Culture

Peut-on vivre dans une comédie romantique?

Michael Atlan, mis à jour le 20.11.2016 à 18 h 34

Tous ces films qui ont atteint le sommet du box-office et affolé les audiences télé pendant des décennies seraient la cause de ces millions de célibataires qui errent dans nos villes.

Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell, sorti en 1999.

Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell, sorti en 1999.

Le premier acte de cette histoire commence un peu comme un film de Nora Ephron, une version de Vous avez un message avec deux blogs au lieu de deux e-mails. Comme ça m’était arrivé à plusieurs reprises auparavant, je l’ai rencontrée dans les commentaires de nos blogs respectifs. Pourquoi elle? Je ne sais pas. Comme pour Meg Ryan et Tom Hanks, il y avait un truc qui passait, une connexion, une alchimie. Nous avons donc convenu, après plusieurs mois de discussions, de nous rencontrer «pour de vrai». Ça se passerait un dimanche d’hiver dans un café du marais. J’ai pris un thé. Elle a pris un chocolat chaud. On a discuté un peu comme si on se connaissait depuis toujours, pendant plusieurs heures.

Et à la nuit tombée, j’avais cette sensation étrange, celle qu’avait dû ressentir Ethan Hawke face à Julie Delpy à la toute fin de Before Sunset. Ce genre de sensations qui vous fait appeler votre meilleure amie le lendemain parce que votre coeur bat trop fort, parce que vous ne pouvez pas tout garder pour vous, parce que votre coeur n’arrête pas de se serrer quand vous pensez à son sourire.

Etoiles alignées

Le deuxième acte pouvait commencer. Il allait beaucoup ressembler à ces films dans lesquels les personnages ne cessent de se croiser et se perdre de vue, au fil du hasard (ou du destin), des films comme Quand Harry Rencontre Sally ou 7 ans de séduction. Pendant plusieurs mois, elle a arpenté le monde pour le travail. Je n’avais donc que des photos, des textes publiés sur un blog et quelques e-mails de temps en temps pour entretenir cette connexion. La distance. Celle qui sépare Meg Ryan de Tom Hanks dans Nuits Blanches à Seattle ou Kate Beckinsale de John Cusack dans Un Amour à New York. Une distance qui attise, qui crée de l’espoir, celui de se retrouver un jour, un soir, en haut de l’Empire State Building quand toutes les étoiles seront alignées.

Puis un matin, je l’ai croisée dans le métro. Comme ça. «Quand l’amour ressemble à de la magie, on appelle ça le destin. Quand le destin a le sens de l’humour, on appelle ça la sérendipité», disait la bande-annonce de Un Amour à New York. Alors c’était peut-être ça.

Devant l’entrée du métro, je ne pensais qu’à l’embrasser

 

Mais je l’ai perdue de vue à nouveau. Ce n’est que plusieurs mois plus tard que l’on s’est retrouvés. Un soir, au cinéma Max Linder pour voir Samsara. Et nous avons à nouveau discuté pendant des heures dans un café. Je ne pensais qu’à lui dire qu’elle était belle, que, ces derniers mois, je n’avais pensé qu’à elle, à son sourire et à ses taches de rousseur. Devant l’entrée du métro, je ne pensais qu’à l’embrasser et lui dire à nouveau qu’elle était belle. Je me disais que Woody Allen avait réussi à séduire Diane Keaton dans Annie Hall. Alors pourquoi pas moi? Mais je n’ai pas osé. Comme Jay Baruchel face à Alice Eve. Elle était trop belle, comme le titre du film, et moi trop anxieux et peu sûr de moi.

Nous nous sommes néanmoins revus après ça. Plusieurs fois. Lors de vernissages, j’ai rencontré des amis à elle et même ses parents. Et il y a ce jour où elle m’a annoncé qu’elle partait s’installer à New York… «pour au moins un an». Je suis resté sans un mot, partagé entre le bonheur qu’elle puisse réaliser ses rêves et la peine de devoir la quitter, encore.

