Royal-Peillon, divorce à la une

Est-ce parce que le député européen Vincent Peillon sera le premier cobaye d'une émission de téléréalité politique que la réunion de l'Espoir à gauche (EAG) qu'il organise à Dijon depuis samedi tourne au mauvais feuilleton?
Depuis le congrès de Reims, rappelle Jean-Michel Normand sur son blog Puzzle socialiste, «la confrontation entre Ségolène Royal et Vincent Peillon était rude mais feutrée. Samedi 14 novembre, elle est devenue une guerre ouverte.» «La réunion organisée par le député européen devait être "le lieu où l'on invente la gauche de demain", explique Le Parisien. Avec la venue de Royal, il est devenu celui des règlements de comptes.»
Episode 1
A l'origine, rappelle Libération, «il ne devait y avoir sur le plan de table aucun candidat à l'Elysée, passé ou en puissance. Le casting initial, c'était donc, outre Peillon et le maire (PS) de Dijon, François Rebsamen: l'ex-patron du PCF Robert Hue, la numéro 2 du Modem, Marielle de Sarnez, la radicale de gauche Christiane Taubira. Et, par message vidéo interposé, l'écologiste Dany Cohn-Bendit». Sauf que Ségolène Royal, via Désirs d'avenir, annonce qu'elle viendra «féliciter et encourager ses amis engagés dans une réflexion de fond sur un sujet qu'elle considère et a toujours considéré comme majeur pour l'avenir, celui de l'éducation.» Pour Libé, il s'agit «de tenter de reprendre la main sur ce courant, qu'elle avait quelque peu laissé en jachère au lendemain de sa défaite au congrès, autorisant de fait une OPA de son ex-associé Vincent Peillon sur cette part du marché socialiste».
Episode 2
Vincent Peillon n'a pas apprécié la manœuvre et le fait sèchement savoir, vendredi sur Europe 1 :
«Je n'ai pas invité Ségolène Royal, a réaffirmé le député européen. Et je m'étonne d'apprendre par voix de presse d'ailleurs qu'elle s'auto-invite. Je ne voudrais pas que ce que nous avons à faire comme travail fondamental pour notre pays soit gâché par cette manière de faire. (...) On est contents d'avoir de ses nouvelles. Nous avons créé le courant sans elle au mois de janvier. Ce rassemblement a opéré, tout le monde l'a vu à Marseille, sans elle. Nous travaillons sur le fond depuis un mois et demi à un rassemblement. Elle n'a pas montré qu'elle avait beaucoup de talent pour le rassemblement. Je vais lui faire savoir qu'il n'y a pas de raison à ce qu'elle vienne. On m'annonce qu'elle viendrait pour déjeuner. C'est un débat d'idées. Qu'est-ce ça veut dire venir déjeuner?»
Episode 3
Samedi, à Dijon, «cinq tables rondes de bonne tenue sont organisées sur l'éducation, raconte Laurence Debril, l'envoyée spéciale de L'Express. Mais le "putsch" de Ségolène Royal, qui a annoncé vendredi en fin d'après midi son intention de participer aux rencontres, oblitère en grande partie toutes les questions de fond. Ségolène Royal est attendue vers midi et quart. Tout le monde ne pense qu'à ça: c'est l'heure de la récré.» Toute la journée de samedi, poursuit Jean-Michel Normand, les duettistes se sont échangés des amabilités par médias interposés. Royal veut s'imposer comme chef de file du mouvement, refaire parler d'elle, faire oublier que «l'ancienne candidate à l'élection présidentielle s'est enfermée dans un isolement que les médias ne peuvent que constater» et que les idées portées par l'EAG (primaires, alliance avec le Modem, etc) sont d'abord les siennes.
C'est au culot qu'elle a mis le pied dans la porte, c'est au culot qu'elle passera l'après-midi. «Installée à une table avec ses fidèles, décrit Rosalie Lucas du Parisien, Royal s'est rapidement levée pour faire le tour des tables de militants. Tout sourire, elle a posé pour des photos, serré des mains et beaucoup embrassé. A peine assise, c'est Peillon qui a pris le relais, histoire de lui montrer que lui aussi était populaire.» Elle a ensuite cherché à attirer l'attention de Pierre Bergé, le mécène qui finance à la fois l'association de Royal, Désirs d'avenir, et le rassemblement de Peillon et des militants.
Peillon n'a pas réagi publiquement mais aux journalistes, il confie que «qu'elle a fait aujourd'hui est infantile et décalé. C'est un événement qui n'a que l'importance que l'on veut bien lui attribuer, ce n'est que de la communication politique. C'est un peu consternant. Surtout pour elle».
Au même moment, l'ancienne candidate à la présidentielle tacle son ancien porte-parole:
«C'est une faute politique et un dérapage verbal qui ne doivent plus se reproduire. Je n'ai pas fait vingt-cinq ans de vie politique pour me réfréner, ou pour être l'otage, ou être instrumentalisée, c'est-à-dire qu'on utilise mon nom, ma capacité de mobilisation des militants et ensuite qu'on utilise tout cela pour des rapports de force.»
Episode 4
Vous pensiez qu'ils en resteraient là ? Si Royal a assuré que les tensions «existent dans toutes les familles» et qu'elles sont suivies de «réconciliations», il y aurait bien en avant et un après Dijon. Invité dimanche sur Canal+, Peillon a estimé que Ségolène Royal «ne pourra pas nous faire gagner en 2012». L'ancienne candidate socialiste à l'Elysée «s'est disqualifiée», pour la prochaine présidentielle, juge-t-il. «Qu'est-ce que c'est que ce comportement?». «Tous ses amis s'en vont» car «ses comportements (...) ne sont pas bons», a-t-il jugé, en tançant la présidente de Poitou-Charentes: au lieu de rassembler, «tu divises toujours».
«Tous les opposants à Nicolas Sarkozy veulent gagner ensemble en 2012 et de quoi parle-t-on ce matin? On parle de Ségolène Royal et de la bisbille entre socialistes, c'est lamentable», a-t-il encore accusé. Au moins, la colère ne lui a pas soustrait sa lucidité. Les questions d'Education attendront.
JH
Mis à jour le 15/11/2009 à 14h50











