sa particularité vient de sa taille: il faisait un mètre à peine pour quelques dizaines de kilos seulement.

Cette taille très particulière a beaucoup intéressé les spécialistes, notamment parce que cette espèce a vécu sur une île. Certains scientifiques établissent même un lien entre les deux dans une théorie appelée «évolution insulaire». Le Smithsonian Museum explique, en effet, sur son site que cette taille résulterait d’un «processus d’évolution du à une isolation de long terme sur une petite île avec des ressources en nourriture limitées et un manque de prédateurs».

Aida Gomez-Robles, anthropologiste de l’université de George Washington, estime également sur le site de Science of Us que cette théorie ne concerne évidemment pas que l’homme. «Les observations classiques indiquent que les animaux larges ont tendance à voir leur taille diminuer quand ils évoluent de façon insulaire, alors que les petits animaux prennent du volume.»

Une évolution ordinaire

Science of Us cite ainsi les éléphants pygmées qui ont habité à Florès, chassé justement par les «Hobbits», tout comme les rats longs d’une quarantaine de centimètres ou les dragons de Komodo, des lézards exceptionnellement grands. Ailleurs dans le monde, on pense aux Hippopotamus minor de l’île de Chypre ou les Mammuthus creticus, ces mammouths de petite taille qu’on trouvait en Crète.

Il est important de noter également que, si les éléments appuyant cette théorie sont nombreux, certaines voix se sont élevées pour rappeler qu’il ne faut la prendre pour acquis. Certains estiment ainsi que l’Homme de Florès ne serait pas forcément une évolution de l’Homo erectus mais celle d’un autre hominien, déjà petit, tel que l’Homo habilis.

«Alors qu’il y a beaucoup de preuves qui suggèrent que certaines espèces changent de taille sur les îles, il n’y en a pas assez pour en faire une “règle”», estime Science of Us.

Ces éléments de débat sont rassemblés dans une étude d’Aida Gomez-Robles publiée sur Nature, où elle tient à rappeler qu’il n’y a rien d’exceptionnel à considérer que l’Homo Erectus a pu évoluer en Homo floresiensis à cause du nanisme insulaire, phénomène observé chez de nombreuses espèces, et ce même si d’autres hypothèses ne sont pas à écarter.

«Le nanisme insulaire rapide n’est pas extraordinaire dans la nature. […] Quelle que soit l’origine véritable de l’H. florensiesis, nous nous rapprocherons encore plus d’une réponse si l’on regarde au-delà des hominiens dans notre quête d’explications.»

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