En attendant, quelques jours avant son départ, elle m’a appelé. Il était déjà pas loin de 23 heures. Elle voulait savoir si je pouvais la rejoindre pour «papoter». Ça lui «ferait plaisir de me voir». Alors, dans la chaleur moite d’une nuit d’été à Paris, j’ai pris le métro jusqu’à Bastille et nous avons discuté de son futur appartement à Brooklyn, de mon dernier scénario et de ses projets de documentaires à une terrasse et le long du canal. J’avais l’impression d’être sur un banc devant le pont de Brooklyn avec ma Diane Keaton.

Cœur brisé

Le deuxième acte a pris fin la veille de son départ. Sur le perchoir de l’Hôtel de Ville, elle m’avait invité, en compagnie de ses quatre meilleurs amis, à partager un dernier moment ensemble. Elle était nerveuse et joyeuse, souriante et inquiète. Nous avons tous passé une soirée magique, entre mélancolie (des au revoir) et bonheur (de beaux lendemains).

La descente allait être brutale. Dans la réalité triviale d’une rue parisienne l’attendait un garçon. Je ne savais pas qui c’était, d’où il venait et pourquoi il était là si tard. Je savais seulement que lui avait eu droit au plus beau et long sourire de la soirée. Lui avait eu droit de finir la soirée avec elle.  Et mon coeur s’est brisé, volant en éclat sur le pavé. Jamais de ma vie ça n’avait fait aussi mal. C’était peut-être ça qu’avait ressenti Duckie (Jon Cryer) quand il apprend que Andie (Molly Ringwald) va sortir avec Blaine dans Pretty in Pink ou Josie (Drew Barrymore) quand elle découvre que Billy l’a invité au bal de promo pour lui jeter un oeuf au visage dans Collège Attitude.

Commençait alors le troisième acte, un montage de moi en train de faire les cent-pas et d’inonder mon oreiller de larmes en écoutant une compilation des chansons les plus tristes des Smiths et de Al Green. «Comment peux-tu réparer un coeur brisé», demandait ce dernier? Peut-être en écoutant de vieux standards soul. Ça avait un peu marché pour Hugh Grant dans Coup de Foudre à Notting Hill, non?

C’est donc là, devant chez elle, quelques minutes avant son départ, que je lui ai dit «Je t’aime», un 15 août, au milieu des passants

 

Ce qui avait aussi marché pour lui (et pour plein d’autres), c’est de courir pour dire à Julia Roberts qu’il l’aime avant qu’elle ne reprenne un avion pour l’Amérique. Alors c’est aussi ce que j’ai fait — en espérant qu’elle ne soit pas déjà partie pour l’aéroport. C’est donc là, devant chez elle, quelques minutes avant son départ, que je lui ai dit «Je t’aime», un 15 août, au milieu des passants. Elle m’a serré dans ses bras et on s’est dit au revoir.

Cette histoire (avec quelques ellipses, je dois le confesser) n’est pas celle d’un coup de foudre, de celles racontées par Nicholas Sparks dans ses romans à l’eau de rose. C’est une histoire d’apprentissage, une histoire de béguin qui évolue, se transforme, qui hésite entre les sentiments d’une amitié sincère et celle d’un amour dont on rêve qu’il soit réciproque. C’est une histoire qui ressemble beaucoup à celle que Hollywood nous raconte depuis près de 90 ans dans ses comédies romantiques.

Du moins, c’est comme ça que je l’ai vue sur le moment, dans ma tête. Car évidemment, vous l’aurez sûrement compris depuis un moment, dans la tête de celle en face de moi, cette histoire ne s’est pas du tout déroulée de la même façon. Elle n’a pas vu de promenades dans Central Park et de banc avec vue sur le pont de Brooklyn. Elle n’a pas vu de rendez-vous au sommet de l’Empire State Building et les regards dont on aimerait qu’ils traduisent le battement de notre cœur.

 

Les abandonnés du troisième acte

Alors, était-ce bien raisonnable? Sans Tom Hanks et Meg Ryan, sans Annie Hall et Hugh Grant, sans John Hughes et John Cusack, cette histoire ne se serait-elle pas terminée nette à la fin du premier acte? Il y aurait eu une rencontre, un petit béguin peut-être et ne serait resté que le souvenir évanescent d’une fille plus jolie que la normale. Sans eux, ma vie (amoureuse) aurait été beaucoup plus facile, comme elle l’aurait sûrement été pour Mindy Kaling dans The Mindy Project ou Rachel Bloom dans Crazy Ex-Girlfriend. Mais ce n’est pas moi. Je n’y peux rien. Je suis comme ça. Je vis dans un monde en plusieurs actes. Et ce monde a souvent tendance à ressembler à celui d’une comédie romantique dans laquelle je serais Tom Hanks, et celle en face de moi serait Meg Ryan.