![[Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» [Le 20'12] Vincent Peillon: «Il n'y a pas qu'une seule politique possible»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/peillon_4.jpg)













Désormais, l'urgence est de trancher : M. Bergé doit choisir qui il finance pour faire cesser ce genre d'embrouilles dont Mme Royal est si friande.
Il faut que le P.S. tranche puisque Mme Royal n'a pas le courage de fonder son parti, mais torpille le parti de l'intérieur.
Elle ne sait pas la signification de travail de fond, rassemblement, solidarité.
Qui prouve que ses intuitions sont les siennes et non celles pillées à d'autres ? Rien ne nous prouve qu'elle a des idées. On sait seulement qu'elle fait preuve d'autoritarisme et ce depuis que Hollande lui a permis le devant de la scène du P.S.
Monsieur Bergé doit choisir vite pour ne pas que le P.S. soit vraiment un parti défunt.
Cher ouaf-ouaf,
A quoi rime ce financement de madame Royal par Pierre Bergé ?
De même à quoi rimerait ce financement au bénéfice de Peillon ou de n'importe qui d'autre ?
Que viennent faire Pierre Bergé et son argent dans cette galère ?
Le financement des partis politiques n'est-il pas prévu, dans notre pays ?
Cordialement.
Dans une société aussi guidée par l'argent, vous ne ferez pas croire que la politique y échappe.
Comment alors financer des déplacements, des salles, des bureaux dans les beaux quartiers, le personnel, le paraitre avec pour seul financement une subvention du parti (dont vous êtes en dissidence affichée) ou alors un mandat de président de région ou de député européen ?
sans des financements comme ceux de M. Bergé point de M. Mitterrand, point de Mme Royal et aujourd'hui d'un V. Peillon !
Il ne faut pas considérer le citoyen comme tout à fait naïf, le peu d'information qui passe actuellement suffit à ouvrir nos yeux d'électeurs.
Comment réfuter le financement de ces deux politiciens alors que tout le monde le sait, l'écrit et l'intéressé le reconnaît?
A quoi cela rime : à faire passer des idées, à faire vivre un certain socialisme qui est en train de sombrer.
Vous confondez bien malicieusement le financement d'un parti politique dans son ensemble et le mécénat pour un individu.
Décidément, internet à cela de bon qu'au moins, le péquin moyen a désormais une réelle possibilité de s'informer.
Bonne journée à vous !
Tout à fait d'accord avec vous, les dissidents que sont Royal ou Peillon ou d'autres, seraient incapables de tenir tête à leur direction sans l'appui financier de Pierre Bergé ou d'autres.
Mais est-ce que le spectacle lamentable de ce week-end a bien servi "à faire passer des idées" ?
Est-ce ainsi qu'on empêchera "un certain socialisme" - lequel - de sombrer ?
Je crois pour ma part que tout cet argent permet à ses bénéficiaires de se comporter en enfants gâtés qui torpillent leur parti de l'intérieur, au lieu d'avoir le courage de faire sécession et créer un nouveau parti plus conforme à leurs idées.
Mais le problème doit sûrement se situer à ce niveau-là. Ont-ils des idées ? Ca reste à prouver !
Le péquin moyen vous salue bien.
M. Peillon a compris que Mme Royale ne gagnera pas la prochaine élection présidentielle, lui non plus d'ailleurs. Mme Royale n'a pas analysée ces 17 millions de voix dont un grande partie était "tout sauf Sarko" le grand slogan politique à l'époque. Depuis Mme Royale a montré qu'elle n' avait pas la posture mais également les compétences pour gouverner notre pays.
Un seul exemple et de taille ne pas avoir voulu "briller" un poste de député après 2007 qui lui aurait octroyé une tribune nationale permamente montre son manque de vision politique. Elle reste a un niveau de politique régionale. L'UMP l' a bien compris car elle n'est plus la cible donc peu de commentaires sauf moqueurs et pour cause.
Mme Royale est une mystique et il serait dangereux de lui donner les clés du pouvoir. Le danger pour les socialistes, sa réaction lorsque M. Strauss-Kahn rentrera dans la course des primaires
Notre Président actuel n'est pas à la hauteur de sa fonction, mais si son égo l'amène a se prendre pour le nouveau roi soleil, sans les compétences, il n'a pas ce côté mystique qui montre dans nos sociètés les dérives de ce type de "vision"