Monde

Taïwan, cette île avec laquelle aucune démocratie ne veut parler

Temps de lecture : 2 min

L'île-État est au cœur d'une querelle territoriale et diplomatique avec la Chine, ce qui l'isole des autres démocraties à travers le monde.

La capitale de Taïwan, Taipei, en 2014.  | Chensiyuan via Wikimedia CC License by

En quelques minutes, Donald Trump a mis un terme à l'un des grands principes diplomatiques de la relation entre les États-Unis et la Chine en place depuis près de quarante ans. Le 2 novembre 2016, le président élu américain s'est entretenu par téléphone avec la présidente d'île-État de Taïwan élue en mai dernier, Tsai Ing-wen, qui souhaitait le féliciter de sa victoire à la présidentielle américaine.

Une conversation inédite depuis 1979 et la rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et Taïwan au profit d'un rapprochement entre Washington et Pékin. Les États-Unis comme la Chine ne reconnaissaient alors qu'une «Chine unique» et considéraient l'île comme une entité de son territoire.

La conversation, qui a suscité de nombreuses critiques tant aux États-Unis qu'en Chine, est l'occasion d'observer les premiers pas de Donald Trump dans le monde délicat de la diplomatie internationale, mais également de se pencher sur le cas précis de Taïwan. Une démocratie asiatique snobée et isolée de la scène internationale, «une île libérale avec laquelle les autres démocraties refusent de discuter», écrit Quartz.

Comme un symbole, Taïwan ne compte que très peu d'ambassades et de consulats sur son territoire: vingt-deux au total. Parmi eux, aucun pays du G20, ni du reste du monde. Les États-Unis ont bien trouvé un moyen de maintenir un certain lien consulaire avec l'île, mais uniquement par l'intermédiaire du Taipei Economic and Cultural Representative Office à Washington et de l’American Institute à Taipei, poursuit Quartz.

Un isolement international

L'isolement de Taïwan s'observe également sur le plan sportif. Lors des Jeux olympiques ou de compétitions internationales, Taïwan doit changer de nom au profit de «Taipei chinois» en raison de la non-reconnaissance de cet État par la République populaire de Chine. Taïwan n'a également pas le droit d'utiliser l'hymne chinois, ni même de défiler sous les couleurs de son propre drapeau. Un étendard neutre a été créé pour l'occasion.

La Chine est parvenue a barrer la route à Taïwan sur bien d'autres plans. En septembre 2016, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) avait refusé d'inviter Taïwan à son assemblée générale. Une mise à l'écart dans laquelle Taipei soupçonnait des pressions chinoises. Taïwan n'a plus, non plus, de siège aux Nations unies et, faute d'un passeport reconnu par l'organisation internationale, ses citoyens ne sont pas autorisés à en visiter les bâtiments à travers le monde, ajoute Quartz.

L'influence chinoise

Plus grave, Taïwan a été exclu de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Une quarantaine qui s'est révélée dramatique, en 2003, lors de l'épidémie du SRAS en Asie, et notamment sur l'île. Le Réseau mondial d'alerte n'avait pas été mis en place immédiatemment, ce qui entrait alors en contradiction avec l’objectif même de l’organisation qui est «d'amener tous les peuples du monde au niveau de santé le plus élevé possible», souligne le Journal International.

Sur le plan international, l'influence la politique menée par la Chine reste, là aussi, largement en défaveur de l'île-État. D'abord avec un très probable accord avec l'Église catholique, puis avec les liens renforcés avec plusieurs pays africains, de la Gambie au Kenya. En avril 2016, au lieu de renvoyer des ressortissants taiwainais poursuivis pour cybercriminalité dans leur propre pays, les autorités kenyanes les avaient rapatriés en Chine. Une nouvelle démonstration de force et une manière pour la Chine, selon Quartz, d'assoir une nouvelle fois sa suprématie vis-à-vis de l'île.

Slate.fr

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