Monde

Des centaines d’oiseaux macareux sont mystérieusement morts en Alaska

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 19.11.2016 à 12 h 53

Repéré sur The Huffington Post, National Geographic

L’hypothèse la plus probable laisse penser qu’ils sont morts de faim à cause du réchauffement climatique.

Puffin (Fratercula arctica) at Látrabjarg, Iceland.
 | Richard Bartz via Flickr CC License by

Puffin (Fratercula arctica) at Látrabjarg, Iceland. | Richard Bartz via Flickr CC License by

On ne les attendait pas à cet endroit à cette période de l’année. Début octobre, des macareux, ces oiseaux au bec reconnaissable entre tous, ont été aperçus sur l’île Saint-Paul au sud-ouest de l’Alaska. Sauf que, quand les habitants ont essayé de les approcher, ces derniers ne bougeaient pas, ou alors tombaient vite sur le ventre lorsqu’ils essayaient de se déplacer sur leurs pattes palmées.  

Le Huffington Post, qui publie un long article sur le sujet, explique que, à la mi-octobre, beaucoup des macareux étaient morts. «Les années précédentes, on trouvait deux ou trois macareux morts par saison, ce qui est assez commun, explique au site Paul Melovidov, l’une des sentinelles de l’île chargée de l’environnement. Quand vous avez quarante ou cinquante macareux morts mais intacts sur vos côtes en moins d’une semaine, c’est un motif de grande inquiétude.» Au total, le nombre de macareux morts s’élève à 250. 

Aucune trace de maladie pourtant chez les victimes. Il s’avère que la famine chez les oiseaux étaient si avancée que certains finissaient par se manger eux-mêmes… «Tous les oiseaux étaient sévèrement émaciés, a expliqué Lauren Divine, co-directrice du bureau de conservation de l’écosystème de l’île. Ils avaient tous des tissus musculaires atrophiés, des estomacs vides, et des saignements intestinaux indiquant un état avancé de famine.»


Ces morts mystérieuses menacent l’écosystème déjà fragile de la mer de Béring, qui borde l’île de Saint Paul. «C’est la maison des baleines, des morses, des orques, des otaries à fourrures, et de pleins d’autres espèces de d’oiseaux de mer», note le HuffPo. Ces espèces ont également subi ces phénomènes de morts massives ces dernières années. Une telle hécatombe de la faune locale est une nouvelle alarme lancée sur réchauffement climatique, selon de nombreux scientifiques. «La mer de Béring a montré des records de réchauffement, explique au National Géographique Nate Mantua, écologiste du centre NOAA pour la pêche à Santa Cruz. Nous n’avons jamais rien vu comme ça. C’est un territoire inexploré. Nous sommes au milieu d’une époque incroyable.»

L’hypothèse la plus répandue dans le milieu scientifique consiste à dire que les vents et les eaux d’un été prolongé ont réchauffé la mer de Béring. La fonte des glaces, plus fortes que d’habitude, aurait aussi perturbé le courant dans la région. Conséquence directe, les migrations d’oiseaux comme les macareux, très sensibles au changement climatique, et la présence poissons à disposition ont été chamboulées. «Il est temps d’agir pour que ces écosystèmes aient une chance de survivre. La santé des communautés natives de l’Alaska en dépend», conclut Lauren Divine. 

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