Allemagne

À Hambourg, des écoliers se mobilisent pour empêcher l'expulsion de leur camarade afghane

Temps de lecture : 2 min

L'Afghanistan est considéré comme un «pays sûr» par les autorités allemandes.

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«Si nous n'arrivons pas à empêcher ça, je resterai couchée dans mon lit pendant dix jours et je pleurerai. Fatemeh est une de mes meilleures amies.» Luisa fait partie de la classe 3B de l'école primaire Forsmannstraße, à Hambourg, qui a accueilli il y a quelques mois une nouvelle élève: Fatemeh, 8 ans, originaire d'Afghanistan, qui a fui l'Iran avec ses parents dans l'espoir d'une vie meilleure en Allemagne.

Bien qu'elle parle déjà très bien allemand et se soit fait de nombreux amis au sein de la classe, la petite fille et ses parents sont aujourd'hui menacés d'expulsion, l'Afghanistan étant considéré comme un «pays sûr» par les autorités allemandes et l'accord passé en octobre 2016 entre l'Union européenne et l'Afghanistan ayant assoupli les modalités d'expulsion des demandeurs d'asile afghans, comme le rapportait récemment le site de la chaîne de télévision allemande ARD.

En octobre 2016, lorsque l'institutrice, Uta Theune, a annoncé à la classe que Fatemeh allait devoir quitter l'école dans quelques semaines, les larmes de la petite fille ont tant ému ses camarades que la classe a décidé de se mobiliser, en envoyant une lettre ouverte aux responsables politiques locaux, intitulée «Fatemeh reste ici!!!». Les enfants semblent être très fiers de leur choix de ponctuation.

«Elle s'est faite à la vie ici et a trouvé un vrai chez soi»

L'hebdomadaire allemand Die Zeit a rendu visite aux écoliers et les a interviewés, restituant cet échange dans un long entretien choral. Malgré leur jeune âge, ils ont bien saisi ce qu'est la crise des réfugiés et vivent la présente situation comme une injustice. Teo s'insurge:

«Pourquoi c'est précisément Fatemeh qui doit partir? Il y a des milliers de réfugiés ici. Et nous avons d'ailleurs une loi qui dit que chacun est le bienvenu chez nous, je crois. Je préfèrerais donc ne pas casser cette loi.»

Fabio renchérit: «Je trouve qu'ils devraient en choisir d'autres qui n'ont pas beaucoup d'amis, qui préfèreraient aussi aller en Afghanistan et qui trouvent la vie ici un peu ennuyeuse.» Caprice (sic) tient lui à préciser:

«Vous savez, nous n'avons jamais fait d'histoires lorsque des enfants devaient quitter la classe parce qu'ils ont déménagé. Mais Fatemeh ne veut pas partir. Elle s'est faite à la vie ici et a trouvé un vrai chez soi.»

«Ça ne fait pas de mal à Hambourg»

Fatemeh raconte devant les autres élèves comment elle et ses parents ont passé la frontière iranienne de nuit, pour ne pas alerter les policiers, en rampant: «J'essaye de ne plus y penser. Maintenant je suis ici et ici, c'est bien.»

Ses camarades expliquent que depuis qu'elle fait partie de la classe, ils ont cessé de jouer aux policiers et aux voleurs ou de parler de la guerre pour éviter de la faire pleurer. Et comme pour achever de convaincre le journaliste du bien-fondé de leur combat désormais médiatique, Ida ajoute: «Ça ne fait pas de mal à Hambourg si elle reste ici. Il y a assez de place ici, regardez dehors. Presque tout est vide.»

L'expulsion de Fatemeh n'est aujourd'hui plus imminente, ses parents ayant engagé une action en justice.

Slate.fr

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