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QUIZ. Juppé/Fillon: de quel programme économique êtes-vous le plus proche?

Alain Juppé et François Fillon lors du dernier débat télévisé avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre, le 13 octobre 2016 | Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Alain Juppé et François Fillon lors du dernier débat télévisé avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre, le 13 octobre 2016 | Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Le savez-vous vraiment? Onze questions pour vous faire une idée.

Le premier tour de la primaire de la droite et du centre place deux anciens Premiers ministres face à face. Avant le deuxième tour de cette primaire, Slate.fr compare les grandes lignes de leurs programmes économiques respectifs. François Fillon comme Alain Juppé ont des parcours politiques assez similaires et des engagements qui les ont amenés, par le passé, à travailler ensemble. Comment ainsi les différencier?

Temps de travail, impôts, TVA, chômage... Après avoir répondu à onze questions, vous saurez si vous êtes plus proche du programme économique d'Alain Juppé, de François Fillon ou d'aucun des deux.

Et pour vous ne rien oublier (que vous votiez ou non dimanche), retrouvez plus bas les grandes mesures des programmes économiques des deux finalistes de la primaire de la droite et du centre, d'abord celles du maire de Bordeaux, puis celles du député de Paris.

 

Les mesures économiques d'Alain Juppé

Le temps de travail: Sortie des 35 heures en laissant la négociation en entreprise fixer une durée entre 35 et 39 heures hebdomadaires. Sans accord au bout de deux ans, la semaine de 39 heures s’imposera.  

Les fonctionnaires: 250.000 à 300.000 postes en moins sur les trois fonctions publiques (d’État, territoriale et de santé) en cinq ans. 

La TVA: hausse d’un point pour passer le taux normal à 21% ce qui, compte tenu des taux minorés, rapporterait 6,5 milliards d’euros à l’État par an.

La pression fiscale sur les particuliers: en baisse grâce à un relèvement du plafond du quotient familial à 2.500 euros par demi-part (1.000 euros de plus) pour toutes les familles. Mais on doit en revanche prendre en compte l’augmentation d’un point du taux normal de TVA, qui agira en sens inverse. 

L'allégement des prélèvements fiscaux sur les entreprises: en privilégiant les PME qui profiteront d’un taux d’impôt sur les sociétés à 24% puis à 22% alors que le taux pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises passera à 30%. Les cotisations payées par les entreprises sur les salaires pour les prestations familiales seront également abaissées, pour un total de 10 milliards d’euros. Et les charges patronales au niveau du Smic seront supprimées. 

La fiscalité sur le capital et ISF: La fiscalité sur les revenus du capital sera réduite pour orienter l’épargne vers l’investissement dans les entreprises. Et l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sera supprimé. 

Les baisses d’impôt sans accroitre le déficit de l’État: L’équilibre budgétaire sera atteint malgré les baisses d’impôts grâce aux économies réalisées (de 85 à 100 milliards d’euros) obtenues avec la réduction du nombre des fonctionnaires, le recul de l’âge de la retraite, la réduction du périmètre d’intervention de l’État, la réduction des dépenses de l’assurance chômage. Et l’augmentation de la TVA. 

Le recul du chômage: En supprimant toutes les charges patronales au niveau du SMIC, en assouplissant les conditions de rupture des CDI pour les nouveaux contrats, en neutralisant les seuils sociaux pendant cinq ans pour que les entreprises n’hésitent pas à embaucher, et en abaissant la fiscalité sur le capital pour favoriser l’investissement. Cela en plus des mesures pour alléger la pression fiscale sur les entreprises.

La réforme de l'assurance chômage: en rendant dégressifs dans le temps les revenus distribués par l’assurance chômage et en plafonnant les aides pour que le travail paie toujours plus que l’inactivité. L’allocation pourrait être réduite de 25% au bout d’un an, et encore six mois plus tard.

L'entreprenariat: Pour favoriser de nouvelles formes de travail, la protection sociale des indépendants doit être révisée grâce à une simplification et à une réduction des cotisations, et à une amélioration des téléservices et du télépaiement. 

L’âge de départ à la retraite: reculé à 65 ans, progressivement à raison de quatre mois de plus par an, avec un alignement pour les salariés du public et du privé, pour réaliser une économie de 20 milliards d’euros. 

Les mesures économiques de François Fillon

Le temps de travail: Fin de la durée légale du temps de travail à 35 heures, passage à 39 heures dans la fonction publique et renvoi de la négociation au niveau de l’entreprise avec un maximum à 48 heures prévu par la législation européenne. L’accord collectif majoritaire s’imposera au contrat de travail. 

Les fonctionnaires: 500.000 postes en moins sur les trois fonctions publiques (d'État, territoriale et de santé) en cinq ans. 

La TVA: hausse de deux points pour passer le taux normal à 22% ce qui, compte tenu des taux intermédiaires, rapporterait 14,5 milliards à l’État par an. 

La pression fiscale sur les particuliers: baisse grâce à un relèvement du plafond du quotient familial à 3.000 euros par demi-part, à la réduction des cotisations maladie payées par les salariés. Mais on doit en revanche prendre en compte l’augmentation de deux points du taux normal de TVA, qui agira en sens inverse. Les baisses pour les ménages devraient représenter 10 milliards d’euros. 

L'allégement des prélèvements fiscaux sur les entreprises: grâce à une baisse des charges et des impôts sur les sociétés d’un montant global de 40 milliards d’euros, grâce entre autres à une diminution de l’impôt pour parvenir à la moyenne européenne établie à 23%. Les baisses de charges devront être appliquées sur tous les salaires.

La fiscalité sur le capital et ISF: L’impôt sur la fortune (ISF) sera supprimé pour les contribuables les plus aisés pour inciter à réinvestir en France. La fiscalité du capital doit être allégée grâce à une taxe forfaitaire modérée sur les revenus du capital pour relancer les placements en entreprises. 

Les baisses d’impôt sans accroitre le déficit de l'État: L’équilibre budgétaire sera atteint malgré les baisses d’impôts grâce aux économies réalisées (de 85 à 100 milliards d’euros) obtenues avec la réduction du nombre des fonctionnaires, le recul de l’âge de la retraite, la réduction du périmètre d’intervention de l’Etat, la réduction des dépenses de l’assurance chômage. Et l’augmentation de la TVA. 

Le recul du chômage: En relevant les seuils sociaux de 10 à 50 et de 50 à 100 salariés pour alléger les contraintes des entreprises, créant une prestation sociale unique permettant un meilleur contrôle des aides pour que les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l’assistance, en mettant en place un contrat de travail avec des modalités de rupture assouplies, et en introduisant la «réorganisation de l’entreprise» parmi les motifs possibles de licenciement collectif. Cela, en plus de l’abaissement de la pression fiscale sur les entreprises. 

La réforme de l'assurance chômage: en plafonnant à 75% le taux de remplacement des allocations chômage et en introduisant une dose de dégressivité dans le versement de ces allocations pour améliorer le retour à l’emploi. 

L'entreprenariat: Le régime fiscal des commerçants, artisans et indépendants doit être aligné sur celui des auto-entrepreneurs. Les demandeurs  d’emploi qui créent des entreprises doivent être exonérés de charges, et les jeunes doivent pouvoir devenir auto-entrepreneurs dès 16 ans. 

L’âge de départ à la retraite: reculé à 65 ans et tous les régimes de retraite seront unifiés afin de restaurer les finances du système et maintenir le pouvoir d’achat des retraités. 

 

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