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- Par Oriane Claire
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Oriane Claire
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Collectivités locales: des gestions irresponsables
Il faudrait protéger le contribuable contre l'incompétence financière de certains élus.
La crise financière n'explique pas tout. Le désastre des crédits structurés sur les comptes des collectivités locales est de la responsabilité des élus locaux. Rien ne sert d'accuser exclusivement les banques.
Parmi les collectivités dans le rouge à cause de ces emprunts dits «toxiques», on retrouve le département de Seine Saint-Denis, la communauté urbaine de Lille, des villes telles que Saint-Etienne, Rouen, Tulle, Laval, Plaisir. Et la liste ne s'arrête pas là . La cour des comptes peine à dresser la liste exhaustive. A tel point, que les experts n'hésitent pas à comparer ces produits au mécanisme des subprimes qui a entraîné la faillite de millions d'américains qui avaient acheté leur maison à crédit.
Pourtant, les crédits dits structurés ne sont pas mauvais en soi, ils le sont pour le novice qui ne prend pas la peine de saisir leur principe. Pour schématiser, c'est un peu comme Monsieur Lambda qui contracte un crédit à la consommation pour acheter son écran plasma sans lire les alinéas du prospectus. Il croit son crédit intéressant, le taux inscrit en énorme sur la brochure est alléchant, il ne pense pas à regarder la petite ligne en bas à gauche. C'est ce qu'ont fait les collectivités locales et c'est vous qui paierez.
Le taux est variable, alors bien entendu il est très bas les touts premiers mois. Ensuite il montre son vrai visage, il s'emballe au gré de la volatilité des marchés et les intérêts dus deviennent exorbitants. C'est alors que Monsieur Lambda bascule dans la détresse financière. Alors, qui est coupable ? L'organisme financier cupide ou le débiteur ignorant?
C'est à peu près pareil pour les collectivités locales. Certaines ont manqué de prudence et n'ont pas pris le temps nécessaire pour comprendre les risques qu'elles prenaient à souscrire ce type d'emprunt. Pourtant, le postulat de base qui doit être appliqué invariablement en gestion financière, c'est bien la prudence. Il n'y a pas plus frileux qu'un banquier, un vieil adage. Toute sa démarche consiste à faire porter le risque sur autrui. Ce principe devrait être appris à l'école dès le plus jeune âge et à nos élus de toute urgence pour éviter que l'arnaque au crédit qu'il soit structuré ou non, à la consommation ou à autre chose ne sévisse inlassablement.
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Les banques ne sont pas des établissements caritatifs
La cour des comptes dans son rapport sur les emprunts contractés par les collectivités locales livre ses conclusions: plus le taux initial est faible, plus le risque de hausse future du taux est important. Comment certains élus ont-ils pu croire un instant que les banques opéraient dans un but non lucratif? Les collectivités locales se sont jetées dans la gueule du loup sans même chercher à comprendre. Pourtant, à la lecture de quelques unes des propositions bancaires faites aux collectivités, il y a de quoi s'inquiéter sur la compétence des responsables locaux. Par exemple, un président de conseil régional a ainsi donné son accord sur un emprunt à taux soi disant fixe et très faible, moins de 3% sur 15 ans mais conditionné par les taux en dollars américains côtés à Londres (pourquoi aller chercher un taux là -bas?). Le taux du crédit ainsi contracté est passé très rapidement de 2,96% à 6,5%. Comment peut-on manquer à ce point de vigilance?
Pour autant, et ce qui semble le plus étonnant, c'est de constater que l'Etat ne transige pas. Les élus n'ont jamais été inquiétés pour leur manque de prudence. L'opprobre s'est porté exclusivement sur les banques qui ont proposé ces crédits structurés.
