Politique

Pour Nicolas Sarkozy, le débat sur l'identité nationale n'est pas «dangereux»

Temps de lecture : 2 min

Jeudi 12 novembre, à Chapelle-en-Vercors dans la Drôme, Nicolas Sarkozy devait parler du «soutien à l'agriculture» et de «l'avenir des territoires ruraux». Les observateurs attendaient avec impatience de voir s'il allait ressortir son discours de Poligny du 27 octobre pour une 4e fois. Mais, après une visite dans une exploitation agricole et une rencontre avec des travailleurs saisonniers, c'est finalement sur l'identité nationale que le chef de l'Etat s'est exprimé, un sujet surprise dévoilé par l'Elysée seulement quelques heures avant l'intervention.

«Dans un discours riche en références (de Gaulle, Les Lumières, la résistance ou encore André Malraux), Nicolas Sarkozy a voulu apporter sa «contribution» au débat controversé lancé le 2 novembre par Eric Besson, ministre de l'Immigration» écrit 20minutes.

«Ce n'est pas dangereux, c'est nécessaire. L'identité nationale, ça nous concerne tous», a lancé le Président. Pour Les Echos, le président a repris «des thématiques déjà utilisées en 2007 pour capter les voix du FN»:

«On ne peut pas vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l'on peut faire pour son pays [ou] bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail. On ne peut pas vouloir profiter de la gratuité des études (...) et ne pas être assidu aux cours».

Un «discours musclé mêlant références historiques et critiques des politiques suivies par la gauche» analyse Le Figaro, rappelant que ce n'est «pas la première fois depuis son élection que le président reprend ce thème» thème de l'identité nationale. «En baisse dans les sondages et confronté à une remontée du Front national dans les enquêtes d'opinion, Sarkozy a décidé de renouer avec les fondamentaux de la droite» écrit le quotidien.

Le chef de l'Etat ne s'est pas contenté d'apporter sa vision du débat sur l'identité, il a également fustigé l'attitude du Parti Socialiste qui a décidé de le refuser: «Ceux qui ne veulent pas de ce débat, c'est parce qu'ils en ont peur, a accusé le président. S'ils ont peur de l'identité nationale française, c'est parce qu'ils ne la connaissent pas. Raison de plus pour ouvrir un débat qui va leur apprendre ce que c'est que l'identité nationale française.»

Lire également sur le sujet de l'identité nationale: Identité nationale: refuser ce débat, par Tzvetan Todorov, Etre Français grâce à l'école républicaine, L'Europe fait partie de l'identité française et L'émotion ne dépasse pas le cadre national.

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Image de Une: Sarkozy, Reuters

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