Ça a joué sur la façon dont je voyais le monde et, en particulier, les relations amoureuses entre êtres humains

 

Ça m’a semblé être une évidence quand j’ai vu Nuits Blanches à Seattle pour la première fois aux premières heures de l’adolescence. Et ça a continué à l’être bien longtemps après ça. Dans ce café du Marais, j’avais beau avoir la trentaine bien entamée, j’en étais encore persuadé. Ce film est entré dans mon cerveau comme les parasites d’une vieille série de science-fiction. Et parfois, je me dis que ça a joué sur la façon dont je voyais le monde et, en particulier, les relations amoureuses entre êtres humains. Parfois, je me dis que ça ne m’a pas rendu la vie simple.

S’il a permis aux plus belles chansons du monde d’exister, personne n’a jamais aimé avoir le coeur brisé. Car s’il y a bien quelque chose qui n’intéresse pas les comédies romantiques hollywoodiennes, ce sont bien les gens comme moi, ceux qui restent à l’écart, les «Baxter», du nom de ce film de 2005 sur les éternels abandonnés du troisième acte, ceux qui restent sur le bord de la route, qui n’ont pas droit au dernier travelling, au dernier baiser sous la pluie.

Absence de happy end

Quand il écrit Pretty In Pink en 1985, John Hughes avait bien essayé de rompre avec cette tyrannie du troisième acte, comme le raconte  Susannah Gora dans son essai «You couldn’t ignore me if you tried»:

«Après être tombé follement amoureux d’Andie, Blane, le bourge, se dégonfle, la largue à cause de la pression de sa famille et de ses amis, lui brisant le coeur et anéantissant ses rêves que quelqu’un pourrait l’aimer malgré sa pauvreté. Andie est découragée mais elle est revigorée quand elle et Duckie se retrouvent au bal de promo dans une fin façon “nous contre le monde”. “C’était romantique, en quelque sorte”, dit Jon Cryer de la scène, “mais surtout, ils étaient amis. Il n’y avait pas de baiser”.»

Mais le public ne l’a pas accepté:

«Les gamins dans le public ont réagi plutôt passionnément: ils ont commencé à huer très fort. (...) “Il était clair, dit Howard Deutch [le réalisateur, NDLR], qu’ils ne voulaient pas qu’elle finisse avec ce mec. Lauren Shuler Donner [la productrice, NDLR] se rappelle que 60% du public ont dit qu’ils voulaient que Andie finisse avec Andrew McCarthy

La comédie romantique est le Don Draper du destin, son meilleur publicitaire

 

Vivre dans les premiers et deuxièmes actes d’une comédie romantique a donc un prix: accepter que le troisième acte soit plombant comme une séance de La Liste de Schindler sous prozac. Vivre dans une comédie romantique, c’est accepter l’absence d’un happy end.

En faisant triompher l’amour, toujours, quoi qu’il arrive, la comédie romantique est le Don Draper du destin, son meilleur publicitaire. Le produit final, en revanche, n’est pas forcément conforme à l’attente. Voyez le genre comme ce steak épais, ces tomates fraîches et juteuses, ce pain gonflé et doré que vous voyez dans les publicités McDonald’s alors que, le plus souvent, la réalité n’est qu’un hamburger raplapla et triste qui n’a aucun goût hormis celui du sel et d’exhausteurs chimiques.

Attentes irréalistes

C’est ce que pointe une étude de chercheurs de l’université Heriot-Watt d'Edimbourg en 2008. Après avoir regardé Un Amour à New York, un échantillon d’étudiants étaient plus enclins à croire au destin et à l’âme-soeur qu’un autre ayant regardé un film de David Lynch.

