Monde

Pour la CIA, la Russie a essayé d'aider Trump à être élu

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 10.12.2016 à 12 h 30

Repéré sur The Washington Post, The New York Times

La communauté du renseignement américain soupçonne fortement la Russie d’avoir non seulement espionné la campagne présidentielle, mais d’avoir cherché à en influencer le cours.

Un auditorium à Langley, le siège de la CIA aux Etats-Unis | via Pixabay License by

Un auditorium à Langley, le siège de la CIA aux Etats-Unis | via Pixabay License by

La Russie a aidé Donald Trump a être élu président des Etats-Unis. C’est ce que pense «la communauté du renseignement» américain, selon le Washington Post, c’est à dire les principales agences dont la CIA. L’agence américaine a briefé des sénateurs lors d’une réunion à huis clos, relate le Post, leur annonçant qu’au regard de multiples renseignements provenant de plusieurs sources, il était désormais «assez clair» que la Russie avait eu pour objectif l’élection de Donald Trump. Selon le New York Times, la communauté du renseignement est certaine que la Russie a agi sous couverture dans les derniers moments de la campagne présidentielle américaine pour en changer le cours, en faveur de Donald Trump.  

Mais comment aurait-elle fait pour obtenir ce résultat? Dans un premier temps en allant chercher l’accès à des documents et conversations électroniques du camp démocrate et de l’équipe de sa candidate Hillary Clinton par l’intermédiaire de groupes de hackers. En juin dernier, l’un d’eux a pu accéder à toute la base de données du Comité national démocrate (DNC), l’organisme en charge des campagnes et stratégies électorales du parti démocrate. Les emails du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, ont aussi été visités puis révélés à Wikileaks, tout comme certains documents du DNC.

Ces fuites donnent du crédit à l’hypothèse selon laquelle la Russie a non seulement espionné la candidate Clinton, mais a cherché à influencer le résultat de l’élection. Selon le New York Times, cette conviction découle aussi du fait que les spécialistes du renseignement ont découvert que le camp adverse, le Comité national républicain, avait lui aussi fait l’objet de cyberattaques, sans pour autant que des éléments soient ensuite révélés au public.

Mais comment le lien avec la Russie est-il établi? Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a nié dans une interview que le gouvernement russe avait été une de ses sources. Ce genre de manipulation étant l’œuvre d’intermédiaires et non d’agents travaillant directement pour un gouvernement, il est difficile de remonter jusqu'au commanditaire, mais les experts qui ont enquêté sur ces cyberattaques ont établi des liens entre ces groupes de hackers et les agences russes de renseignement. Pour compliquer le tout, les rapports font état de services de renseignement russes autonomes se livrant parfois à des guerres internes... D’autres sources du renseignement américain citées par le Washington Post rechignent à établir un lien direct avec le Kremlin, qui a nié ces accusations. D'autres, poursuit le New York Times, affirment que la Russie avait initialement comme objectif d'entamer la confiance dans le vote, et pas nécessairement de soutenir Trump. L’équipe de Trump a répondu que les accusateurs sont «les mêmes qui ont affirmé que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive».

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