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Au-delà de toutes leurs espérances, la nuit de rêve des Trumpistes

Des supporters de Donald Trump à New York, le 8 novembre 2016. Mandel Ngan / AFP

Des supporters de Donald Trump à New York, le 8 novembre 2016. Mandel Ngan / AFP

Annoncé perdant, Donald Trump a vu la tendance s'inverser et la balance basculer en sa faveur, pour le plus grand bonheur de ses partisans.

«Un miracle», voilà, selon un conseiller de Donald Trump, ce qu'il fallait au candidat républicain pour remporter l'élection présidentielle, ce 8 novembre 2016. Dans les premières heures de la soirée électorale, l'idée de voir Donald Trump se frayer un chemin vers la Maison-Blanche était encore loin dans les esprits des électeurs démocrates, mais aussi dans ceux des proches du candidat républicain. Il faut dire que, depuis quelques jours, on ne parlait plus que des sondages qui donnaient Hillary Clinton gagnante –avec parfois jusqu'à cinq points d'avance.

Pour le camp démocrate, si l'on savait que la victoire ne serait pas facile, elle semblait néanmoins parfaitement atteignable. Au quartier général de Donald Trump, une salle de bal «loin des excès» située dans un hôtel de Manhattan à New York, ses partisans, eux, se montraient toutefois plutôt optimistes, observe ABC News.

Pourtant, au début de cette soirée électorale, tout semblait déjà plié. Le New York Times donnait plus de 80% de chances à Hillary Clinton de l'emporter. Puis la candidate démocrate s'est retrouvée en ballottage en Floride. Favorable puis défavorable. Et les États ont commencé à tomber pour Donald Trump. En quelques heures, les chances de victoire de Hillary Clinton se sont effondrées comme un chateau de carte.

L'inversion des courbes

S'il ne fallait qu'une image pour résumer le tournant de cette soirée improbable, il s'agirait sans doute de cette photographie, postée sur le compte Twitter de Donald Trump, quelques minutes après que les médias américaines annoncent sa victoire cruciale dans l'Ohio. Un État décisif pour la course à la Maison-Blanche, mais également un État très symbolique puisqu'il a désigné le président lors des treize précédents scrutins.

Une image, aussi, où les sentiments et les expressions du visage de Donald Trump et de son entourage se mélangent, entre le sourire de Mike Pence, colistier du camp républicain, et celui de sa femme, la mine fermée de Donald Trump, de Melania Trump et celui de leur fils, Barron.

«[La photographie] résume à elle seule toutes les émotions qui se jouaient aux États-Unis à ce moment-là», note le magazine Time.

Dès lors, les choses s'accélèrent. Alors que tout le monde se focalise sur les résultats des swing States, à 4h30, Donald Trump est annoncé vainqueur en Floride, un autre État décisif. Cette victoire qui lui rapporte vingt-neuf grands électeurs supplémentaires le rapproche encore un petit peu plus de la Maison-Blanche.

«C'est tombé... Trump a remporté la Floride. Énorme victoire. Merci la Floride! Trump avait besoin de la Floride pour remporter l'élection», s'est, par exemple, réjoui un internaute pro-Trump peu de temps avant de confier qu'il s'agissait là «de la plus belle nuit de sa vie».

Et, dans le quartier général de Donald Trump, les partisans du camp républicain, eux aussi, semblent avoir pris toute la mesure de cette victoire cruciale en Floride.

Une demi-heure plus tard, grâce à sa victoire en Californie, Hillary Clinton parvient à repasser en tête... pour seulement quelques minutes. Car, dans la foulée, Donald Trump remporte successivement les derniers États clés qui lui manquaient: l'Iowa ou encore la Pennsylvanie –ce qui lui permet de creuser encore davantage l'écart avec la candidate démocrate. Après sa victoire en Caroline du Nord, un «Mettez-la en prison» était repris en chœur dans le quartier général de Trump, note le Washington Post. Après la Floride, l'enthousiasme était encore plus palpable: les gens se prenaient dans les bras, se checkaient. Chez les Républicains, on se met alors à comprendre que quelque chose est en train de se passer.

«Il se passe quelque chose, là. C'est ne pas encore très clair mais... IT'S GETTING BIGGER ALL THE TIME»

Tout proche des 270 grands électeurs, la victoire est alors quasiment assurée pour Donald Trump. À 8h30, Associated Press et CNN annoncent à quelques secondes d'intervalle que le candidat républicain s'impose également dans le Wisconsin, qui compte dix grands électeurs. Avec désormais 277 grands électeurs, Donald Trump compte suffisamment de voix pour devenir le 45e président des États-Unis.

Au QG de Trump, à New York, on commence déjà à célébrer cette victoire.

La roue libre

Tout au long de la soirée, le site conservateur Breitbart News, proche de Donald Trump, n'a pas manqué de commenter la soirée électorale, et notamment la répartition des grands électeurs, État par État, à l'aide de GIFs, de l'Ohio à l'Iowa, de la Caroline du Nord à la Floride.

Comme galvanisé par la victoire de Trump, Breitbart News s'est ensuite chargé de railler les célébrités amércaines ouvertement opposées au candidat républicain. Le site a, pour l'occasion, tweeté l'un de ses articles listant les personnalités ayant exprimé leur souhait de quitter les États-Unis en cas de victoire de Donald Trump –Bryan Cranston, Miley Cyrus, Amy Schumer, Cher, Samuel L. Jackson, Barbra Streisand...– en y ajoutant le petit commentaire suivant: «Your move» («À vous de voir»). Sur Twitter, des partisans et soutiens de Donald Trump ont abondé dans ce sens. 

Et, ceux qui avaient annoncé qu'ils partiraient au Canada en cas de victoire de Donald Trump, n'ont guère été épargnés:

Quelques minutes après l'annonce de la victoire de Donald Trump et un discours clôturé par un pied de nez musical à Hillary Clinton («You Can't Always Get What You Want» des Rolling Stones), des supporters du candidat républicain se sont retrouvés à proximité de la Maison-Blanche pour célébrer le résultat et manifester leur joie, entourés par des partisans d'Hillary Clinton et une nuée de caméras. Longtemps annoncés perdants, difficile de ne pas voir dans l'enthousiasme et les cris de joie de ces Trumpistes comme un parfum de vengeance.

Ce 8 novembre 2016, aux États-Unis, le «miracle» tant attendu a bien eu lieu.

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