Monde

Pour Stephen Hawking, les élites doivent se montrer plus modestes après le Brexit et Trump

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 03.12.2016 à 12 h 12

Repéré sur The Guardian

Selon le physicien, rejeter ces votes «comme une expression de populisme brut» constituerait «une terrible erreur».

Stephen Hawking lors d'une conférence à Tenerife, le 29 juin 2016. DESIREE MARTIN / AFP.

Stephen Hawking lors d'une conférence à Tenerife, le 29 juin 2016. DESIREE MARTIN / AFP.

Près de six mois après le Brexit, un mois après l'élection de Donald Trump, un membre d'une «bulle extraordinairement privilégiée» et d'une «grande tour d'ivoire» prend la parole dans le Guardian pour en analyser les implications: le physicien Stephen Hawking.

«Ce qui compte maintenant, beaucoup plus que les victoires du Brexit et de Trump, c'est la façon dont les élites réagissent.»

Il estime que, de la part de ces dernières, rejeter ces votes «comme une expression de populisme brut» constituerait «une terrible erreur»: «Nous vivons dans un monde où les inégalités financières s'accroissent plutôt que diminuer, où beaucoup de gens peuvent voir non seulement leur niveau de vie, mais aussi leur capacité à plus généralement gagner leur vie, disparaître.» Un constat qu'il faisait déjà, dans les mêmes colonnes, en juillet dernier, en se demandant si «la richesse nous rend encore riches».

Hawking rappelle que le monde fait face «à d'énormes défis environnementaux» qui ne peuvent être affrontés que collectivement, ce que menacent des votes comme ceux auxquels on a assistés. Mais cette action collective «demandera aux élites, de Londres à Harvard, de Cambridge à Hollywood, de tirer les leçons de l'année écoulée. D'apprendre, avant tout, l'importance de la modestie».

Hawking a plusieurs fois expliqué, ces derniers mois, être perplexe face au Brexit et à l'ascension de Donald Trump, qu'il a, de même que plusieurs autres scientifiques, attaqué en septembre dernier en lui reprochant de promouvoir un «Parexit», c'est à dire une sortie de l'accord de Paris de décembre 2015 sur le climat. En mai, il avait expliqué à la chaîne britannique ITV ne pas réussir à s'expliquer la percée du milliardaire américain, qualifié de «démagogue qui semble en appeler au plus petit dénominateur commun». En novembre, il avait blagué avec la Première ministre britannique Theresa May: «Je m'occupe de questions mathématiques complexes tous les jours, mais s'il vous plaît, ne me demandez pas d'aider avec le Brexit.» Les implications de ce dernier, et des autres insurrections électorales de 2016, sont pourtant d'autant plus pressantes que, comme l'expliquait le même Hawking récemment, il ne reste plus à l'humanité que mille ans pour trouver un autre endroit où vivre.

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