Monde

Les Palestiniens veulent que l'ONU proclame leur Etat

Jacques Benillouche, mis à jour le 16.11.2009 à 12 h 15

Ils ont décidé d'accepter la résolution du 29 novembre 1947 partageant la Palestine britannique en deux Etats.

Un garçon palestinien durant une manifestation contre le mur de séparation près de Tulkarem  Mohamad Torokman / Reuters

Un garçon palestinien durant une manifestation contre le mur de séparation près de Tulkarem Mohamad Torokman / Reuters

Les palestiniens veulent faire appel au Conseil de sécurité de l'ONU pour proclamer unilatéralement leur Etat car, selon le négociateur palestinien Saëb Erakat «Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d'obtenir son soutien à la création d'un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967».

Les palestiniens semblent décidés, tardivement selon les israéliens, à s'en remettre à l'ONU alors qu'ils avaient jusqu'alors refusé de tenir compte des résolutions de partage qui avaient été votées. La résolution de l'ONU du 29 novembre 1947, votée à la majorité des deux tiers des membres, avait été refusée en bloc par tous les pays arabes qui avaient alors préféré se lancer dans l'aventure d'une attaque concertée contre l'Etat juif qui venait de naître.

Mais les palestiniens avaient déjà raté le coche à une autre occasion. En effet, on ignore qu'un autre plan de partage avait déjà été proposé en 1937. La Commission Peel, dirigée par Lord William Peel, dont le nom formel est «Commission royale pour la Palestine», avait été mise en place par les anglais afin de proposer des modifications au mandat britannique. Cette commission avait recommandé le partage en deux Etats. L'Etat juif devait se contenter d'occuper 3.200 km2, à comparer aux 20.770 km2 actuels, tandis que l'Etat palestinien devait s'installer dans le reste du pays à l'exception d'une enclave internationale englobant Jérusalem et d'un corridor reliant cette ville à la côte.

Le débat avait été rude entre les dirigeants sionistes de l'époque. Golda Meir estimait que «l'Etat juif proposé ne correspondait pas à mon idée d'un foyer national pour le peuple juif. Il était bien trop petit et étriqué.» Le théoricien du parti, Berl Katznelson, avait fait part de son même avis dans les nombreuses réunions où se débattait la proposition Peel. Mais Ben Gourion avait décidé d'accepter cette proposition qui avait l'avantage de réaliser le rêve de Théodore Herzl de création d'un foyer juif autonome. Le visionnaire, dans sa sagesse, estimait «que n'importe quel Etat valait mieux que pas d'Etat du tout».

Ce plan de partage avait été écarté tout net par les Arabes en 1937 car le principe directeur de leur attitude de l'époque impliquait que leurs décisions devaient être prises sur la foi, non pas de ce qui est bon pour eux, mais de ce qui est mauvais pour Israël. L'Etat palestinien aurait pu voir le jour en 1937 et de nombreuses guerres auraient pu être évitées. Mais les israéliens frissonnent rétrospectivement en pensant que la création d'un Etat à cette date aurait pu permettre à un nombre important de juifs d'échapper à la barbarie nazie puisque la Palestine, sous le mandat britannique, avait été interdite aux juifs d'Europe pendant la guerre.

Il est fort improbable que les israéliens acceptent aujourd'hui de revenir aux frontières de 1967 et encore moins de céder Jérusalem, à l'exception peut-être de quelques faubourgs. La proposition d'Ehud Barak, au sommet de Taba en janvier 2001, de céder 93% de la Cisjordanie est caduque et la dernière du numéro 2 de Kadima, Shaoul Mofaz,  n'en propose que 60%. C'est dire si la situation reste bloquée pour l'instant.

Jacques Benillouche

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Image de Une: Un garçon palestinien durant une manifestation contre le mur de séparation près de Tulkarem  Mohamad Torokman / Reuters

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