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Les oiseaux aiment le plastique dans l'océan parce qu'il sent la nourriture

Cape Petrel | Ed Dunens via Flickr CC License by

Cape Petrel | Ed Dunens via Flickr CC License by

Pour certains oiseaux marins, les morceaux de plastique ont le parfum d'un bon repas.

269.000 tonnes de déchets plastiques flottent dans les océans, d’après une vaste étude internationale réalisée en 2014. Ces cinq mille milliards de particules de toutes tailles menacent des centaines d’espèces. Pourquoi donc est-ce que tant d’oiseaux, de poissons, de baleines, de tortues et autres animaux consomment sans se méfier autant de ces dangereuses matières qui traînent dans l’eau?

Comme l’explique National Geographic, les scientifiques savent depuis longtemps que l’erreur peut être due à des ressemblances visuelles. Par exemple, les tortues confondent des sacs en plastique transparent avec des méduses. Des poissons peuvent aussi prendre des micro-plastiques de la taille d’un grain de riz pour des petites particules habituellement nourrissantes. Un récente étude publiée dans Science Advances apporte une explication supplémentaire, au moins pour les oiseaux: le plastique a la même odeur que leur nourriture.

Grâce à des expériences sur la côte californienne, les chercheurs ont identifié un mécanisme: le krill, un petit crustacé, est une source alimentaire importante pour les oiseaux marins. Le krill mange lui-même des algues, qui se décomposent en émettant une forte et désagréable odeur de souffre. Il s'agit de sulfure de diméthyle (DMS). Les oiseaux savent que cette effluve les mènera à un bon petit repas…

Un piège olfactif

Mais justement, les débris de plastique qui flottent dans l’eau sont de très bons terrains pour la propagation de ces algues. Les volatiles sont conduits dans un «piège olfactif». Ils pensent se goinfrer de crustacés, alors qu’ils finissent en réalité par manger un vulgaire morceau de plastique.

Matthew Savoca, doctorant à l’Université de Californie et principal auteur de l’étude, explique:

«Le DMS, c’est la cloche du dîner. […] Quand on l’entend, on sait que de la nourriture va être dans les parages. C’est le même genre d’idée. Une fois que l’odorat des oiseaux leur a dit où ils devaient s’attendre à trouver des krills, ils activent leur mode recherche de nourriture, et leur seuil de reconnaissance de l’aliment s’abaisse».

Pour lui, «nous devrions porter plus d'attention à ces espèces», aux oiseaux utilisant beaucoup leur odorat pour chasser. Les pétrels et les albatros sont particulièrement vulnérables à ce faux et dangereux indice. 

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