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Les inquiétudes alimentaires des Français diminuent très légèrement

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 23.11.2016 à 11 h 30

Sauf pour les produits industriels.

Beef Lasagna - Cafe Stax AUD13.90 | Alpha via Flickr CC License by

Beef Lasagna - Cafe Stax AUD13.90 | Alpha via Flickr CC License by

Entre 2009 et 2013, les inquiétudes des consommateurs français concernant le contenu de leurs assiettes ont fortement augmenté, atteignant un pic au moment de l’affaire des lasagnes à la viande de cheval. Puis, entre 2013 et 2016, ces préoccupations ont commencé à diminuer très légèrement.

C’est la principale conclusion des premières analyses de l’étude Inquiétudes 2016, menée par le sociologue Jean-Pierre Poulain et le Centre d’étude et de recherche travail, organisation, pouvoir, à Toulouse, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie et l’Observatoire Cniel –Centre national interprofessionnel de l’économie laitière– des Habitudes Alimentaires.

Trois enquêtes (réalisées en 2009-2010, 2013 et 2016) permettent de comparer ces «inquiétudes», un terme préféré à celui de perception des «risques», plus restreint au domaine sanitaire. Les participants ont été interrogés par type de produits, dans un contexte d’enchaînement de crises, scandales et autres dévoilements d’informations dans le domaine de l’alimentation. Ainsi, l’analyse des résultats montre que depuis 2013, le sentiment d’inquiétude a augmenté pour les produits industriels (passant de 80 à 83% d’inquiets dans la population général) mais a plutôt baissé pour les autres familles d’aliments, tout en étant généralement bien loin de retomber aux niveaux de 2009-2010 (sauf pour les produits à base de céréales). Le pourcentage d'inquiets envers les fruits était par exemple de 40% en 2009-2010, de 87% en 2013, et de 80% en 2016. Pour la viande, on est passé de 49% en 2009-2010 à 91% en 2013, puis à 83% cette année. 

Evolution des inquiétudes

Ces inquiétudes changent de nature. Ainsi, pour les fruits, mais aussi les légumes, les produits chimiques (pesticides et engrais chimiques) constituent une source de préoccupation croissante. En comparaison avec 2009-2010, les OGM passent au second plan, mais l’hygiène et la fraîcheur et l’origine gagnent du terrain.

L'utilisation de la chimie inquiète aussi de plus en plus pour les poissons et produits de la mer (crainte des métaux lourds, de la pollution des eaux...) ou les produits céréaliers. En outre, le souci du bien-être animal devient largement partagé, pour tous les produits d'origine animale, ce qui n'était pas le cas en 2009-2010: aujourd'hui, c'est le premier facteur d'inquiétude cité pour la viande, le troisième pour le poisson et les produits laitiers. 

Plus globalement, l'industrialisation de l'alimentation ne rassure pas vraiment les consommateurs... Pour la catégorie des produits industriels (principalement les plats préparés), la première préoccupation est là aussi les produits chimiques: les additifs et les conservateurs soucient aujourd’hui 36% des personnes interrogées. En 2010, les autres facteurs importants étaient la qualité nutritionnelle, l’impact sur la santé et la présence d’huile de palme. En 2016, les consommateurs s’inquiètent plus des caractéristiques du produit (sa composition générale), du rapport de force des acteurs de la filière et de l’impact sur l’environnement.

Lors de la présentation de ces premiers résultats ce mardi, dans le cadre du colloque Tais-toi et mange!, le sociologue de l’alimentation Jean-Pierre Poulain expliquait que l’anxiété alimentaire était au final une constante, sous diverses formes: au lieu de chercher à s’en débarasser complètement, il vaudrait mieux selon lui travailler à gérer et assumer ces inquiétudes.

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