Monde

Pourquoi l’Amérique de Trump est tombée amoureuse de la Russie de Poutine

Temps de lecture : 2 min

On appelle ça l'ironie de l'histoire.

Donald et Melania Trump à Washington DC, le 10 novembre 2016. YURI GRIPAS / AFP
Donald et Melania Trump à Washington DC, le 10 novembre 2016. YURI GRIPAS / AFP

Un article de Vanity Fair se penche sur l’incroyable ironie de l’histoire depuis l’élection de Donald Trump, dont la CIA soupçonne fortement la Russie d’avoir été un acteur indirect. Après avoir été obsédés pendant toute l’ère soviétique par la subversion russe qui viendrait de la gauche de l’échiquier politique (en infiltrant les partis politiques de gauche, les Black Panthers, les mouvements étudiants), les Américains se rendent compte que la menace est venue du camp opposé. C’est en séduisant Donald Trump, ses militants et ses électeurs les plus radicaux que la Russie de Vladimir Poutine a trouvé des alliés, sinon des amis, chez son adversaire historique et centenaire.

Cette évolution n'avait rien d'évident, mais la Russie a fini par apparaître dans la tempête de la mondialisation comme un pôle de résistance face à l’ouverture au monde du point de vue des blancs des classes ouvrières et moyennes américaines, et la manière dont la société russe est présentée est devenue une source de fierté pour les mouvements qui défendent la suprématie blanche aux États-Unis.

Cette russomania peut être interprétée comme un prolongement, poursuit l’auteur, du phénomène de mariages mixtes qui a touché dans les années 1990 les hommes Américains d’origine rurale allant épouser des femmes russes qui représentaient un idéal de conservatisme et se montraient fidèles à un principe de séparation des rôles quand les Américaines s’en émancipaient. Des valeurs que reflèteraient les choix de Donald Trump lui-même –deux de ses trois femmes sont slaves et originaires d’ex-pays communistes, sa première épouse Ivana Marie Zelníčková, d'origine tchèque et son épouse actuelle Melania, native de Slovénie.

En résumé, si Trump et ses supporters s’entendent bien avec la Russie, c’est bien sûr en raison d’intérêts économiques communs, comme l’illustrent les nominations de son administration. Mais c’est aussi parce que Trump et sa base pensent que la Russie est un modèle de société possible.

Slate.fr

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