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L'aiguille du compteur du New York Times a fait paniquer le monde

Capture du site du New York Times

Capture du site du New York Times

Alors qu'on ne sait toujours pas qui sera élu de Hillary Clinton ou Donald Trump, l'outil du New York Times permettant de surveiller les résultats en direct est à l'image de la fébrilité de cette soirée électorale.

Tout avait bien commencé pour ceux qui espéraient une défaite de Trump. La totalité des modèles des médias —de FiveThirtyEight au New York Times, en passant par le Huffington Post— donnaient une victoire de Hillary Clinton, avec des chances allant de 98% à un peu plus de 70%.

Et puis, on s'est lancé dans cette soirée électorale ce 8 novembre avec un oeil sur les prédictions des différents médias et un onglet ouvert sur les prévisions en temps réels du New York Times, et son aiguille qui passait son temps à osciller. Tout allait bien alors pour Hillary Clinton. La candidate démocrate avait un peu plus de 80% de chance de s'imposer, et de devenir la première femme à occuper le poste de présidente des États-Unis.

Et puis, la course a commencé à se resserrer. Petit à petit, les chances de Hillary Clinton ont commencé à diminuer, et les centaines de captures d'écran publiés sur Twitter ont permis à tout le monde de se rendre compte qu'il était peut-être en train de se passer quelque chose.

La soirée qui passe, l'aiguille qui tangue

À 3h30, heure française, 21h30, aux États-Unis sur la côte Est, peu de temps après que l'on a appris la victoire de Trump dans le Texas, l'Arkansas, le Nebraska, le Kansas —des États qui lui étaient promis— et qu'on lui promet de bons résultats dans l'Ohio, un État clé, le New York Times indique que les deux candidats ont désormais autant de chance l'un que l'autre de l'emporter.

Et quand il est annoncé que Trump a officiellement remporté l'Ohio, l'aiguille finit de pencher dans le camp de Donald Trump, et de plus en plus comme si elle indiquait un surrégime du moteur. De quoi angoisser des dizaines de milliers de personnes, pour qui la victoire de la candidate démocrate était quasiment acquise il y a encore quelques heures, et qui se retrouvent soudainement avec la perspective d'une présidence Trump pour les quatres prochaines années. À tel point, que le quotidien new-yorkais a décidé de faire un ajout en tête de son modèle, pour indiquer aux lecteurs qu'il pouvait être très volatile en début de soirée, mais que ces chiffres devraient devenir plus fiables au fil de la nuit.

D'autant que les oscillations permanentes de l'aiguille produisent une sensation de stress permanent, comme si le modèle était en permanence en train de traiter des données et de ne pas trop savoir où donner de la tête. À tel point que plusieurs personnes se sont demandées et mises à chercher comment l'aiguille peut bouger autant avec si peu de données à sa portée.

L'aiguille de nos cœurs

The Verge s'est penché sur la question et confirme que les oscillations ne sont pas créées par l'arrivée de nouvelles données électorales, mais qu'en fait elles sont été codées, ce qui pousse «les aiguilles à bouger aussi follement que nos cœurs au fur et à mesure de l'arrivée des résultats».

Sur Twitter, un autre journaliste du New York Times indique que ces oscillations devaient montrer l'incertitude du modèle et que l'aiguille bouge entre les 25e et 75e centiles. Mais ces oscillations, aussi stressantes soient-elles, n'expliquent pas totalement le revirement à 180 degrés du New York Times au cours de la soirée, alors que la plupart des vainqueurs des États clés ne sont pas encore connus, et qu'un autre site spécialisé dans l'analyse de ces chiffres, FiveThirtyEight, donnait tout au plus 60% de chances à Donald Trump de l'emporter.

Même le monsieur sondages et chiffres du New York Times, Nate Cohn, a tenu à s'expliquer sur twitter et indiquer que, selon lui, ce modèle surestimait les chances de Trump (il donnait alors plus de 95% de chances au candidat républicain de l'emporter), même s'il en faisait désormais le favori pour cette élection.

Alors que l'on ne connaît toujours pas le nom du futur président, une chose est sûre, la folle aiguille du New York Times, va hanter les rêves de beaucoup, beaucoup d'Américains.

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