Partager cet article

Le haut conseiller de Trump, Stephen Bannon, peut dire merci à «Seinfeld»

Seinfeld FILES / AFP

Seinfeld FILES / AFP

L'ancien chef de Breitbart a réalisé un bon très coup au début des années 1990.

Depuis quelques jours, on parle beaucoup de Stephen Bannon, récemment nommé au poste de haut conseiller à la Maison-Blanche auprès de Donald Trump. Il faut dire que l'ex-président de la campagne du candidat républicain a un gros CV derrière lui, en tant qu'ancien chef de Breitbart, ce site vitrine de l'alt-right aux titres plus scandaleux les uns que les autres, et qui se verrait bien ouvrir une version française.

Il faut dire aussi que la nomination de Bannon à été très bien reçue du côté du Ku Klux Klan et du parti nazi américain (oui, il y a un parti nazi, aux États-Unis), le président de ce dernier se disant même surpris de ce choix.

Mais avant tout cela, raconte Quartz, Bannon était un banquier d'affaires, et son entreprise, «Bannon & Co., a aidé à négocier la vente de Castle Rock Entertainment, qui produisait la série Seinfeld, dans les années 1990». Et, depuis, le fondateur de Breitbart a probablement gagné une petite fortune grâce aux rediffusions de la série.

Un bon deal

Dans un article fouillé consacré à Bannon, Bloomberg raconte la genèse de toute cette histoire quand, l'un des clients de l'entreprise de Steve Bannon, Westinghouse Electric voulait se débarrasser de Castle Rock Entertainment, et a vu en Ted Turner l'acquéreur idéal. La suite, c'est Bannon qui la raconte:

«Turner allait construire cet immense studio, alors nous avons négocié l'affaire à l'hôtel St. Regis de New York. Comme souvent avec Turner, quand il est venu le temps de conclure l'affaire, Ted était à court de trésorerie. Westinghouse voulait partir. Nous leur avons dit: “Vous devriez accepter ce deal. C'est beaucoup.” Et eux, nous répondent: “Si c'est un si bon deal, pourquoi ne pas échanger une partie de vos honoraires en cash contre une part dans plusieurs droits de séries?”»

L'entreprise de Bannon a accepté de prendre une part dans cinq séries, dont Seinfeld, qui en était alors au milieu de sa troisième saison. La série s'arrêtera six saisons plus tard.

Un joli calcul, même si Quartz indique que l'on ne sait pas quelle part possède Bannon dans Seinfeld. Mais si les calculs du Financial Times sont bons, la série a généré 3,1 milliards de revenus grâce à ses rediffusions en 2013. «Alors si Bannon ne possède ne serait-ce que 1%», imagine le site internet, Bannon est un homme riche, très riche.

Mauvaise blague

Et toute cette histoire devient d'autant plus ironique quand on connaît la série.

«Une personne, que les membres de l'élite ont accusé d'être un nationaliste blanc antisémite, gagne beaucoup de son argent en partie grâce au travail de Jerry Seinfeld (qui se trouve être un juif new-yorkais). Ce pourrait très bien être le scénario d'un épisode de la série. Mais la star de Seinfeld, Jason Alexander, n'a pas réussi à trouver où était l'humour dans cette révélation.»

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte