Partager cet article

VIDÉO. Cette recette du grog va (presque) vous donner envie de tomber malade

Une première version du grog est assez loin du remède de grand-mère. Photo Élise Renoleau

Voilà comment concocter un bon grog, bien meilleur que celui des marins anglais du XVIIIe siècle.

Du rhum, du citron, de l’eau et du miel. Voilà la base de cette boisson chaude fort réconfortante et assez ancienne… Les premiers grogs furent, en effet, sirotés sur des navires anglais. Comme l’explique l’auteur britannique Alec Waugh dans son ouvrage Vins et Spiritueux, le rhum est «la boisson du marin, la base du fameux grog de la Royal Navy. Le mot “grog” vient du surnom de l’amiral Vernon, l’officier de marine anglais dont le domaine de George Washington porte le nom; on appelait l’amiral “le Vieux Grog” à cause de son habit râpé de grogram, tissu grossier de soie et de laine mélangées».

Au milieu du XVIIIsiècle, celui-ci impose à ses hommes de boire leur ration de rhum allongée avec de l’eau, afin de réduire leur consommation d’alcool. Cette nouvelle boisson diluée sera affublée du sobriquet du vieux loup de mer... Une première version du grog, assez loin du remède de grand-mère. Et peut-être ensuite agrémentée d’un peu de jus de citron, pour lutter contre le scorbut. L’ouvrage Les Mots voyageurs précise que cette boisson, «connue en France dans les milieux marins dans le dernier quart du XVIIIe siècle, se répandit dans les cafés vers 1850». D’après Histoire du rhum, la boisson a même été très populaire en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Remède

L’époque d’«Old Grog» est révolue, le grog est désormais perçu comme une boisson appropriée dans les bars d’altitude, ou réconfortante, à la maison, pour lutter contre les coups de froid (en réalité, c’est plutôt pas mal de boire chaud en cas de petit rhum, mais l’alcool n’est vraiment pas indispensable…). Il n’empêche: c’est très bon.

«Dans la Marine Royale anglaise, Edward Vernon devait boire du tafia, un rhum très brut, marqué par la mélasse. Aujourd’hui, on a plus de savoir-faire et de délicatesse! Je conseille d’utiliser un rhum agricole, marqué par la canne à sucre», explique Christophe Davoine, responsable du Bar Kléber à l’Hôtel The Peninsula Paris. Alors, pour concocter un grog délicieux, trouvez d’abord un bon rhum parfumé.

On peut faire infuser des zestes d’orange, de la cannelle, de l’anis, des clous de girofle… On peut aussi remplacer l’eau par du thé

Régis Celabe, Chef barman du bar de l’Hôtel Jules et Jim à Paris et co-auteur avec Laurence Marot de l’ouvrage Les Cocktails à base de rhum, prépare souvent le grog avec un rhum ambré. Il précise qu’un «rhum un peu vieilli aura des notes sucrées, vanillées, la palette aromatique sera plus large».

Comment déterminer le bon ratio eau/rhum? Cela dépendra de vos goûts et de vos envies d’alcool fort… Rien ne vous empêche de faire moitié-moitié si vous voulez un breuvage bien costaud. Ou d’être un peu plus raisonnable: «Je mets en général 5 cl de rhum, pour 10 ou 12 cl d’eau», explique Christophe Davoine.

Du sucre

Pour aromatiser cette boisson chaude, le citron est l’ingrédient classique. Mais on peut aller plus loin: «On peut faire infuser des zestes d’orange, de la cannelle, de l’anis, des clous de girofle… On peut aussi remplacer l’eau par du thé, par exemple du Earl grey ou du thé fumé. Mais en réalité, chacun a sa recette!», précise Régis Celabe.

Et pour sucrer, le miel est tout trouvé. Parce qu’il est doux et bon, et parce que ses propriétés (entre autres antioxydant ou antibactérien) allègeront votre conscience… Christophe Davoine raconte qu’il utilise parfois du galabé, ce sucre complet originaire de la Réunion, qui «apporte une plus-value, un arôme supplémentaire».

Il ne reste plus qu’à assembler tout ça, comme l’explique Christophe Davoine:

«On prépare le jus, et le zeste pour la fraîcheur. On peut aussi utiliser des morceaux de citron. On met tout dans la tasse, avec le rhum et le miel. Pour le dosage, il faut s’adapter à ses goûts! On rajoute de l’eau bien chaude, on mélange et on déguste…» 

À siroter immédiatement! «Le grog doit être servi très chaud», dit Régis Celabe. À quoi doit ressembler le résultat? «Dans un bon grog, on sent bien le rhum, qui n’est pas noyé dans l’eau. Il y a une bonne palette aromatique, et la boisson est bien équilibrée», souligne ce spécialiste des cocktails. Au final, un bon grog doit être chaleureux. Voilà la recette de base... à redoser comme vous voulez.

Photo Élise Renoleau 

La recette du grog


Ingrédients

  • 4 c. à s. de rhum ambré
  • 1 c. à s. de miel
  • Un demi-citron
  • 15 cl d’eau

Recette

Prélevez une bande de zeste du demi-citron, puis pressez-le. Mettez le jus et le zeste dans une tasse. Ajoutez le miel et le rhum. Faites bouillir l’eau, puis versez-la dans la tasse. Mélangez et dégustez bien chaud! 

Retrouvez d'autres recettes en vidéo dans notre playlist YouTube dédiée et sur notre page Facebook.

 

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte