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Twitter, Facebook, Instagram ou Snapchat: qui a copié qui?

Les réseaux sociaux se ressemblent de plus en plus et s'empruntent tour à tour les idées. À tel point qu'il est devenu très difficile de se souvenir de l'appli à l'origine de telle ou telle fonctionnalité.

Dans l'univers impitoyable de la Silicon Valley, les nouveautés laissent souvent une impression de déjà-vu. Il devient parfois difficile d'attribuer, de mémoire, la paternité d'une option à un réseau social en particulier, tant les signes d'uniformisation sont nombreux et fréquents. Dernières preuves en date: Instagram qui prévoit de se lancer, comme Twitter et Facebook, dans la diffusion de vidéo en direct et Twitter va adopter, comme Snapchat, le système de QR Codes pour favoriser les abonnements entre utilisateurs. Nous avions d'ailleurs déjà évoqué ce phénomène, en octobre 2015, en imaginant Twibook, un «réseau social du futur» mêlant Facebook et Twitter, comme si, lassés de s'emprunter les idées, les deux décidaient de fusionner.

Si, d'un point de vue légal, ces appropriations techniques ne tombent que très rarement sous le coup de la loi, comme l'expliquait Wired en octobre dernier, l'aspect moral de la démarche peut poser question. Mais, en dépit d'une saturation des applications aux fonctionnalités similaires, le magazine ajoutait que l'utilisateur, dans la plupart des cas, bénéficiait de ces ajouts: «Les stories Snapchat sont amusantes. Maintenant, vous pourrez également les avoir sur Instagram. C'est bien, non?». Dans Les Échos, Yann Guégan, journaliste, pointe, lui, une «bataille de l'attention», mais également l'impérieuse nécessité pour ces applis de se ressembler:

«Si les réseaux sociaux se copient les uns les autres, c'est dans l'objectif de devenir le plus généraliste possible. [...] Il y a des codes établis que doivent absolument posséder tous les réseaux sociaux s'ils veulent se généraliser. Comme les notifications ou les messageries internes par exemple.»

Alors, qui a été le premier à inventer la fonctionnalité permettant de discuter en privé? Qui a choisi de certifier certains de ses utilisateurs les plus influents en premier? En fouillant la presse spécialisée, notamment américaine, et les blogs des quatre principaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram), nous avons construit la chronologie de l'arrivée des options qui régissent aujourd'hui votre quotidien sur smartphone.

Des vidéos «live»

Après Twitter et son application Periscope (mars 2015) et Facebook (décembre 2015), Instagram se lance dans la course à la diffusion de vidéo en direct. Dans une interview accordée au Financial Times, le patron d'Instagram, Kevin Systrom a annoncé qu'il sera bientôt possible de diffuser de la vidéo en direct depuis l'application. Un challenge de taille pour Instagram dans un domaine où la concurrence est rude. Quelques semaines après l'annonce de la disparition prochaine de Vine, ses créateurs ont lancé une appli de streaming vidéo, Hype.

Les messages privés

Twitter est, depuis novembre 2006, le premier réseau social à offrir la possibilité à ses utilisateurs de s'envoyer des messages par l'intermédiaire d'une interface privée. Il faudra attendre près de deux années pour voir Facebook lui emboîter le pas et enfin lancer son «chat», un espace de discussion intégré au site. Instagram et Snapchat suivront également le mouvement. Le premier en 2013, avec Instagram Direct; le second avec une interface de dialogue et d'envoi de messages ephémères.

Le «Like»

bien avant l'apparition des réseaux sociaux, le «Like» a été popularisé auprès du grand public à partir du moment où Facebook se l'est approprié, en janvier 2009, pour stimuler l'engagement chez ses utilisateurs. Quelques mois plus tard, Instagram l'adopte à son tour dès le lancement de l'application –et avant son rachat par Facebook survenu en 2012. Twitter, quant à lui, aura mis du temps à céder. En novembre 2015, le réseau social fera finalement le choix d'abandonner le bouton «Favoris», pourtant très apprécié de ses utilisateurs, au profit d'un cœur. Un changement largement décrié, notamment parce qu'il a eu pour conséquence de chambouler la fonction initiale du bouton en question.

La certification

Afin de lutter contre les comptes «fakes» et parodiques, Twitter a vite compris qu'il fallait réagir, notamment lorsque l'on sait que beaucoup d'utilisateurs s'y rendent pour s'informer et organiser leur veille. En 2009, Twitter attribue alors un macaron bleu attestant de la fiabilité d'un compte à plusieurs athlètes, acteurs, personnalités politiques, musiciens, célébrités... À partir de mai 2013, dans le même esprit que Twitter, Facebook distribue à son tour des petits badges à ses utilisateurs les plus influents –marques, célébrités, institutions ou journalistes... Un an plus tard, en décembre 2014, Instagram, alors propriété de Facebook, lance également son programme de certification de comptes sur le même principe que Facebook et Twitter. Snapchat, en novembre 2015, a suivi le mouvement, mais avec une pointe d'originalité. Au lieu du traditionnel badge, le réseau social, lui, opte pour des emojis thématiques.

Les hashtags

Né un jour de 2007, lorsqu'un ancien employé de Google, Chris Messina, suggère d'utiliser le symbole du croisillon (#) pour rassembler tous les tweets portant sur une même thématique, le hashtag a fait du chemin depuis. En janvier 2011, Instagram lance également la recherche par hashtag sous les contenus postés par ses utilisateurs. Un temps réticent, Facebook a fini par intégrer le regroupement de contenus par thème –balisé par un hashtag– que certains utilisateurs employaient déjà par réflexe, alors que la fonctionnalité n'était pas encore en service.

La fin de la chronologie

Et si les algorithmes choisissaient pour vous ce qui s'affiche sur votre page d'accueil? Cela a été le choix de Facebook, en novembre 2011, avant de rétropédaler sur certains aspects face à la colère de ses utilisateurs. Cinq ans plus tard, Twitter a testé, de manière optionnelle, un affichage non-chronologique des tweets. À la surprise générale, en juin 2016, Instagram a pris le parti, lui aussi, de bousculer l'ordre des publications. Un changement qui a eu du mal à passer auprès de ses utilisateurs.

Les «stories»

En octobre 2013, Snapchat lance ses «stories», une compilation d'images et vidéos qui peuvent être consultées par vos amis pendant 24 heures. Elles viennent s'ajouter au système d'envoi de photos et vidéos éphémères déjà en place sur la plateforme. Un succès qui donnera des idées à ses concurrents, notamment Instagram qui se décide à inclure une fonctionnalité similaire sur son application mobile en août 2016.

Une fonction «news»

Après les éphèmères et décriés «Trending Topics» de Facebook (jamais lancés en France) et son application Paper aujourd'hui disparue puis «Instant Articles», Snapchat a également été l'un des premiers réseaux sociaux à s'être lancé dans le marché de l'information en association directe avec des médias internationaux. En janvier 2015, l'application lance sa rubrique «Discover» (arrivée que récemment en France) qui héberge des «éditions» (photos, vidéos, articles...) gérées et rédigées par les médias eux-mêmes. Twitter lancera «Moments».

 

Pour cet article, nous nous sommes appuyés sur les dates officielles de sortie aux États-Unis, et non en France.

 

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