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Il y a de plus en plus de morts sur les routes américaines, et c'est la faute aux applis

Téléphone au volant | SplitShire via Pexels CC License by

Téléphone au volant | SplitShire via Pexels CC License by

Et en particulier du jeu Pokémon Go.

Sur l’application Snapchat, vous pouvez ajouter un filtre indiquant la vitesse à laquelle vous vous déplacez. Lorsque vous vous filmez à 150km/h, un petit message vous recommande de ne pas publier de vidéo si vous êtes au volant. Mais, pour certains jeunes amateurs de frisson, la tentation est trop forte. Ainsi, fin octobre en Floride, un adolescent a filmé sur Snapchat son ami en train de rouler à plus de 250 kilomètres par heure, juste avant qu’ils n'entrent en collision avec un mini van. Cinq personnes sont mortes ce soir-là.

Ce fait divers n’a rien d’anodin, comme l’explique le New York Times sur son site, les applications sur nos téléphones créent de plus en plus d’accidents sur la route. Si les premières distractions dans la voiture (à savoir le téléphone portable) ont été réglées assez vite (grâce aux kits mains libres), l’automobiliste fait aujourd’hui face à un autre danger: les applications pour smartphones qui perturbent leur concentration. En effet, l'application de GPS Waze récompense les automobilistes qui signalent les accidents et les embouteillages; Pokémon Go fait surgir des Pokémons un peu partout autour de soi –la route ne fait pas exception–; et Snapchat, on l’a vu, pousse certaines personnes à se filmer au volant.

«Après une baisse stable ces quarante dernières années, le nombre de victimes sur les autoroutes a augmenté l'année dernière comme jamais en cinquante ans, écrit le journal. Et les chiffres de cette année sont déjà bien pires. Pendant les six premiers mois de 2016, les morts sur les autoroutes ont augmenté de 10,4%, pour atteindre 17.775, en comparaison avec la même période en 2015.»

Le cerveau travaille, pas les mains

Aujourd’hui, de nombreux véhicules proposent aux conducteurs de connecter leur téléphone pour les aider à gérer les appels, ou même envoyer des messages, sans jamais avoir à enlever les mains du volant. Mais si les constructeurs affirment qu’il s’agit d’un moyen de laisser le conducteur se concentrer sur la route, la présidente du Conseil national de la sécurité Deborah Hersman estime que la réduction des distractions n’est pas si évidente que ça avec ces systèmes. Après tout, la voiture facilite l’usage du téléphone, et encourage même à utiliser toutes les fonctionnalités possibles.

«C’est la charge de travail dans votre cerveau qui pose problème», explique-t-elle au journal. De plus, ces systèmes n’équipent qu’une petite partie des véhicules sur le territoire américain, les vieux modèles étant encore largement majoritaire. Un enseignant originaire du Michigan, résume parfaitement la situation au volant: 

«J’ai remarqué que, quand je dois toucher le téléphone, mon cerveau devient extrêmement concentré là-dessus, même si c’est pour une courte période de temps, et je ne me souviens pas vraiment de ce qui se passe sur la route pendant ces cinq secondes.»

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