Sciences / Boire & manger

Manger trop gras trop jeune nuit au cerveau

Temps de lecture : 2 min

Donner énormément de lipides au cortex préfrontal en développement, c'est risquer de se retrouver, au sortir de l'adolescence, avec une cervelle de vieillard.

Double ration de frites pour personne | amslerPIX via Flickr CC License by

Adopter un régime extrêmement riche en graisses avant l'adolescence semble perturber le développement du cortex préfrontal, une zone du cerveau abritant parmi nos fonctions cognitives les plus élevées. Cette conclusion est celle d'une étude menée sur des souris, mais selon les quatorze chercheurs internationaux qui l'ont rendue possible, le phénomène s'applique a priori aux humains, au vu des nombreux points communs structurels et fonctionnels entre notre cerveau et celui des rongeurs.

Les structures neuronales les plus affectées par l'excès de gras relèvent des «fonctions exécutives» du cerveau, fondamentales pour notre capacité d'adaptation –la mémoire, la planification, le contrôle de l'attention et des impulsions en font partie, entre autres.

Et chez l'humain, à la différence de la souris, le cortex préfrontal qui les abrite exige un temps de maturation beaucoup plus long, ce qui laisse entendre que des orgies de lipides pourraient avoir des conséquences encore plus dommageables sur notre espèce –le risque étant de se retrouver, à la sortie de l'adolescence, avec un cerveau comparable à celui d'une personne très âgée et atteinte de démence sénile. Des dommages qui auront toutes les chances d'être irréversibles.

Gare aux vrais excès

Là où on peut encore se rassurer, c'est sur le concept «d'extrêmement riche en graisses», car le gavage en lipides, et notamment en graisses saturées, des souris juvéniles correspondait à plus de 60% de leurs calories quotidiennes.

«Même si vous mangez une fois par semaine au fast-food, il est peu probable que vous couriez un risque», résume Urs Meyer, professeur de pharmacologie et auteur principal de l'étude.

Ce qui ne veut pas dire que ses recherches soient anodines: les conséquences cognitives du surplus de gras apparaissaient bien avant que les souris aient commencé à grossir. Après quatre semaines, les troubles s'étaient installés, accompagnés d'une obésité sévère et d'autres problèmes métaboliques. Sans oublier que ces turbulences touchaient des structures et des fonctions cérébrales analogues chez les souris et chez les humains.

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