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Pourquoi les boulots de rêve sont, en réalité, souvent si décevants

Professional surfer | surfglassy via Flickr CC License by

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On s'imagine heureux d'aller travailler. Et, parfois, on réalise finalement qu'on s'est complètement trompé.

Surfer professionnel, enquêteur pour guides de voyage ou gardien d'une réserve naturelle, voilà quelques professions qui tiennent pour certains d'entre vous du métier idéal. En tout cas, à première vue. Car ce que raconte Georgina Kenyon, journaliste à la BBC, c'est que l'on est très souvent déçu par le job de ses rêves.

Elle-même raconte comment elle a vite déchanté après une semaine d'immersion en tant que gardienne de zoo. Elle qui s'imaginait passer la journée en pleine nature à jouer avec les animaux et les nourrir s'est retrouvé à redouter de se faire mordre à chaque distribution de repas et à récurrer les toilettes des visiteurs. Imaginez un peu la déconvenue...

La théorie de la prévision affective

Pour Lisa A Williams, professeure de psychologie à l'université New South Wales à Sydney et ses confrères, cette déception s'explique par un concept très simple: la prévision affective. Poussés par l'envie d'exercer un métier passionnant que nous aimerions, nous avons tendance à imaginer à quel point nous serions heureux et épanouis si l'on exerçait un métier en accord avec nos goûts et nos intérêts. On fantasme et l'on s'imagine dans un job de rêve qui nous siérait à merveille, mais bien sûr dans la vie, les choses ne sont pas si simples.

Sue Arnold, une sécrétaire londonienne de 46 ans qui travaille aujourd'hui dans le monde de la finance, en sait quelque chose. Passionnée par l'histoire de Toutânkhamon et celle des tombeaux de l'Égypte ancienne, elle a en toute bonne foi pensé que le métier d'archéologue lui conviendrait parfaitement. À l'issue d'une semaine de stage, elle tranche sans hésiter, comme le rapporte la BBC:

«C'était l'une des semaines les plus ennuyeuses de ma vie. Je n'ai fait qu'épousseter la saleté sur de vielles tuiles brunes.»

Comme quoi, un passe-temps ou une passion doit parfois le rester, à défaut de devenir à part entière un métier. Car le fait est que nous sous-estimons très souvent les inconvénients plus ou moins cachés qu'implique un travail, explique Elliot Berkman, professeur de psychologie à l'université américaine d'Oregon. 

«Nous ne sommes pas doués pour appréhender tous les inconvients et le travail supplémentaire qu'implique une reconversion professionnelle. Les gens ne sont donc finalement pas aussi heureux qu'ils se l'étaient imaginé lorsqu'ils réalisent l'objectif qu'ils s'étaient fixés». 

Essayez encore

Plusieurs tentatives peuvent donc s'avérer nécessaires pour trouver l'emploi idéal, affirme Rachel Grieve, maître de conférences à l'université de Tasmanie.

«La plupart du temps, notre prise de décision n'est pas rationnelle, et nous nous basons sur notre intuition pour savoir ce qui ferait que nous serions heureux. En temps normal, cette approche peut être très efficace, par exemple, pour décider de ce que vous allez manger aujourd'hui. Mais au travail, les enjeux sont bien plus élevés. Cela mérite une réflexion bien plus lente et considérée.»    

Aussi, il faut veiller à ne pas se laisser aller à rêver à la seule lecture d'un intitulé de poste tout à fait alléchant. Car ce qui compte réellement pour votre satisfaction au travail, raconte aussi Alexander Haslam, professeur à l'école de psychologie de l'université de Queensland, c'est d'abord le contenu et la dynamique de vos missions. 

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