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L'aspartame fait grossir, pas maigrir

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 05.12.2016 à 8 h 40

Repéré sur Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, Massachusetts General Hospital

Lorsqu'il se dissout dans l'estomac, l'édulcorant produit de la phénylalanine, susceptible d'inhiber l'action d'une enzyme protectrice contre le syndrome métabolique –et, à terme, d'augmenter le risque de diabète et de maladie cardiovasculaire.

Edulcorant | bitzcelt via Flickr CC License by

Edulcorant | bitzcelt via Flickr CC License by

Pendant longtemps, on a cru que l'aspartame permettait de profiter du goût sucré si cher à notre cerveau, sans les calories menant à l'obésité et aux troubles métaboliques associés. Sauf que, depuis quelques années, les travaux semblant établir un lien entre consommation d'aliments contenant de l'aspartame, prise de poids et développement de maladies chroniques se multiplient, sans que l'on sache réellement décrypter le phénomène. Une énigme qui pourrait être en voie de résolution grâce à une étude menée sur des souris par quinze chercheurs, principalement affiliés au Massachusetts General Hospital de Boston, le CHU de Harvard.

Selon les scientifiques, la faute reviendrait à un produit de la désintégration de l'aspartame durant la digestion, la phénylalanine, qui semble interférer avec une enzyme protectrice du syndrome métabolique –un ensemble de signes physiologiques augmentant significativement les risques de diabète de type 2 ou de maladies cardiovasculaires. Leur étude montre également que les souris auxquelles ils avaient donné à boire de l'eau édulcorée à l'aspartame prenaient davantage de poids que les animaux qui n'en absorbaient pas. En proportions humaines, les souris buvaient l'équivalent de trois canettes de soda par jour.

Interférences

En d'autres termes, la phénylalanine semble interférer avec des processus qui, sans cela, neutralisent des toxines nocives produites par les bactéries vivant dans notre système digestif. Des toxines qui risquent ensuite de s'accumuler et d'irriter la paroi intestinale, une inflammation chronique elle-même responsable de troubles métaboliques comme le diabète de type 2.

L'action de l'enzyme en question, la phosphatase alcaline intestinale, a été découverte en 2013 par une partie des chercheurs ayant participé à l'étude sur l'aspartame. Dans ce précédent travail, les scientifiques avaient observé que des souris recevant une alimentation riche en calories ne prenaient pas autant de poids que les autres si on les supplémentait en phosphatase alcaline intestinale, directement injectée dans leur intestin grêle.

«Les gens ne comprennent pas bien pourquoi ces édulcorants artificiels ne fonctionnent pas. La littérature scientifique laisse entendre qu'ils pourraient augmenter votre faim, et dès lors vous pousser à consommer davantage de calories», explique Richard A. Hodin, professeur de chirurgie à la faculté de médecine de Harvard et auteur principal de l'étude. «Nos observations concernant l'inhibition de la phosphatase alcaline intestinale par l'aspartame pourrait expliquer pourquoi son usage est contre-productif.»

Prochaine étape: voir si une supplémentation en phosphatase alcaline intestinale permet de soigner le diabète et les maladies métaboliques chopées par abus d'aspartame.

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