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Sur Google.com, la réponse à la question «la Shoah a-t-elle eu lieu?» est non

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 14.12.2016 à 10 h 37

Repéré sur The Guardian, Fortune

Le premier résultat de cette recherche en anglais sur Google.com est un site négationniste.

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Sur Google.com, si vous tapez «did the holocaust happen?» (la Shoah a-t-elle eu lieu?), le premier lien qui apparaît en haut de page est intitulé «dix raisons pour lesquelles la Shoah n'a pas eu lieu». Cet article vient du site néo-nazi américain Stormfront, qui a été fondé par l'ancien chef du Ku Klux Klan en Alabama.

En tout, la première page de recherches contient trois articles négationnistes. Ces sites utilisent des techniques d'optimisation afin d'être bien positionnés dans les recherches Google. Cela n'a rien d'illégal, et comme Google se considère comme une plateforme neutre, l'entreprise a tendance à ne pas intervenir.

Interrogé par le magazine Fortune sur ce cas d'article négationniste, un porte-parole de Google a répondu que la direction ne retirait jamais de contenus des résultats de recherche, sauf en cas «de contenu illégal, de virus ou de violations des règles du webmaster».

«La droite a colonisé l'espace numérique»

Aux États-Unis, le site Stormfront, dont Anders Breivik était lecteur, n'est pas illégal, et son fondateur avait appelé ses lecteurs à voter pour Donald Trump.

«La droite a colonisé l'espace numérique autour de ces sujets –les musulmans, les femmes, les juifs, la Shoah, les noirs – de façon beaucoup plus efficace que la gauche» écrit la journaliste Carole Cadwalladr dans The Guardian. 

Les détails du fonctionnement de l'algorithme de recherche de Google sont secrets et l'entreprise dit simplement que des centaines de facteurs différents sont utilisés pour déterminer la pertinence d'un article. 

Comme le rappelle Gizmodo, les résultats de recherche Google ne sont toutefois pas toujours entièrement neutres: une enquête de la FTC avait révélé que Google manipulait parfois ses résultats pour favoriser ses services par rapport à ses rivaux.

Ces dernières critiques de Google interviennent dans un contexte particulier: après l'élection de Trump, Google et Facebook ont été pointés du doigt pour le rôle qu'ils ont joué dans la dissémination de fausses informations. Début décembre, la direction de Facebook a d'ailleurs annoncé qu'ils recherchaient un chef des informations avec au moins vingt ans d'expérience dans les médias, un poste qui devrait permettre au site de réagir au problème du partage de fausses informations.

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