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Les bébés savent quand vous mentez

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 13.12.2016 à 9 h 55

Repéré sur PNAS, Université de technologie de Nanyang

Les aptitudes cognitives des enfants de 2 ans et demi sont visiblement bien plus avancées que ce qu'on estimait jusqu'à présent.

Elle sait | donnierayjones via Flickr CC License by

Elle sait | donnierayjones via Flickr CC License by

Jusqu'à présent, on pensait qu'il fallait attendre l'âge de 4 ans pour que les enfants saisissent l'altérité cognitive –que tout le monde ne pense pas la même chose qu'eux. Une étude menée par trois psychologues du développement laisse entendre que cette aptitude pourrait apparaître en réalité bien plus tôt, soit vers 2 ans et demi. Et l'une des conséquences, c'est que les bébés seraient capables de détecter la dissimulation, le mensonge ou la feinte.

Pour arriver à cette conclusion, Peipei Setoh, de l'université de technologie de Nanyang (Singapour), Rose M. Scott, de l'UC Merced et Renée Baillargeon, de l'université de l’Illinois à Urbana-Champaign ont soumis 140 petits américains au test dit de la «fausse croyance». Dans ce test, on raconte une histoire à l'aide de dessins ou de marionnettes. Première étape: un personnage, Sally, place une bille dans une boîte puis part se promener. Dans la seconde, un autre personnage, Anne, change la bille de place. Dans la troisième, Sally revient et c'est à ce moment que les chercheurs demandent à l'enfant où, selon lui, elle va chercher la bille.

Les enfants capables de se mettre dans la peau d'autrui en général et de Sally en particulier –qui ont une «théorie de l'esprit» suffisamment développée– répondent la première boîte. Les autres, parce qu'ils sont trop jeunes ou parce qu'ils présentent un trouble du spectre autistique, répondront la boîte numéro 2: ils n'arrivent pas à concevoir qu'on puisse penser autre chose que ce qu'ils ont dans la tête.

Simplifier mais pas dénaturer

Dans l'expérience de Setoh et de ses collègues, cette méthodologie classique a été légèrement simplifiée pour pouvoir être accessible à des bébés –grosso modo, comme on le voit ici, les dessins allaient être remplacés par des photos et les billes par des fruits, avec des images supplémentaires pour vérifier si les enfants ne répondent pas au hasard.

«Avoir la capacité de se représenter des fausses croyances signifie pouvoir reconnaître si autrui pense différemment de nous, explique Setoh. Cette aptitude permet aux enfants de détecter si on leur ment, si on les trompe ou si on fait semblant.»

Une raison, selon les chercheurs, de ne pas raconter n'importe quoi aux bébés, mais de veiller, si les sujets sont trop complexes pour eux, à les simplifier sans jamais dénaturer la vérité.

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