Monde

2016, une année cauchemardesque pour nos dictionnaires

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 04.12.2016 à 11 h 09

Repéré sur BuzzFeed, The Washington Post

«Fascisme», «post-vérité», «xénophobie»... Les «mots de l'année» en 2016 ne prêtent pas vraiment à l'optimisme.

Attentats terroristes, virus Zika, Brexit, les fusillades aux États-Unis, le conflit en Syrie qui perdure, l'élection de Donald Trump, des records de chaleur, la mort de Prince et de David Bowie... L'année 2016 fut été une catastrophique, à tel point que nous demandions, en juin dernier, si l'annuler tout simplement ne vaudrait pas mieux pour tout le monde. L'année 2016 devait être exceptionnelle d'un point de vue mathématique, mais il n'en a rien été. Pire, on a même parfois eu l'impression de vivre, en vrai, le scénario du film Idiocracy qui met en scène une société américaine ravagée par l'anti-intellectualisme et une dégradation sans pareil de l'environnement.

Et, s'il fallait un dernier argument pour se persuader que 2016 est bel et bien l'une des pires années de l'histoire humaine, il n'y a qu'à jeter un œil aux termes ajoutés aux dictionnaires ou élus comme «mots de l'année» par ces derniers. Dictionary.com, un dictionnaire en ligne très répandu chez les Anglophones, a choisi le mot «Xenophobia» («xénophobie») pour succéder au mot... «Identity» («identité») élu en 2015. Le dictionnaire propose deux définitions pour ce terme: la «peur ou haine des étrangers, des personnes issues de cultures différentes» ou la «peur ou haine des coutumes, de l’accoutrement [...], des personnes culturellement différentes.»

L'influence de l'actualité

L'Oxford Dictionnary, un dictionnaire de référence dans le monde anglophone, a, lui, choisi d'élire le mot «Post-truth» («Post-vérité») comme mot de l'année. Un mot qui fait référence «à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles». Une définition qui semble prendre directement racine dans les victoires récentes des partisans du Brexit, au Royaume-Uni, et celle de Donald Trump aux États-Unis. Parmi les termes concurrents, on trouvait d'ailleurs les mots «Brexiteer» et «Alt-right». À titre de comparaison et de mise en perspective, le mot de l'année qui avait été élu par ce même dictionnaire, en 2015, était... l'émoji qui pleure de rire.

Pour boucler la boucle, l'éditeur d'ouvrages et de dictionnaires, Merriam-Webster a également communiqué les termes en lice pour le trône de mot de l'année. Et, spoiler, il n'ont, eux non plus, rien de très rassurant, puisqu'on y retrouve, en première position, le mot «Fascism» («fascisme»). Un mot est devenu, au cours de l'année, le quatrième mot le plus recherché de l'histoire du site. Face à cette tendance –où l'on retrouve également les termes «misogynie», «racisme», «sectaire» ou «xénophobie»–, Merriam-Webster a demandé l'aide des internautes afin de faire élire un autre mot.

Les dictionnaires français ne sont pas, eux non plus, en reste. Dans l'édition 2017 du Larousse, nous aurons par exemple le loisir de trouver de nouveaux mots comme «antisystème», «europhobe», «complotiste» ou «déclinisme».

Allez 2017, dépêche-toi.

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