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La fin d'un monde, la fin du monde

Mandel NGAN / AFP

Mandel NGAN / AFP

Un monde vient de s'effondrer, celui qui va lui succéder ne donne guère envie de le connaître, nous ne pouvons encore y croire et pourtant...

Voilà que ce matin nous sommes étranglés par le jugement de l'Histoire qui nous rappelle combien nos sociétés peuvent être fragiles, comment à tout moment, elles peuvent basculer dans une sorte d'obscurantisme féroce qui nous laisse à cette heure désemparés et sans-voix.

Nous ne sommes pas encore au stade de la réflexion, elle viendra plus tard, mais dans ce moment de la vie où nous nous retrouvons confrontés à ce qu'il y a de plus fascinant mais aussi de plus cruel dans la nature humaine: sa capacité à toucher les bas-fonds, à s'enfoncer dans la nuit noire de sa propre destruction, son appétence pour tout ce qui est sale, violent, abrupt.

Hier c'était à Nuremberg ou à Berlin que des millions d'Allemands glorifiaient l'avènement d'un Fürher qui annonçait leur chute, aujourd'hui, de l'autre côté de l'Atlantique, un peuple animé de la même folie suicidaire, se choisit le plus insignifiant, le plus médiocre, le plus inconséquent des tyrans pour les conduire à l'échafaud.

La folie des hommes

Il n'y a pas d'échappatoire à la folie des hommes, elle rôde toujours dans les coursives de l'Histoire, prompte à sauter à la gorge du premier venu, à jeter plus bas que terre ce qu'une nation avait pris soin de bâtir pendant des siècles, à l'ensevelir sous un tas d'immondices qui feront d'elle la plus honnie des nations.

C'est évidemment cela qui est désespérant, cette impossibilité de l'homme de s'extraire au-delà des contingences de son époque, son goût jamais rassasié pour la chute, son penchant à toujours épouser les causes les moins nobles possibles, comme s'il y avait en lui, au plus profond de son âme, une sorte de fascination pour la transgression, pour le mal, pour tout ce qui peut porter atteinte à sa propre dignité.

Deuil

Ce matin, nous sommes en deuil.

Un monde vient de s'effondrer, celui qui va lui succéder ne donne guère envie de le connaître, nous ne pouvons encore y croire et pourtant, il faudra vivre avec, se montrer à la hauteur des défis qu'il nous propose, se montrer intransigeant sur nos valeurs et nos modes de pensée, continuer à affirmer notre foi en la croyance d'un humanisme porteur d'espoir et de progrès.

Nous n'avons pas le choix.

Le combat commence aujourd'hui.

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