Partager cet article

Pour être un bon président, Donald Trump doit changer radicalement

Donald Trump, sa femme et Paul Ryan au Capitol à Washington I NICHOLAS KAMM / AFP

Donald Trump, sa femme et Paul Ryan au Capitol à Washington I NICHOLAS KAMM / AFP

Deux #nevertrumpers tendent la main au candidat républicain qu'ils ont tant combattu.

La victoire de Donald Trump a choqué les experts, les médias, Washington, les États-Unis, le monde entier et vos serviteurs. Nous nous sommes, de toute évidence, trompés sur Trump, puisque nous pensions qu’il avait peu de chances, voire aucune, de l’emporter. Est-il possible que nous nous soyons également trompés sur sa capacité à gouverner? Pour l’avenir de notre nation et du monde entier, nous l’espérons sincèrement.

Nous ne regrettons pas notre position #NeverTrump. Nous ne nous sommes pas opposés à Trump uniquement parce que nous pensions qu’il allait perdre. Nous nous sommes opposés à lui parce que nous pensions qu’il n’était pas apte à endosser le costume de président des États-Unis –en raison de son tempérament, de sa méconnaissance des politiques de sécurité nationale et de ses prises de position, que nous estimions contraires aux intérêts nationaux.

Mais nous pensions aussi qu’il allait perdre. Et nous nous préparions à la dure tâche de reconstruire la marque républicaine depuis les places bon marché des tribunes de l’opposition loyale.

Le départ d'une longue marche

Et, comme tout le monde, nous nous sommes trompés. Trump, qui trompait déjà les pronostics les plus pointus depuis près de dix-huit mois, l’a fait une fois de plus. Et ce fut la fois la plus importante.

Pourrions-nous aussi avoir eu tort au sujet de ses capacités en tant que président?

Certes, Trump est devenu un meilleur candidat durant cette dernière semaine: il s’est concentré sur son message et a évité les tweets de fin de soirée. Mais il n’est pas devenu meilleur en matière de politique. Il n’a pas rassemblé de meilleure équipe en matière de sûreté nationale. Et il n’est pas revenu sur ses déclarations tonitruantes au sujet des musulmans, du commerce extérieur, de l’immigration ou de la politique étrangère.

Il a juste remporté les élections. Ce n’est pas une petite réussite, mais ce n’est que le départ d’une longue marche vers une gouvernance et un leadership responsables.

Il va falloir qu’il écoute ses opposants pour comprendre ce qu’il peut apprendre d’eux plutôt que de toujours essayer de trouver le meilleur moyen de les attaquer

Il est désormais notre président. Cela ne lui assure pas notre soutien inconditionnel, mais parce qu’il est notre président et qu’il a été élu, il a au moins notre soutien de départ. Nous souhaitons qu’il réussisse en tant que président, parce que s’il réussit, c’est l’Amérique tout entière qui est gagnante.

Nous continuons de penser qu’il va falloir qu’il change de façon radicale pour devenir le président de tous les Américains. Il va falloir qu’il place les intérêts de la nation avant les siens. Il va falloir qu’il étudie plus les politiques et moins les sondages. Il va falloir qu’il constitue un gouvernement compétent et une équipe sérieuse en charge de la sûreté nationale. Il va falloir qu’il écoute ses opposants pour comprendre ce qu’il peut apprendre d’eux plutôt que de toujours essayer de trouver le meilleur moyen de les attaquer.

Dignité de la fonction

Et il va falloir qu’il comprenne que l’Amérique ne pourra jamais être aussi «grande» qu’elle devrait l’être si nous restons aussi divisés que nous le sommes aujourd’hui. Cela veut dire qu’il va lui falloir travailler avec les leaders des deux partis (dont la plupart ne voulaient pas de lui comme président) pour trouver des points de convergence. Il va lui falloir s’adresser aux leaders républicains et conservateurs qui se sont opposés à lui, engager des mesures sérieuses pour réunifier le parti, puis réunifier le pays. Il ne s’est pas montré capable d’avoir une telle envergure présidentielle par le passé; nous espérons donc qu’il se saisira de l’occasion pour faire sienne la dignité qui incombe à la fonction.

Nous terminerons avec deux pensées finales sur la politique étrangère et la sûreté nationale.

Tout d’abord, le président Trump doit immédiatement entrer en campagne pour gagner la confiance et le respect d’un élément qu’il a totalement ignoré jusqu’ici: les leaders et les publics étrangers. Ils n’ont pas voix au chapitre lors de nos élections, mais nos élections influent sur leurs vies. La plupart se sont montrés très inquiets face aux conséquences possibles de l’élection de Trump et ils risquent fort d’être tentés de faire barrage aux États-Unis pour se protéger contre ce que pourrait faire le nouveau président. Il serait sage de prendre contact avec nos alliés pour les rassurer et de parler à la fois calmement et fermement à nos adversaires pour prévenir tout problème. Il est temps de jeter aux orties les slogans de campagne qui dépréciaient nos alliés.

Compétence et expérience

C’est en encourageant les autres pays à se joindre à nous que Trump pourra le mieux faire progresser les intérêts américains. En particulier, nous pressons le président Trump de joindre en priorité nos alliés de l’Otan, nos alliés japonais, nos alliés sud-coréens et nos alliés israéliens. Les présidents et les nations ont besoin d’amis –et la présidence partira d’un meilleur pied si elle n’est pas isolée. Cela donnerait au président Trump plus de poids et de crédibilité s’il cherchait à prendre des mesures audacieuses, comme la lutte contre le déséquilibre commercial entre les États-Unis et la Chine ou la renégociation de l’accord sur le nucléaire iranien.

Deuxièmement, Trump doit consolider son équipe en matière de politique étrangère et de sûreté nationale. Du côté républicain, nombre des personnes les plus compétentes en la matière sont, comme nous, des #NeverTrumpers et, en tant que tels, ont été écartés du circuit. Mais heureusement pour le pays, plusieurs très bons professionnels se sont gardés de faire toute remarque et sont donc disponibles. Nous espérons que les conseillers de Donald Trump sauront récompenser la compétence et l’expérience plutôt que la loyauté et l’enthousiasme. Et nous espérons que nos amis tiendront compte de notre appel.

Nous espérons que le président Trump prendra la mesure de la grandeur historique du pays dont il a pris les rênes

Le soutien de tous

Les électeurs ont parlé et choisi Donald Trump pour président. Il est attendu des fonctionnaires, des diplomates, de la communauté du renseignement et des militaires qu’ils obéissent aux ordres légitimes du président et qu’ils mettent en œuvre sa politique. Tous les Américains, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du gouvernement, devraient faire leur possible pour l’aider à construire une politique qui soit dans l’intérêt des États-Unis et qui nous aide à protéger la sûreté nationale.

Nous n’avons jamais pensé que l’Amérique avait cessé d’être «grande», raison pour laquelle nous n’avons jamais fait nôtre le slogan «Make America great again». Mais nous espérons qu’en tant que commandeur des armées et chef de la diplomatie, le président Trump prendra la mesure de la grandeur historique du pays dont il a pris les rênes et qu’il se montrera à la hauteur des circonstances pour préserver cette grandeur.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte