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Le ministre du travail de Trump est un patron fan de la robotisation et des pubs sexistes

Claire Levenson, mis à jour le 09.12.2016 à 11 h 01

Andy Puzder, qui dirige une chaîne de fast foods, est aussi un opposant de l'augmentation du salaire minimum.

Andy Puzder à la Trump Tower de New York le 7 décembre 2016. Drew Angerer/AFP.

Andy Puzder à la Trump Tower de New York le 7 décembre 2016. Drew Angerer/AFP.

Après la ministre de l'Éducation qui préfère les écoles privées au public, le ministre de la Santé qui veut moins d'assurance maladie et le ministre de l'Environnement climatosceptique, Donald Trump vient de nommer Andy Puzder, un ministre du Travail patron de chaîne de fast food.

Ce PDG est opposé à l'augmentation du salaire minimum (qui est de 7 euros de l'heure au niveau fédéral), ainsi qu'à de nouvelles règles selon lesquelles plus d'employés pourraient bénéficier de meilleures rémunérations pour les heures supplémentaires. Sa femme et lui avaient donné 332.000 dollars à la campagne du président-élu.

Les deux chaînes qu'il possède –Hardee's et Carl's Jr– ont un mauvais bilan en ce qui concerne les violations du droit du travail. Selon des données venant du ministère du travail, 60% des restaurants de la chaîne ont été épinglés pour violations (pour la période de 2009 à 2014). En tant que ministre du travail, ce sera désormais Puzder qui sera responsable du contrôle de ces mêmes violations.

«Le fait que M. Puzder ait été sélectionné pour diriger l'agence qui a découvert que les employés de ses restaurants n'étaient pas payés pour toutes les heures travaillées, c'est une décision cruelle et déconcertante de la part de président-élu Trump» a déclaré le procureur général de l'Etat de New York.

Éloge des robots

Puzder écrit régulièrement des éditoriaux dans la presse et un de ses thèmes favoris est que les augmentations de salaire sont défavorables aux travailleurs car ils se retrouveront sans emploi, et qu'il vaut mieux être mal payé que sans emploi. En tant que PDG de deux chaînes, il gagne environ trois cents fois le salaire moyen de ses employés. Dans le journal The Hill, il accusait les aides sociales offertes par le gouvernement de maintenir les gens dans la pauvreté, car ils préféraient éviter de gagner plus pour ne pas perdre leurs allocations. 

Il a également déclaré qu'il voulait remplacer certains employés par des kiosques automatisés. Il avait ainsi fait l'éloge des robots dans une interview en mars dernier:

«Ils sont toujours polis, ils vendent bien, ils ne prennent jamais de vacances, ne sont jamais en retard, ils ne font jamais de procès parce qu'ils tombent ou pour discrimination basée sur l'âge, le genre et la race.»

Encore une fois, ce choix fait par Trump ne correspond pas à ses promesses de campagne. En 2016, il avait déclaré: «Sous une présidence Trump, le travailleur américain aura enfin un président qui le protègera et se battra pour lui.» Le choix d'un patron de fast food critique des syndicats n'était pas un choix évident.

«Il est difficile de trouver quelqu'un de moins qualifié pour aider les travailleurs oubliés du pays, a déclaré la directrice du National Employment Law Project, une organisation de défense du droit du travail. Puzder fera des cadeaux à ses amis PDG dans des industries aux bas salaires, et qui sont en train de saliver à l'idée de pouvoir revenir sur les efforts faits par le gouvernement Obama pour améliorer les salaires, la sécurité au travail et augmenter la transparence des entreprises.»

Sexisme

L'autre point controversé de la carrière de Puzder est son utilisation du corps des femmes pour vendre du fast food. Depuis plusieurs années, les campagnes de pub de Carl's Jr. et Hardee's se distinguent par leur caractère particulièrement sexiste. Dans une de leurs premières pubs, Paris Hilton mangeait un burger à quatre pattes en bikini devant une voiture, et quelques années plus tard, le mannequin Kate Upton se déshabillait en mangeant un burger à l'arrière d'une voiture. En 2010, Kim Kardashian mangeait une salade sur son lit en faisant dégouliner une sauce blanchâtre sur sa nuisette. Voici une de leurs pubs récentes:

Pourtant en 2015, Puzder avait défendu le fait d'utiliser des femmes-objets pour vendre des burgers:

«J'aime bien nos publicités. J'aime les belles femmes qui mangent des burgers en bikini. Je pense que c'est très américain. Avant, j'entendais dire que les marques reflétaient la personnalité de leur PDG. Je ne pensais pas que c'était vrai, mais dans mon cas, elles reflètent bien ma personnalité.» 

Claire Levenson
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Journaliste
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