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Les fausses infos marchent particulièrement bien chez les plus jeunes

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 06.12.2016 à 15 h 09

Repéré sur Stanford History Education Group, Université Stanford

Surprise: ce n'est pas parce qu'ils passent leur vie sur les réseaux sociaux qu'ils savent comment y faire le tri.

Je te le jure, Hillary Clinton dirige un réseau pédophile à partir d'une pizzeria | Andrew E. Larsen via Flickr CC License by

Je te le jure, Hillary Clinton dirige un réseau pédophile à partir d'une pizzeria | Andrew E. Larsen via Flickr CC License by

Selon une grande enquête menée par le Stanford History Education Group, qui s'occupe notamment de concevoir des programmes d'histoire pour l'équivalent américain de l'école primaire, le phénomène des «fausses infos» est particulièrement délétère chez les plus jeunes. Ces derniers sont les moins bien armés intellectuellement pour distinguer les sources crédibles des pourvoyeurs de contrevérités et de désinformation sur internet. En particulier, il leur est très difficile de faire la différence entre un contenu publicitaire et un contenu informatif et ils ont souvent toutes les peines du monde à identifier la source d'un article.

«On a tendance à penser que parce qu'ils maîtrisent très bien l'usage des réseaux sociaux, les enfants et les adolescents sont les plus perspicaces sur les contenus qu'ils y trouvent. Notre travail montre que c'est en réalité l'inverse», résume Sam Wineburg, l'auteur principal du rapport.

Composée de quinze tests –cinq par classe d'âge–, l'enquête aura duré de janvier 2015 à juin 2016. Elle a impliqué 7.804 élèves et étudiants de la primaire au premier cycle universitaire, issus de divers milieux socio-économiques et dispersés dans douze États américains.

Contenus sponsorisés

L'étude porte autant sur les réseaux sociaux (Twitter et Facebook) que sur des messages de forum, des post de blog, des photos et autres messages susceptibles de circuler sur internet et de façonner une opinion. Elle concerne aussi la lecture de site d'informations –les chercheurs ont ainsi demandé à des enfants et adolescents de faire la différence entre un contenu sponsorisé et un véritable article de Slate.com. Dans ce test précis, sur les 203 élèves concernés, 80% allaient estimer que les textes pourtant clairement identifiés comme «contenu sponsorisé» étaient de véritables articles informatifs.

Dans un autre test, seul un quart des élèves ont su faire la différence entre un compte Twitter «vérifié», avec l’icône bleue d'usage, et un faux compte se faisant passer pour Fox News. Et pour 30% d'entre eux, le faux compte était plus «crédible» que le compte vérifié car son «graphisme» semblait plus «sérieux».

«Dans tous les cas et à chaque niveau, nous avons été pris de court par le manque de préparation des élèves», déplorent les chercheurs, qui estiment essentiel d'éduquer les enfants à l'esprit critique, et ce dès le plus jeune âge. Et pourquoi pas en tirant profit de ressources faites sur et pour internet, comme ce cours d'autodéfense intellectuelle.

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