Monde

En 2011, Obama descendait Trump. Cinq ans plus tard, son rival va lui succéder

Grégor Brandy, mis à jour le 09.11.2016 à 11 h 39

Le président américain avait profité du dîner des correspondants pour s'en prendre durement au magnat de l'immobilier.

Donald Trump va devenir le 45e président des États-Unis. Le candidat républicain a remporté un pari fou et battu Hillary Clinton, ce 8 novembre, pour accéder à la Maison-Blanche.

La pilule risque d'être difficile à avaler pour l'actuel président, Barack Obama. Il avait fait de Trump une cible, se moquant de lui à de multiples reprises, et ce encore avant-hier. Obama avait ainsi déclaré par le passé qu'il pensait que Trump ne serait pas élu parce qu'il avait «foi dans le peuple américain».

Comme nous le racontions en août dernier, les deux hommes sont loin d'être les plus grands amis du monde, et cela remonte au moins à 2011, quand Donald Trump avait pris la tête du mouvement nativiste, qui remettait en question, le lieu de naissance de Barack Obama, et donc sa légitimité en tant que président des États-Unis.

Après l'avoir forcé à publier son certificat de naissance, Trump avait assisté au dîner des correspondants, où le président américain l'avait descendu. Après avoir passé la vidéo de sa naissance (un passage du Roi Lion, et oui, c'était une blague, avait-il précisé à l'attention de Fox News), il avait décidé de dédier une partie de son discours au magnat de l'immobilier.

«Donald Trump est ici ce soir. Je sais qu'il a pris quelques coups ces derniers jours. Mais personne n'est plus heureux de passer à autre chose que le Donald. Il peut enfin se reconcentrer sur les sujets qui comptent. Comme, savoir si l'on a vraiment mis le pied sur la Lune, ce qui s'est vraiment passé à Roswell, et où sont Biggie [Notorious B.I.G.] et Tupac?

 

Blague à part, on connait tous votre CV et votre expérience [rires]. Par exemple, lors d'un épisode de “Celebrity Apprentice” [son émission de téléréalité], au gril, l'équipe des garçons n'a pas impressionné les juges d'Omaha Steaks. Et ils s'accusaient les uns, les autres. Mais vous, M. Trump aviez reconnu que le vrai problème était le manque de leadership. Et donc, vous ne vous en êtes pas pris à Lil' Jon ou Meatlof. Vous avez viré Gary Busey. Et c'est ce genre de décisions qui me gardent éveillés la nuit. Bien joué, monsieur. Vous l'avez bien géré. 

 

Dites ce que vous voulez sur M. Trump, mais il amènerait quelques changements à la Maison-Blanche. Voyons ce qu'on a ici.»

«Il n'a pas lâché un sourire»

Et Donald Trump –malgré ce qu'il a pu dire– semble avoir très mal vécu ces quelques minutes, raconte Roxanne Roberts, une journaliste du Washington Post qui était à ses côtés pendant le dîner.

«Lorsque les caméras étaient pointées sur lui, Trump a souri lors des blagues d'Obama et salué la foule. Sa réponse aux blagues de Meyers [qui a succédé au président] était moins légère. Alors que le comédien lui tapait dessus, il n'a pas lâché un sourire.»

On ne saura peut-être jamais si ces cinq minutes ont nourri l'obsession de vengeance de Donald Trump et l'ont poussé à se lancer dans la course à la présidentielle 2016, comme le racontait le New Yorker en septembre 2015. Reste que le 20 janvier 2017, c'est lui qui succédera au président Obama. Ce devrait être un passage de témoin très observé.

Grégor Brandy
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Journaliste
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