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Avoir une baby-sitter, c'est se reproduire plus vite

Femelle chimpanzé et son bébé | yuki_alm_misa via Flickr CC License by

Femelle chimpanzé et son bébé | yuki_alm_misa via Flickr CC License by

Pour les femelles chimpanzés, savoir déléguer a des avantages concrets.

Tout parent ou presque pourra en témoigner: avoir un(e) babysitter peut vous changer la vie. Selon des anthropologues canadiens et américains, la chose semble aussi s'appliquer aux chimpanzés. En l’occurrence, les mères qui délèguent certains de leurs soins maternels à d'autres femelles ont des petits qui se sèvrent plus vite, ce qui leur permet de se reproduire plus rapidement.

Menée sur 42 femelles et leurs petits, vivant dans le parc national de Kibale, en Ouganda, l'étude dirigée par Iulia Badescu, spécialiste d'anthropologie évolutionnaire à l'université de Toronto, cherche à comprendre les effets de l'alloparentalité sur les primates. Les chercheurs se sont tout particulièrement focalisés sur deux aspects de ces soins maternels «externalisés»: la «manipulation infantile» –le fait de porter, de cajoler les petits, etc.– et «l'attirance natale»– le fait de leur manifester de l'intérêt par le biais de l'épouillage, des jeux et ainsi de suite.

Sevrage

Pour ce faire, les scientifiques ont établi une mesure de l'implication des «allomères», afin de calculer ses effets sur le temps passé par les mères biologiques à la collecte de nourriture et à l'allaitement des petits, mais aussi sur la proportion de lait dans l'alimentation de ces derniers.

Il en ressort que plus les petits chimpanzés ont des «babysitters» pour les porter et les câliner, moins leur mère les allaite et moins le lait maternel occupe une place importante dans leur alimentation. Par conséquent, ils se sèvrent plus vite et leur mère peut retomber enceinte plus rapidement.

Flexibilité

Les chercheurs ne sont pas encore en mesure de savoir si, sur ce groupe de primates, l'alloparentalité est bénéfique à la fitness des mères –si elles sont à même de se reproduire plus vite, se reproduisent-elles pour autant davantage? Et les petits élevés par d'autres jouissent-ils à leur tour d'avantages adaptatifs spécifiques? Des questions auxquelles ils espèrent répondre dans leurs futurs travaux, qui tâcheront aussi de comprendre pourquoi certaines femelles ont recours à l'alloparentalité et d'autres pas.

Dans tous les cas, comme le souligne Badescu, cette étude prouve que le babysitting «est un élément de flexibilité des stratégies reproductives féminines dans certaines espèces» –et que l'espèce humaine est loin d'être la seule à savoir tirer parti d'une telle flexibilité parentale.

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