Life

Une dernière lune de miel avant les couches

Laure Watrin, mis à jour le 14.11.2009 à 15 h 44

La Babymoon débarque en France. Un break romantique quelques semaines avant la naissance d'un bébé.

Vous l'avez sans doute déjà fait sans même savoir que vous étiez tendance. Des vacances en tête à tête avec le père de votre futur enfant, histoire de faire un break romantique quelques semaines avant la naissance du bébé. Jusque-là rien de très nouveau pensez-vous. Sauf qu'aux Etats-Unis, ça porte un nom. On appelle ça une «babymoon».

Et oui, après les honeymoons (lunes de miel), voici les babymoons, un concept marketing juteux au succès grandissant outre-atlantique. A l'origine, le terme babymoon évoquait plutôt le temps privilégié que les parents passaient avec leur bébé juste après sa naissance. Rhabillé par les professionnels du voyage, il désigne maintenant des packages «all included», tout compris, proposés aux futurs parents soucieux de se «retrouver», au calme, avant l'ouragan... Une honeymoon dopée aux hormones en quelque sorte.

Selon l'industrie du tourisme, 6 millions d'Américains se laisseraient tenter chaque année par la formule qui peut aussi séduire des femmes très avancées dans leur grossesse, même si les gynécos jugent évidemment que le deuxième trimestre est la meilleure période pour aller se faire papouiller dans des hôtels et des spas spécialisés dans l'accueil des ventres ronds. Une envie subite de crème glacée à 2h du mat? Pas de problème, grâce au room service 24/24, l'homme n'a même plus besoin de courir les rues désertes en pleine nuit.

Le moindre désir de la femme enceinte est devancé, tous les services sont adaptés à son état physiologique (pas de hammam ni d'huiles essentielles par exemple). Tout est fait pour qu'elle se sente divine, qu'elle oublie (un temps) ses vergetures, ses hémorroïdes et les brûlures d'estomac (qui a dit que la grossesse était un moment formidable?). Pour madame, massages prénatals, drainage lymphatique, yoga, pédicure (vous avez déjà essayé de la faire vous-même à 7 mois de grossesse quand vous arrivez à peine à apercevoir vos orteils?), pour monsieur un peu de sport (ah ces fichus  kilos de la couvade), et bien sûr dîners aux chandelles et virées shopping pour trouver le trousseau de naissance ou les fringues qui permettront de rester glamour en allaitant (si si, il paraît que ça existe...). Tout ça n'est évidemment pas toujours donné, surtout si on part au bout du monde, dans un resort luxueux sur une plage de sable blanc. Mais c'est au nom de la sauvegarde de la vie de couple, alors on ne va pas commencer à mégôter!

Comme souvent, le concept a traversé l'Atlantique et et l'on commence à voir des agences et des hôtels proposer des week-ends « babymoon » en France. Dans des contrées vertes et zen comme Evian, Vittel, la Provence, ou encore le Bordelais et la Champagne (sauf que là, ça frise le masochisme! Se faire une escapade en amoureux dans une région viticole sans avoir le droit de picoler une goutte de vin, c'est quoi sinon de la torture? On est censées venir avec sa bouteille de Champomy dans la valise pour trinquer pendant que l'homme se tape les grands crus et les cigares?).

Difficile de prédire si les babymoons connaîtront le même engouement qu'aux Etats-Unis. Les «girls night out», ces soirées réservées aux filles dans des restaurants ou des bars, sur le modèle américain, avec cocktails, manucure ou massage, n'ont jamais vraiment pris en France, à quelques exceptions près. Idem pour la fameuse «babyshower», qui consiste outre-atlantique à organiser une fête autour de cupcakes et de jus de fruit avec les copines et/ou les collègues de bureau de la future mère pour, littéralement, l'arroser de cadeaux avant la naissance de son bébé et célébrer en quelque sorte son changement de statut. La girafe Sophie et le baigneur Petitcollin ont encore un bel avenir au retour de la maternité.

Mais à bien y réfléchir, les Françaises étant championnes de la natalité, avec un taux de fécondité de deux enfants par femme, en grande partie grâce à une politique familiale certes loin d'être parfaite mais que nous envient pas mal de femmes dans le monde, pourquoi ne pas suggérer que ces vacances antepartum ne soit un jour remboursées par la Sécurité Sociale? Au nom du renouvellement des générations! Tiens par exemple quand Nicolas Sarkozy aura enfin terrassé les paradis fiscaux et que la France pourra jouir des 40 milliards de l'évasion fiscale...

Laure Watrin

Image de Une: CC Flickr TheGiantVermin

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