Monde

Obama plaide pour la liberté et Twitter en Chine

Slate.fr, mis à jour le 16.11.2009 à 11 h 22

Barack Obama est arrivé dimanche 15 novembre en Chine; il a tenu le lendemain un discours à Shanghaï en insistant sur la liberté d'expression, de culte et d'information, après avoir précisé que la Chine et les Etats-Unis «n'avaient pas à être des adversaires».

Le président américain a plaidé pour la liberté d'expression en Chine, alors même que son audience était censurée par le gouvernement chinois. Obama s'est adressé à un groupe restreint d'étudiants chinois, leur expliquant qu'un flux d'information libre renforçait les sociétés et responsabilisait les dirigeants politiques. La critique ouverte «renforce notre démocratie, et fait de moi un meilleur dirigeant, parce qu'elle me force à entendre les opinions que je n'ai pas envie d'entendre.»

Les étudiants avaient été sélectionnés avec soin: la plupart appartiennent au parti communiste, et tous avaient reçus un «entraînement» l'après-midi précédant l'échange, pour les préparer aux questions qu'ils pourraient poser, et le ton qu'ils devraient adopter.

Savoir qui aurait la liberté d'entendre le discours du président américain a fait l'objet de négociations. Le gouvernement chinois est particulièrement réticent à donner libre accès aux interventions américaines depuis 1998, lorsque, dans une conférence de presse conjointe diffusée en direct, Bill Clinton avait vivement critiqué la répression sanglante de Tienanmen. L'administration américaine tenait à ce que Barack Obama soit entendu dans toute la Chine; le gouvernement chinois désirait donc limiter la portée du discours.

Obama n'a finalement pas été vu à la télévision nationale. Un réseau local de Shanghaï en a fait profiter ses téléspectateurs et les lecteurs de son site, mais la promesse d'une diffusion nationale en direct, sur l'agence nationale Xinhua, n'a pas été tenue. L'intervention a aussi été diffusée en direct sur la page Facebook de la maison Blanche, et sur son site. Que le milliard de Chinois est peu susceptible d'aller regarder...

Dans l'ensemble, les questions posées par les étudiants sont restées pudiques, offensantes ni à l'égard des Etats-Unis ni vis-à-vis de la Chine.

Obama plaide pour Twitter

L'une des questions portait sur Twitter. «Etes-vous au courant du grand pare-feu, et devrions-nous être autorisés à utiliser twitter?» a demandé un étudiant. Obama a répondu: «Je n'ai jamais utilisé twitter, mais je plaide en faveur de la technologie et non d'un accès restreint à internet»

Le fait qu'il n'a jamais utilisé twitter est «choquant» selon le blog readwriteweb, puisque son compte twitter a 2.6 millions de followers, et a été «vérifié» (agréé et considéré comme un vrai compte) par la direction de Twitter. (Mais la vérification d'un compte n'atteste que du fait que le compte représente bien la personne en question, pas que la personne représentée twitte elle-même).

L'évocation de la liberté d'expression en Chine par Obama était très attendue. Les militants des droits de l'homme chinois craignaient que le leader américain n'aborde pas le sujet, pour obtenir par ailleurs des accords commerciaux, économiques et sur le climat. La police du régime, en prévention de son arrivée, avait retenu prisonniers des dizaines de dissidents.

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de Une: Obama, wikipedia

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte