Affaire Musulin: Avec les convoyeurs

Slate.fr, mis à jour le 14.11.2009 à 10 h 54

Dix jours après l'autocasse de Toni Musulin, le convoyeur de fonds de la Loomis qui s'est fait la malle avec son fourgon, enquêteurs et journalistes cherchent à comprendre comment s'est monté le coup. Samedi, c'est un journaliste du Figaro qui raconte sa plongée dans le monde des convoyeurs. Il y a vingt ans, les sociétés de transports de fonds embauchaient «d'anciens policiers et de militaires à la retraite il y a vingt ans». Désormais, ce sont des candidats «affichant des niveaux jusqu'à bac + 6 et devant passer sous trois séries de fourches caudines» qui sont appelés à manipuler des centaines de milliers d'euros.

«Triées en sous-sol par une noria d'hommes en armes dans une lumière crue et sous l'objectif d'une forêt de caméras de surveillance, les coupures, manipulées à longueur de journée, sont au cœur d'un ballet saisissant, écrit Christophe Cornevin.» Tout cela ressemble au film «Les convoyeurs», de Nicolas Boukhrief: Des briques de milles billets, d'une valeur de 5.000 à 500.000 euros dans les mains, à les manipuler à la chaîne, à les charger à l'arrière des fourgons. Il y a là de quoi faire tourner les têtes.

Et les maisons comme la Brink's le savent bien. D'où la mise en place d'un «protocole draconien» pour éviter les «dérapages». Autosurveillance entre collègues, enquêtes de moralité... Et procédures techniques qui, dans le cas de la société Loomis, n'ont pas toutes été mises en place. Normalement, explique le Figaro, un fourgon qui convoie 11 millions d'euros doit être escorter par la police, sinon, «c'est interdit par le règlement : les risques sont trop importants pour les assurances. »

Derrière les erreurs des uns et la «traîtrise» de l'autre, on sent tout le malaise d'une profession - un boulot risqué pour des salaires pas mirobolants - qui n'apprécie guère que son intégrité soit mise en cause. Cette semaine, deux procès pour braquage de fourgons ont débuté. A chaque fois, c'est un déchaînement de violence. Là, le réflexe - et la chance - du conducteur a permis d'éviter le vol et probablement pire. En remerciement, les patrons des quatre convoyeurs les récompensera d'une prime de 1.200 euros, «et il nous a offert un coup de champagne et des boudoirs».

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