Royal-Peillon, une querelle de bac à sable

Slate.fr, mis à jour le 16.11.2009 à 16 h 19

Entre les cadres du parti, les vannes pleuvent. Après le week-end psychodramatique de Dijon, les figures du PS ont défilé derrière les micros pour dire tout le bien qu'ils pensaient de deux principaux protagonistes. Sans jamais parler de politique, mais de drame familial et psychologique.

Aurélie Filipetti, députée de la Moselle, interrogée sur France Inter, trouve qu'il s'agit d'une querelle de bac à sable: il serait bon de «rétablir la fessée au Parti socialiste». Cet ex-proche de Ségolène Royal a indiqué «ne pas vraiment comprendre l'attitude» de la présidente de la région Poitou-Charente qui s'est invitée samedi au meeting de l'Espoir à gauche organisé par Vincent Peillon, provoquant ainsi l'ire de ce dernier.

Tout juste rentré d'un voyage en Corée du nord, Jack Lang s'est lui aussi empressé de critiquer l'attitude de Ségolène Royal. «Est-ce vraiment vrai que l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a organisé tout ce tintamarre?», s'est intérrogé le député sur l'antenne de TV5 avant d'ajouter que Ségolène Royal «avait jeté une certaine forme de discrédit» sur le Parti socialiste.

Pour le député socialiste de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, interrogé sur Euorpe 1, il ne faut pas dramatiser pour autant. Ce proche de Laurent Fabius a qualifié la venue de Ségolène Royale à Dijon de «mauvais épisode». Ce meeting organisé par Vincent Peillon, n'était de toute façon "pas une réunion du Parti socialiste, c'était une réunion d'une sensibilité du Parti socialiste et actuellement vous pouvez constater qu'autour de la direction de Martine Aubry, on essaie d'avoir un autre comportement, parce que les Français et les socialistes ont besoin de rassemblement et d'union notamment avant les prochaines élections régionales».

 

Dans une tribune publiée sur son blog, Pierre Moscovici, lui, se désole d'assister à ce «triste spectacle» qui illustre «la grande misère des courants du Parti socialiste». Pour le député du Doubs, cette «dispute» s'étale «avec un peu d'indécence devant des Français qui attendent des socialistes qu'ils réfléchissent à des solutions à la crise, et non qu'ils affichent leurs querelles d'égos». «Que cela cesse», a tonné Pierre Moscovici interrogé par l'AFP.

Les deux acteurs du drame de Dijon ont eux aussi donné de la voix: «On ne fait pas de coup médiatique et on ne tombe dans la peoplisation, a déclaré Vincent Peillon ce matin sur le site du Post. Ségolène Royal a fait un beau cadeau à la droite et a porté un très mauvais coup à la politique ce week-end. C'est désolant».

De son côté, Ségolène Royal, invitée de la matinale de France Inter, a qualifié le clash de«micro-événement totalement disproportionné». Selon elle, c'est à se demander si ce n'est pas finalement «la moutarde de Dijon qui a provoqué cette mini-crise de nerf».

L'ancienne candidate à la présidentielle s'est déclarée «meurtrie» par cet épisode mais n'a cependant pas l'intention de « dire du mal d'un autre socialiste». «Je demande à être respectée», a conclu Ségolène Royal.

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