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Trump a gagné, les Américains veulent quitter le pays

Bye | Transformer18 via Flickr CC License by

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Le candidat républicain a gagné, ce qui fait paniquer les Américains.

Donald Trump est en route vers la Maison-Blanche. Il sera le 45e président des États-Unis. À 8 heures ce 9 novembre, le candidat républicain mène la course au collège électoral, même si Hillary Clinton semblait partie pour remporter le vote populaire.

Face à la perspective d'une élection du candidat républicain, de nombreux Américains semblent résolus à quitter le pays. Le site de l'immigration canadienne est ainsi inacessible depuis 5 heures, ce matin, heure française. On ne sait pas cependant pas s'il y a une relation de cause à effet entre les deux, mais il est facile d'imaginer le lien.

«Je ne rigole pas: le site pour immigrer au Canada est tombé. #Elections2016»

Régulièrement utilisé pour montrer l'intérêt d'un sujet, le service Trends de Google ne donne pas encore de résultats pour ce 8 novembre, mais The Oregonian explique que la recherche «comment déménager au Canada» a commencé à connaître un pic dès 3 heures du matin. Comme l'expliquait Politifact au moment du Brexit sur la base des recherches Google qui ont suivi, ces résultats sont à prendre avec des pincettes: parce qu'on ne connait pas le nombre de recherches faites avant et qui permettent de pondérer, et qu'en en parlant, on ne fait que nourrir la bête.

Passer à l'acte?

À plusieurs reprises au cours de l'élection, des électeurs américains ont expliqué qu'en cas de victoire de Donald Trump, ils quitteraient le pays. Mais comme nous l'écrivions en février dernier, ce phénomène s'est déjà produit par le passé:

«Malgré leur enthousiasme pro-Canada, les Américains passent rarement à l’acte pour des raisons purement politiques. Comme le rappelle un article de 2012 du New York Times, le nombre d’Américains partis vivre au Canada a doublé pendant la présidence de George W. Bush, mais, selon les experts, cette augmentation n’avait presque rien à voir avec les élections. “Peu de gens décident ainsi de partir et de se déraciner”, expliquait Janice Gross Stein, de l’University of Toronto. La seule grande exception était le désir d’échapper à la conscription pendant la guerrre du Vietnam.”»

D'autres ont décidé de viser plus loin que le Canada et demandent déjà à Elon Musk, le patron de SpaceX, quand ils pourront rejoindre Mars, et la colonie qu'il souhaite y établir.

Témoignages effrayants

En dépit de toutes les blagues, la probable élection de Donald Trump est en train de modifier la donne pour certains. Parmi tous les témoignages (plus ou moins vrais) publiés sur Twitter et annonçant la fuite de nombreux Américains vers d'autres pays, l'un d'entre eux est particulièrement relayé. Un journaliste de USA Today raconte qu'un de ses collègues musulmans lui a tapé sur l'épaule avant de lui dire qu'il partait. À sa réponse «de la rédaction?», il a répondu «Non, du pays».

Sur CNN, le militant des droits civiques, Van Jones indique que plusieurs amis musulmans lui ont déjà demandé s'ils devaient quitter le pays. Le journaliste du New York Times, Farhad Manjoo explique de son côté, qu'en tant que journaliste musulman, qui a des enfants métisses, il risque de faire moins le marrant sur Twitter, désormais.

Un autre homme raconte qu'alors qu'ils regardent les résultats en compagnie de Syriens, ceux-ci plaisantent à moitié sur le fait de rentrer dans leur pays.

Donald Trump voulait stopper l'immigration musulmane aux États-Unis. Le Monde racontait également en décembre dernier que le candidat républicain «n’en était pas à son coup d’essai».

«Après les attentats du 13 novembre en France, il avait déjà créé la polémique en évoquant la fermeture de mosquées et le fichage des musulmans. Il avait aussi assuré contre toute évidence se souvenir de musulmans célébrant les attentats du 11-Septembre dans l’État voisin du New Jersey.»

«Bon voyage!»

À l'inverse, les soutiens de Donald Trump appellent déjà ceux qui avaient dit qu'ils partiraient si Trump était élu à tenir leurs promesses. L'ancien gouverneur de l'Arizona et candidat à la primaire républicaine, Mike Huckabee, explique ainsi que le candidat républicain mettra son avion privé à disposition de toutes les célébrités d'Hollywood qui avaient déclaré qu'elles allaient quitter le pays si Trump l'emportait.

Une autre renvoie les «progressistes» vers le site d'une compagnie aérienne.

Le processus de guérison (si jamais il y en a un) risque d'être très long, ces prochains mois, aux États-Unis.

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