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Être une femme dans l'Amérique de Trump

Claire Levenson, mis à jour le 10.11.2016 à 23 h 40

Au lieu de la première femme présidente, les Américains ont élu un président ouvertement misogyne qui pourrait remettre en question le droit à l'avortement.

Des manifestantes anti Trump à Las Vegas dans le Nevada le 18 octobre 2016. DREW ANGERER/AFP.

Des manifestantes anti Trump à Las Vegas dans le Nevada le 18 octobre 2016. DREW ANGERER/AFP.

Pour tous ceux qui misaient sur le 8 novembre pour voir l'avènement de la première présidente des États-Unis, le réveil a été rude. Non seulement ce n'est pas une femme qui a été élue, mais c'est Donald Trump qui a gagné, dont la campagne a été marquée par une tonalité particulièrement misogyne. Sa victoire est un véritable bras d'honneur fait aux féministes.

1. Onze femmes ont accusé le nouveau Président des Etats-Unis de les avoir agressées sexuellement.

2. Il les a traitées de menteuses et a dit qu'il leur ferait un procès.

3. Il a même dit que l'une d'entre elles n'était pas assez belle pour qu'il ait envie de l'agresser sexuellement.

4. Trump a déclaré en 2005 qu'il «pouvait tout faire aux femmes», y compris «les attrapper par la chatte». Son équipe a défendu ses propos, typiques de la culture du viol. Ils ont expliqué que tous les hommes parlaient comme ça et qu'il s'agissait juste de paroles de vestiaires.

5. Trump a déclaré qu'il nommerait des juges anti-avortement à la Cour Suprême. Depuis plusieurs mois, les Républicains du Sénat font obstruction contre Merrick Garland, un juge pro-choix nommé par Barack Obama au printemps dernier après le décès d'Antonin Scalia. La Cour est donc désormais à huit au lieu de neuf juges, et comme plusieurs juges sont très âgés, un décès pourrait donner l'occasion au président Trump de nommer d'autres juges anti-avortement. Si la décision Roe v Wade était abrogée par des juges conservateurs, le droit à l'avortement serait décidé selon les États, ce qui signifie que les IVG deviendraient impossibles dans les régions conservatrices du pays.

6. En mars, Trump a dit que les femmes qui avortent devraient être punies, avant de se rétracter quelques heures après et d'expliquer que ce sont les médecins qui devraient être tenus responsables devant la justice.

7. Trump a choisi un vice-président particulièrement anti-avortement. En tant que gouverneur de l'Indiana, Mike Pence a signé une loi empêchant aux femmes d'avorter en cas d'anomalie chromosomique. Le texte spécifiait également que les hôpitaux n'ont pas le droit de jeter les tissus fœtaux après un avortement ou une fausse couche, et qu'un enterrement ou une crémation doivent être organisés. (La loi a été bloquée par un juge fédéral).

8. Trump a également dit qu'il arrêterait de financer les centres Planned Parenthood, un réseau de cliniques gratuites qui procurent divers services de santé aux femmes (prévention du cancer, contraception mais aussi avortement). L'idée est de ne financer que les centres qui ne procurent pas d'IVG.

9. Trump pourrait revenir sur le remboursement de la contraception et de l'IVG. Il a promis de réformer l'Obamacare. Or, cette loi avait permis de procurer une couverture santé à coût raisonnable pour 20 millions d'Américains.

10. En ce qui concerne les congés maternité –un sujet qui tenait à cœur de sa fille Ivanka– le programme de Trump bénéficera plus aux familles aisées qu'aux pauvres. 

11. Il considère aussi que tirer son lait pour une femme est dégoûtant

12. Le programme de Trump n'a pour l'instant aucune mesures sur l'égalité salariale homme/femme. 

13. Pendant sa campagne, les employés masculins de son équipe ont été payé un tiers de plus que les femmes.

14. Le programme de Trump ne mentionne rien sur la prévention de la violence contre les femmes, alors que Clinton avait une stratégie pour lutter contre les agressions sexuelles sur les campus.

15. Trump n'a pour l'instant qu'une seule femme en tête pour un ministère dans son gouvernement, et il s'agit de Sarah Palin. Hillary Clinton avait promis une administration comprenant 50% de femmes.

16. Pendant sa campagne, Trump a régulièrement réduit les femmes à leur apparence physique: la candidate républicaine Carly Fiorina était trop moche pour gagner, la femme de Ted Cruz moins belle que sa femme Melania.

17. Il a dit d'une journaliste qu'il n'aimait pas qu'elle avait une tête de chien.

18. Il a exhibé un mépris pour l'intellect des femmes: lorsque la journaliste Megyn Kelly lui a posé des questions difficiles, il a décrété qu'elle devait probablement avoir ses règles pour être tant en colère.

19. Il considère que les femmes sont cupides

20. Plusieurs fois, Trump a dit que sa fille Ivanka était canon, et que s'il n'était pas son père, il sortirait bien avec elle.

21. Il s'est moqué de la prise de poids de l'ancienne Miss Univers Alicia Machado, qu'il avait surnommée «miss piggy» et «miss femme de ménage» en raison de ses origines latinos.

22. Il a traîné dans les vestiaires des Miss Teen USA (qui ont entre 14 et 18 ans) alors qu'elles étaient nues.

23. Il refusé de s’occuper de ses enfants, affirmant qu’un mari qui change des couches «joue le rôle de la femme».

24. Il a dit à l'époque de son mariage avec Marla Maples, en 1994: «Je pense que mettre son épouse au boulot c'est dangereux.»

25. A la même époque, il a comparé les femmes à des immeubles. 

26. Il a écrit sur Twitter (avant de l'effacer): «Si Hillary Clinton ne peut pas satisfaire son mari, comment peut on penser qu'elle pourra satisfaire l'Amérique?»

27. Il a dit que sur le plateau de l'émission The Apprentice, toutes les femmes flirtaient avec lui, «consciemment ou inconsciemment».

28. A expliqué les agressions sexuelles au sein de l’armée par le fait qu’on «mélange les femmes et les hommes».

29. Il a dit à propos des femmes: «Il faut les traiter comme de la merde.»

Claire Levenson
Claire Levenson (140 articles)
Journaliste
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