«Nous voulons tous réussir dans nos relations. Nous voulons être l’âme-sœur et rencontrer l’âme-sœur. Malheureusement, les gens tendent à croire l’idée d’Hollywood d’une relation parfaite. Ce n’est pas réaliste. Les gens pensent que si leur relation n’est pas comme dans un film hollywoodien, alors elle n’est pas bonne», racontait le psychologue qui a mené l’étude.

En créant des attentes irréalistes, les comédies romantiques empêcheraient donc de trouver l’amour dans la vraie vie. Daisy Rose, le célèbre personnage créé par Vanessa Bayer dans le «Saturday Night Live», ne serait donc pas si parodique et moi, je serais la victime d’un virus qui se transmettrait comme la cassette vidéo de The Ring avec Meg Ryan ou Audrey Hepburn à la place d’une gamine blafarde aux longs cheveux noirs?

Tous ces films qui ont atteint le sommet du box-office et affolé les audiences télé pendant des décennies seraient donc la cause de ces millions de célibataires qui errent dans nos villes, les yeux hagards et mélancoliques aspirés par les notifications de leurs applications Tinder ou Meetic? Comme moi, ils auraient osé y croire, à cet amour qui emporte tout, à cet amour qui ne serait, en réalité, que mensonge, invention mercantile pour combler un manque et maintenir cette vaine illusion qu’est l’amour vrai et indéfectible.

Quand je regarde une comédie romantique, j’ai l’impression qu’ils me vendent quelque chose qui n’existe pas

«Quand je regarde une comédie romantique, j’ai l’impression qu’ils me vendent quelque chose qui n’existe pas. Deux personnes très belles mais très désagréables se font des vacheries pendant une heure, s’embrassent accidentellement et décident finalement qu’elles s’aiment pendant un extrêmement vague montage. Ce n’est pas ainsi que les gens tombent amoureux», résumait Rainbow Rowell, l’auteur du roman Eleanor & Park, dans Publisher’s Weekly.

Oui, c’est vrai, les comédies romantiques (hollywoodiennes) ne sont pas réalistes. Tomber amoureux, c’est long, confus, complexe, chaotique et plein d’autres adjectifs qui ne peuvent se résumer dans un montage de quelques minutes au son d’un tube des années 80. Comme l’écrit Mindy Kaling dans son essai Is Everyone Hanging Out With Me?:

«Je vois simplement les comédies romantique comme un sous-genre de la science-fiction dans lequel le monde qui y est créé a différentes règles de celui mon habituel monde humain.»

Des règles assez flippantes

D’autant que ces règles sont parfois assez flippantes. Est-ce, par exemple, si romantique de franchir la porte d’une église pour empêcher un mariage au risque de finir en prison pour kidnapping (Le Lauréat), de se faire passer pour la fiancée de quelqu’un dans le coma au risque de finir en asile psychiatrique (L’Amour à tout prix), d’engager un professionnel de la séduction (Hitch), de se présenter à la porte de celui/celle qu’on aime pour déclarer sa flamme, même si ce(tte) dernier(e) est mariée avec son/sa meilleur(e) ami(e) (Love Actually), de demander en mariage celui/celle qu’on connaît depuis seulement quelques jours et avec qui on n’a jamais parlé (Love Actually), de courir dans un aéroport et franchir les barrages de sécurité pour déclarer sa flamme au risque de finir à Guantanamo (Love Actually)?

N’est-ce pas plutôt très glauque? Je me pose cette question souvent. Je me la suis posé beaucoup cette matinée d’août en arrivant devant chez celle qui avait fait battre mon cœur en secret pendant des mois. Est-ce que j’en faisais trop? Est-ce que je n’étais pas en train de penser qu’à moi? Est-ce que je n’étais pas dans un cas manifeste de «manipulation émotionnelle du gentil garçon reformaté en romance», comme l’écrit une journaliste de Jezabel à propos du personnage d’Andrew Lincoln dans Love Actually? Est-ce qu’après tout je n’aurais pas dû la laisser prendre son avion tranquillement et rester dans mon coin puisque je savais pertinemment depuis des semaines que son cœur ne battait pas au même rythme que le mien?

Comprendre ses limites

Avais-je définitivement franchi la ligne jaune, celle qui sépare la réalité du cliché un peu glauque de la fiction?

