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Trump a gagné parce qu’il a détruit le politiquement correct

Temps de lecture : 2 min

Le «double pointage de doigt» de Trump. (Saul Loeb / AFP)
Le «double pointage de doigt» de Trump. (Saul Loeb / AFP)

Les explications à la victoire de Donal Trump sont nombreuses et se classent dans trois catégories. Il a gagné à cause du rejet dans les classes populaires blanches de l’immigration, de la mondialisation et des élites qui y sont favorables. Il a gagné parce que Hillary Clinton était en fait très impopulaire dans l’Amérique profonde. Il a gagné parce que c’est un pays qui reste raciste et c’est le contre coup de la présidence de Barack Obama.

Mais Reason Magazine met en avant une autre explication plus culturelle et difficile à admettre pour la plupart des médias: le fait que Donald Trump ait brisé les tabous du politiquement correct, qu’il ait libéré la parole de ceux qui se sentent déclassés, humiliés et stigmatisés.

«J’ai tenté d’attirer l’attention sur ce problème depuis des années. J’ai mis en garde contre le fait que le politiquement correct est un problème sur les campus des collèges (universités) où l’extrême-gauche a gagné le pouvoir institutionnel et l’utilise pour punir ceux qui disent ou pensent mal», écrit Robby Soave, l’un des éditeurs de Reason.com.

Il explique ainsi le succès sur les campus du provocateur et extrémiste de droite du site Breitbart Milo Yiannopoulos souvent invité pour dénoncer le politiquement correct… et pour insulter ces opposants. Pour Reason, Donald Trump a fait pendant la campagne et à l’échelle du pays ce que Milo Yiannopoulos fait parfois sur les campus, conforter et revigorer ceux dont la voix est méprisée.

«Personne ne vote pour Trump... pour ses propositions politiques»

«Personne ne vote pour Trump ou n’aime Trump pour ses propositions politiques. C’est une mauvaise compréhension du phénomène Trump… Trump est une icône de la résistance blasphématoire au politiquement correct», explique Milo Yiannopoulos.

Pour Reason, la gauche américaine «a classé toute le monde dans des groupes définissant leur identité et a dit au groupe des hommes blancs peu éduqués qu’ils étaient les seuls à être détestables. Ils se sont moqués sans pitié des membres de ce groupe. Ils les ont puni pour ne pas être assez instruits. Ils les ont traité de racistes… J’ai mis en garde contre le fait que le politiquement correct devenait fou furieux et qu’il pourrait conduire à une contre révolution s’il n’était pas contrôlé. La contre-révolution vient juste de se produire… Il y a un coût à priver les gens de la liberté de dire ce qu’ils pensent».

Le politiquement correct aurait aussi eu un autre effet pervers. Celui qui se trouve dans la fable du garçon qui criait sans cesse au loup et dont les mises en garde ont fini par ne plus être entendues. Le célèbre journaliste américain Bill Maher l’a reconnu. Avoir traité depuis des années à tort les Républicains George Bush, Mitt Romney et John McCain de racistes, a fait que les mêmes accusation, justifiées, contre Donald Trump n’ont pas eu d’impact.

Pour Robby Soave, «nous n’avons peut-être pas vu Trump venir parce que nous avons établi des normes qui font que les gens qui pensent comme lui ne le disent pas. C’est mieux que ce soit dit dans un espace ouvert. C’est mieux que cela puisse être combattu et que les personnes qui pensent comme cela puissent être convaincues qu’elles ont tort».

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