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Après la victoire de Donald Trump, les actes racistes se multiplient

Manifestations d'activistes de Black Lives Matter le septembre 2016, en Caroline du Nord, après le meurtre de Keith Scott par la police, | Brian Blanco / AFP

Manifestations d'activistes de Black Lives Matter le septembre 2016, en Caroline du Nord, après le meurtre de Keith Scott par la police, | Brian Blanco / AFP

De nombreux supporters de Trump ont célébré la victoire de leur candidat avec des graffitis, insultes et agressions racistes à travers le pays.

Lors de son discours de victoire dans la nuit du 8 au 9 novembre, Donald Trump a dit qu'il s'engageait à «être le président de tous les Américains» et que son mouvement «comprenait des Américains de toutes les races, religions et origines». Malgré cette vague tentative d'appaisement, de nombreux fans du président élu ont célébré sa victoire en exprimant leur haine raciste de manière ouverte.

Pendant deux jours après l'élection de Trump, les graffitis, insultes et agressions racistes se sont multipliés partout aux Etats-Unis, particulièrement dans des écoles et universités.

Dans un lycée du Minnesota, les portes de toilettes ont été recouvertes de graffitis avec les mots «réservé aux blancs», «Amérique blanche» et le slogan de Trump «Make America Great Again» (rendre à l'Amérique sa grandeur).

Dans la cantine d'un collège du Michigan, des élèves se sont mis à chanter en coeur «build the wall», soit «construisez le mur!», le mur que Trump a promis de faire bâtir à la frontière mexicaine. 

En Californie, la police a ouvert une enquête après que deux femmes portant le hijab, une dans une université de San Diego et une autre dans une université de San Jose, ont dit avoir été agressées par des hommes qui leur ont arraché leur foulard et fait des commentaires sur Trump.

Selon le journaliste Shaun King, qui se spécialise dans les questions de racisme et a reçu des milliers de témoignages après le 8 novembre, certaines femmes musulmanes hésitent désormais à porter le hijab. 

À la New York University, un graffiti «Trump» a été retrouvé sur la porte de la salle de prière musulmane de l'université. 

Des lycéens de York en Pennsylvanie ont été filmés dans les couloirs de leur école en train de crier «white power» («pouvoir blanc») avec une pancarte Trump.

À Wellsville dans l'État de New York, un mur près du terrain de baseball local a été recouvert d'un graffiti avec une croix gammée et les mots «rendre l'Amérique à nouveau blanche», soit Make America White Again, une version raciste du slogan trumpien Make America Great Again.

Dans l'université Canisius College dans l'État de New York, des étudiants ont exhibé une poupée noire avec une corde autour du cou dans l'ascenseur. Des photos de la poupée ont ensuite été postées sur les réseaux sociaux avec des commentaires racistes et la mention de Trump. 

À Philadelphie, des graffitis de croix gammées avec les mots Trump ont été retrouvés sur plusieurs vitrines.

Plusieurs lycéens de Southern Lehigh en Pennsylvanie ont hurlé des insultes homophobes et racistes (ils ont traité des élèves noirs de «nègres» et «cueilleurs de coton») dans les couloirs de leur établissement, tout en faisant des saluts nazis.

Dans la ville de Rochester à New York, deux drapeaux LGBT ont été brûlés devant les maisons d'hommes gays. 

Sur le campus de l'Utah Valley University, le message suivant a été retrouvé:

«Donald Trump a gagné. Maintenant, toutes les mauviettes de gauche, vous avez intérêt à la fermer avec vos droits pour les musulmans, les gays et les immigrés illégaux».

Dans un lycée de DeWitt dans le Michigan, plusieurs élèves blancs ont formé un mur humain pour empêcher les élèves issus des minorités ethniques de se rendre dans leurs classes. 

Sur Facebook, une femme d'origine hispanique a partagé l'anecdote suivante, retweetée par Shaun King.

«Une mère latino a déposé son fils à l'école. Elle a vu un groupe d'élèves de CM2 en train de crier fièrement "construisez le mur, construisez le mur"».

Dans un lycée de Floride, les murs ont été recouverts avec ces mots:

«Vous les noirs, vous avez intérêt à choisir vos numéros d'esclaves. Le KKK pour la vie. Vive Trump.»

Ces deux derniers jours, Shaun King a retweeté des centaines d'incidents et anecdotes similaires, tous disponibles sur sa timeline, un témoignage du torrent de haine libéré par la campagne et la victoire de Trump, particulièrement dans les collèges et lycées du pays.

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