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Pourquoi certaines chansons nous obsèdent

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 10.11.2016 à 9 h 54

Repéré sur Psychology of Aesthetics, Creativity, and the Arts, American Psychological Association

Prenez un bon bouillon de banalité, ajoutez quelques pincées d'originalité et mixez rapidement le tout.

Po po po po poker face | Mashthetics via Flickr CC License by

Po po po po poker face | Mashthetics via Flickr CC License by

Qu'est-ce qui rapproche «Bad Romance» et «Poker Face» de Lady Gaga, «Can't Get You Out Of My Head» de Kylie Minogue, «Don't Stop Believing» de Journey ou encore «In The Mood» de Glen Miller? Ce sont des chansons qui restent très (trop) facilement dans la tête, des earworms (littéralement des «vers d'oreille») comme disent les anglo-saxons. Une étude vient d'en décrypter la structure et les ingrédients essentiels.

Menée au Goldsmiths College de Londres, par une équipe de quatre chercheurs dirigés par Kelly Jakubowski, psychologue et musicologue à l'université de Durham, au Royaume-Uni, il s'agit du premier travail à s'intéresser aussi systématiquement aux parasites auditifs.

«Ces chansons musicalement collantes possèdent en général un tempo assez rapide, un cadre mélodique banal, auxquels s'ajoutent des répétitions ou des intervalles inhabituels, comme ceux du riff d'ouverture de “Smoke On The Water” de Deep Purple ou du refrain de “Bad Romance”», explique Jakubowski.

Le pouvoir des comptines

En résumé, les titres qui adhèrent le mieux à la cervelle ont cette pointe d’originalité qui les fait attirer notre attention, tout en nous donnant globalement l'impression d'être en terrain connu. Soit le parfait petit virus mental.

«Nous recherches montrent qu'il est relativement possible de prédire quel type de chanson va rester dans la tête des gens, en analysant son contenu mélodique», précise Jakubowski.

Des structures mélodiques que l'on retrouve aussi dans des comptines pour enfants, comme «Ah ! vous dirai-je, maman» et que l'on sait favorables à la mémorisation. Les recherches de Jakubowski et de ses collègues, qui ont rassemblé près de 3.000 participants entre 2010 et 2013, pourraient aussi contribuer à mieux comprendre certains réseaux neuronaux impliqués dans la perception, les émotions, la mémoire et les pensées intrusives. Des réseaux susceptibles de fonctionner différemment selon les individus et les cultures.

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