Les administrations publiques locales disposent d'une très grande liberté dans leur gestion sans avoir à rendre compte in fine. Avec une seule contrainte, elles se doivent de présenter un budget équilibré en fin d'année (contrairement à l'Etat). Ainsi, lorsqu'un département, une ville ou un hôpital s'enlisent dans des crédits à «hauts risques», la sanction se reporte aussitôt sur le contribuable. La mauvaise gestion des élus entraîne de facto l'augmentation des impôts locaux pour compenser la charge d'une dette trop importante. On a développé la protection du consommateur, ou encore de l'épargnant, il serait peut-être utile aujourd'hui de protéger le contribuable contre l'incompétence de certains élus.
Oriane Claire
A lire également: Le déficit doit être détruit avant qu'il nous détruise et La dette publique accapare l'épargne.
Image de Une: Un clown lors d'une réunion des actionnaires de la banque belgo-néerlandaise Fortis Yves Herman / Reuters
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Comments
Erreurs ou fautes?
@ Mme Oriane Claire
En dépit des apparences, je trouve votre argumentation quelque peu magnanime avec les élus lorsque vous évoquez leur seule incompétence ou leur naïveté.
En effet, peut on ignorer le fait que les collectivités locales (je veux ici parler de celles que vous citez, qui ne sont pas des villages perdus gérés par des bénévoles!) ont toutes des services juridiques qui sont à même d'analyser les contrats, qu'ils soient d'ordre financier ou autre.
Il convient donc d'admettre que les erreurs commises le sont en toute connaissance de cause... ce qui en fait des fautes!
Vous avez entièrement raison de souligner que les contribuables (c'est à dire l'ensemble de la population) paieront toutes les notes présentées depuis 30 ans.
La seule solution à cette situation me paraît être la mise en place d'une vraie politique contractuelle assortie de contrôles intermédiaires indépendants de la démocratie locale (une sorte de cour des comptes investie de pouvoirs judiciaires), et d'une responsabilisation pénale des élus et de leurs structures administratives. Le clientélisme de plus en plus marqué de la démocratie actuelle et l'importance financière (mais pas seulement...) des enjeux ne permettent plus en effet de considérer que la sanction appartient aux seuls électeurs.
Irresponsables, incompétent et nuls
Dans le pannel des élus il y a pléthore de fonctionnaires ou anciens fonctionnaires....évidemment eux ont du temps pour s'impliquer dans la vie locale, ils ne connaissent rien c'est affligeant. Ils n'ont jamais gagné leur croute qu'en dépensant l'argent du contribuable. Ils ne savent pas ce que signifie un taux variable évidemment et de toutes les façons ils ne savent pas compter. Et sur ce sujet il n'y a pas de gauche ou droite, ils se valent. On devrait limiter cette surreprésentation de fonctionnaires c'est la plaie du pays, pas plus de 10% des élus par exemple. Je vous garanti que mon boulanger ne commettrait pas ce type d' erreur.
Peter jones
les collectvités territoriales
décidément, les fonctionnaires vous irritent M. JONES. Je suis fonctionnaire mais comptable d'un EPLE, donc je suis fonctionnaire mais "responsable, compétente et pas nulle"!!!! Je gagne ma "croute en dépensant l'argent du contribuable" pour éduquer, nourrir et cultiver les enfants, n'est-ce-pas louable ?
Le problème n'est pas que les élus des collectivités territoriales sont souvent des fonctionnaires, les élus sont des hommes ou des femmes politiques ! Ils veulent se faire élire et promettent monts et merveilles, comme les députés, les sénateurs, les présidents. Je pense que la décentralisation (voulue par la gauche et accentuée par la droite) n'était pas une bonne chose. On a multiplié les responsabilités et je suis assez d'accord avec la réforme préparée par M. SARKOZY mais à deux- trois "détails "près...par exemple le découpage électoral.
Enfin, je pense que le cumul des mandats n'est pas
bon. Vous ne pouvez pas à la fois être maire, conseiller général, président de la communauté de commune, député ou sénateur etc. En France, qu'ils soient de gauche ou de droite, certains cumulent jusqu'à 4 mandats !!!! Comment voulez-vous que ces personnes se multiplient à l'infini et veillent aux finances ? Il est urgent de mettre fin à cette possibilité de cumuler plusieurs mandats électoraux.
