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Après l'élection de Donald Trump, la communauté juive américaine inquiète et mobilisée

DAVID MCNEW / AFP

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Après l'élection de Donald Trump et la nomination du nationaliste Stephen Bannon au gouvernement, les minorités s'alarment pour leur future vie aux États-Unis. La communauté juive s'inquiète et constate qu'à son égard, les déclarations des futurs gouvernants américains sont désastreuses.

Depuis la deuxième partie du XXe siècle, la communauté juive espérait avoir trouvé aux États-Unis un havre de paix, un lieu d'épanouissement rassurant, où vivre et s'épanouir, après tant de souffrances subies au cours de l'histoire en Europe. Mais depuis quelques temps, celle-ci n'est plus aussi sereine. L'arrivée prochaine de Donald Trump au pouvoir, avec toutes les personnalités et les décisions politiques que cela implique, inquiète.

Beaucoup, et notamment les minorités craignent que l'Amérique ne retrouve ses vieux démons racistes, xénophobes, misogynes et antisémistes. Pourquoi? Parce que les dérapages plus que douteux, voire injurieux à l'encontre de la communauté juive se multiplient. De même que le relan des partis nationalistes extrémistes.

Dérapages à l'encontre de la communauté juive 

Stephen Bannon, le nouveau chef de la stratégie de la future admistration gouvernementale, est connu pour ses positions douteuses et injurieuses, misogynes et racistes, notamment à l'encontre de la communauté juive résidant aux États-Unis, et ses liens avec les mouvements blancs suprémacistes. Directeur de la publication du Breitbart Newsqui illustre très bien la tendance politique conservatrice de l'homme, il a notamment qualifié le commentateur conservateur Bill Kristol de «Juif renégat». Mais il a aussi comparé le travail de l'association Planned Parenthood en faveur du droit à l'avortement à l'Holocauste.

D'ailleurs, lors d'une audition de justice, l'ex-épouse de Stephen Bannon Mary Louise Piccard a clairement fait référence aux propos antisémites de son ancien compagnon, qui aurait déclaré selon elle qu'il «n'aimait pas les Juifs et leur manière d'éduquer leur enfants trop bruyants et pleurnichards». Et d'ajouter qu'il «avait refusé de placer leurs jumelles dans une école de Los Angeles car il y avait trop d'écoliers juifs», rapporte ThinkProgress

Sa nomination à un poste si prestigieux réjouit certains groupes nationalistes. C'est notamment le cas du National Policy Institute qui s'est réuni le 19 novembre dernier à Washington pour célébrer la victoire de Trump. Le groupe s'auto-définit comme une «organisation indépendante dédiée au patrimoine, à l'identité, et à l'avenir des personnes d'ascendance européenne aux États-Unis et partout dans le monde», explique le magazine The Atlantic.

Ce jour-là tandis que plus de 200 personnes sont rassemblées au Ronald Reagan Building, le maître de cérémonie Richard B. Spencer, chef du Radix Journal, commence son discours par une référence allemande cinglante «Heil à notre honneur, heil à notre peuple, heil à la victoire!»

À plusieurs reprises, il emprunte certains mots à ce qu'il présente comme de «l'allemand original» et termine son élocution sous les applaudissements en acclamant: «L'Amérique était jusqu'à cette dernière génération un pays blanc conçu pour nous et notre postérité. C'est notre création, c'est notre héritage, et il nous appartient.» Parmi l'assemblée présente, quelques salutations nazies fusent, comme le montre cet extrait du discours publié sur Facebook et visionné plus de 15 millions de fois via Youtube. 


Le rassemblement provoque une manifestation au pied du building. La chaîne de restaurant dans lequel les partisans dînent après leur rendez-vous politique en vient même à présenter publiquement ses excuses pour avoir accueilli sans le savoir des clients faisant l'éloge d'Adolf Hitler à table, raconte The Washington Post

 

Les minorités veulent protéger leur sécurité

Après un premier silence assourdissant de nombreuses associations de défense pour la communauté juive, des actions de protestation contre la nomination de Stephen Bannon s'organisent progressivement dans plus de 150 villes du pays. La semaine dernière à Boston, une centaine de jeunes se sont réunis au cours d'une manifestation organisée par le mouvement IfNotNow. Leur impératif ? Faire valoir leur droit de vivre et de s'épanouir en sécurité dans leur pays, et surtout, éviter que le pire de l'histoire ne se reproduise.

«Nous, juifs, nous défendrons contre les déportations, ont-ils scandé à l'intérieur du hall d'entrée du quartier général de transition de Trump. Nous, juifs, nous nous opposerons à la violence contre les musulmans. Nous, juifs, nous lutterons contre la misogynie, la transphobie et l'homophobie. Nous, juifs, nous nous opposerons à toutes les formes de racisme et d'antisémitisme.»

Pour certains, la question se pose indéniablement: sera-t-il possible de continuer à vivre en sécurité dans une Amérique gouvernée par une élite xénophobe? À cet égard, les minorités du pays espèrent se rassembler pour une même cause. Elles reconnaissent que même l'éviction de Stephen Bannon ne suffirait pas à tout changer, mais qu'il est bien indispensable que des voix s'élèvent pour protester contre le sombre tournant que pourrait prendre la politique du pays si les partis extrémistes venaient à encore gagner du terrain.

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