 

Peut-être. La véritable fin de l’histoire, celle que les comédies romantiques ne racontent jamais, celle qui arrive après le mot «Fin», aurait peut-être été différente... Alors qu’elle était à New York depuis quelques mois, je lui ai en effet envoyé une carte postale de Paris, inspiré par Zoé Kazan dans Et (beaucoup) plus si affinités que j’avais vu récemment au cinéma. Elle venait d’en poster une sur Instagram (avec son adresse new-yorkaise) alors je me suis dit que ça serait un moyen «délicat» de lui dire que je n'abandonnais pas notre amitié (a priori sincère et réciproque) sur l’autel de quelques sentiments non partagés. Mais quelques jours plus tard, j’ai reçu un e-mail dans lequel elle m’annonçait rompre tout contact : elle ne m’avait en effet pas donné elle-même son adresse. Je ne l’ai plus jamais vue depuis, ne lui ai plus jamais parlé non plus. Avais-je définitivement franchi la ligne jaune, celle qui sépare la réalité du cliché un peu glauque de la fiction? Pour être tout à fait honnête, je ne crois pas.

Le fait est pourtant là. Quand je voyais une attention un peu naïve inspirée d’une comédie romantique, elle a, j’imagine, vu une tentative un peu désespérée de harcèlement inspiré de je-ne-sais-quel thriller.

Vivre dans une comédie romantique implique de comprendre ses limites, cette ligne jaune qui sépare fiction et réalité, de la même façon que les fans de films d’horreur ne se mettent pas à trucider leurs petits camarades.

C’est d’ailleurs comme ça que ses plus célèbres créateurs, de Billy Wilder à Cameron Crowe en passant par Nora Ephron, ont raconté leurs meilleures histoires, des histoires qui montrent comment les gens tombent vraiment amoureux, des histoires comme Jerry Maguire, Pour le pire et pour le meilleur, Méprise multiple, Princess Bride, Un Jour sans fin, La Garçonnière, des histoires qui créent une tension entre ce que les personnages veulent et peuvent faire, en créant des obstacles, de nombreux obstacles.

Les millions de personnes qui ont lu et vu Le Journal de Bridget Jones l’ont-ils adoré pour les quelques minutes du baiser final sous la neige ou pour l’heure et demie dans laquelle Bridget souffre de tout son être pour obtenir ce baiser? Personne ne s’identifie au troisième acte d’une histoire. Il n’est que la cerise posée sur le gâteau, un bonus, une échappatoire, un fantasme. Nous nous identifions à l’adversité, aux difficultés, à l’expérience humaine des premiers et deuxièmes actes. C’est une règle narrative vieille comme l’être humain: imprimer sur celluloïd qu’il est possible de trouver l’amour de sa vie malgré les déceptions et les trahisons ou peindre sur les murs qu’il est possible de survivre à une attaque de mammouth malgré les corps écrabouillés et transpercés participe du même effort, celui de s’améliorer et créer de l’espoir. Et l’espoir, c’est le moteur du monde.

Nous avons besoin de vivre à partir d’histoires qui nous aident à faire face à de dures réalités

 

Phillip Hodson, psychothérapeute britannique de la BBC, le disait à Time:

«Nous avons besoin de vivre à partir d’histoires qui nous aident à faire face à de dures réalités. L’idéalisme a un rôle à jouer. Il peut nous convaincre que même difforme, décrépit ou ennuyeux, il y a quelqu’un, dehors, pour nous. Et vous savez quoi? C’est vrai. Marchez dans les allées de n’importe quel centre commercial et vous verrez les associations les plus extraordinaires. Nous avons tous besoin d’espoir dans nos vies. Et Hollywood est un fournisseur d’espoir.»

Et dans cette histoire, avec le recul, je crois que c’est ce qui m’a le plus peiné: pas qu’on me brise le cœur, pas qu’on me refuse un happy end mais qu’on me fasse douter d’avoir espéré, d’avoir été idéaliste, d’avoir voulu voir des belles choses là où il n'y en avait malheureusement pas. Car comme le disait Scarlett Johansson dans Her: «Le coeur n’est pas comme une boîte qu’on remplit. Il grandit à mesure que tu aimes.»

Michael Atlan
Michael Atlan (63 articles)
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