Science & santéHistoire

Nos gènes de Néandertal nous ont aidé à survivre

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 21.11.2016 à 16 h 15

Repéré sur Current Biology, Université de Washington

Si les humains sont aussi tout-terrain, c'est notamment grâce aux bouts de peau et de système immunitaire que les Néandertaliens leur ont légués voici 60.000 ans.

Reconstitution d'un homme de Neandertal | cvalette via Flickr CC License by

Reconstitution d'un homme de Neandertal | cvalette via Flickr CC License by

On savait que les humains d'ascendance européenne et asiatique possédaient environ 2% de gènes de Néandertaliens, des fragments d'ADN remontant à la rencontre –et des fluides échangés dans la manœuvre– de ces derniers et de nos ancêtres lors de leur sortie d'Afrique voici grosso modo 60.000 ans. Grâce à une étude en passe d'être publiée dans la revue Current Biology, on sait désormais que cette hybridation et les gènes que nous en avons hérités ont été une aubaine pour notre espèce.

En tout, le travail de cette équipe de six chercheurs dirigée par Joshua M. Akey, du laboratoire de génomique de l'université de Washington, permet d'identifier 126 bouts de notre génome –des haplotypes– où les gènes hérités des Néandertaliens sont particulièrement fréquents. Et de conclure que ces gènes ont contribué à des caractéristiques de notre peau et de notre système immunitaire grâce auxquelles nous sommes encore dans les parages à l'heure actuelle –contrairement à ceux qui nous les ont légués.

«Nos recherches montrent que l'hybridation n'est pas qu'un détail pittoresque de l'histoire humaine, mais qu'elle aura (…) contribué à la capacité de nos ancêtres à s'adapter à différents environnements à mesure qu'ils se dispersaient dans le monde», explique Akey.

Adaptabilité

Fondée sur une cartographie du génome néandertalien élaborée cette année, cette étude rassemble les données génétiques d'environ 1.500 individus originaires d'Europe, d'Asie de l'Est et d'Asie du Sud. Les scientifiques se sont focalisés sur les séquences d'ADN archaïque apparaissant à une fréquence bien plus élevée que la moyenne, indice que ces gènes nous ont été particulièrement bénéfiques depuis notre hybridation avec les «humains fossiles».

Alors que dans l'ensemble de notre génome, il est très rare que des humains contemporains possèdent plus de 5% de gènes néandertaliens, dans les 126 séquences isolées, la fréquence de ces gènes atteint parfois les 65%. Sept de ces haplotypes se situent dans des zones de notre génome codant pour des caractéristiques de notre peau, trente-et-un autres sont associés à notre système immunitaire.

Globalement, estiment les scientifiques, nos gènes hérités des Néandertaliens auront joué un rôle très important dans notre adaptabilité à des environnements des plus divers –et nous auront donc littéralement permis de prospérer aux quatre coins de la planète. Une nouvelle qui tombe à point nommé en ces temps de regain d'intérêt pour les races pures.

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