Je suis d'accord avec un contrôle strict des collectivités territoriales.
Cependant, il y a tellement de choses en jeu que je crains que les actes ne suivent pas la parole.
....
il faut arrêter l'aigreur, à moins que ce ne soit l'armistice, Peter Jones. Il y a de vrais financiers dans les collectivités, qui ont très bien compris le système des prêts structurés swaps et autres (moi-même j'ai eu droit à une époque à des formations), et c'est ça le pire. Ils ont pris le risque, comme si c'était leur propre argent.C'est ma seule indulgence avec les banquiers.
On comprend mieux
l'inquietude de certains a la suppressin de la taxe professionnelle
Barba-Papa
La décentralisation ...met la France en faillite!?
Les collectivités locales "proches des gens" et des besoins c'est en partie vrai mais c'est aussi proche des démagos (souvent), et des incompétents (parfois). La belle France croule sous les ronds-points et les "hangars préfabriqués" des abords des villes grandes et petites, de Lille à Montpellier et de Strasbourg à Brest. Elle est belle l'identité locale, le particularisme des régions, la spécificité des territoires! Il faut absolument évaluer, controler par des organismes indépendants..et faire connaitre au plus grand nombre de citoyens, la gestion de ces executifs locaux, En dernier ressort tout cela ce fait avec l'argent des français. Les collectivités recrutent enormément de personnel...on se demande souvent pourquoi! Et bien sur tout le monde est pour la réforme du "mille feuilles" local...mais comme toujours il vaut mieux commencer par les autres. Ce ne sont pas les sénateurs quii les représentent qui vont pousser les réformes des collectivités locales! Le "subcollectivité" est en marche depuis longtemps.
Chris15
finances locales, emplois et service public
d'une part la taxe pro sert à financer ces errements financiers et sans pudeur les collectivités locales la réclament, bien que cette taxe tue nos emplois, d'autre part Dexia ex banque publique des collectivités locales, a largement participé à la catastrophe, et on nous parle encore de service public ? où est la commission d'enquéte nécessaire ? les sénateurs protégent leurs électeurs (élus municipaux) en luttant contre la suppression de la taxe pro.
Merci à tous.
JG
un exemple de l'irresponsabilité économique
La Région PACA et le Département rivalisent d'irresponsabilité économique, à la limite de la combinazione.
La région socialiste a commandé des panneaux Liberté, Egalité, Fraternité, d'un esthétique des plus douteux qui ont été implantés sur les bâtiments dont la gestion incombe à la Région.
Le département de droite aussi irresponsable a implanté sur la route des panneaux délimitant les cantons.
Pour couronner le tout, commandés à priori à la même société qui a soumis aux 2 institutions l'idée de ses panneaux.
Voilà l'irresponsabilité économique de ses institutions mais combien comique si ce n'était avec les impôts des citoyens. Une question se pose il y a t il derrière ses commandes autre chose ??????
MAYOMBE
Irresponsabilité, Incompétence, ou ?
Et si c'était un moyen de camoufler la réalité de l'endettement d'une collectivité avant des élections ?
En renégociant la dette, il est aisé de reporter le remboursement des intérêts et du capital de la dette, l'année suivante des élections.
Ainsi vous présentez aux électeurs un budget dans lequel, il n'y a plus de remboursement cette année d'élections.
Comme la majorité des citoyens ne savent pas lire un budget ou ne prennent pas le temps de le lire, ils ne verront pas dans les annexes, la liste des emprunts en cours.
Je suppose que certains ont voulu minimiser le montant des remboursements.
Ainsi, ils peuvent faire apparaître de nouvelles marges de manoeuvre pour des investissements promis pendant leur campagne électorale.
Une fois élus, ils peuvent se plaindre de l'Etat qui ne les soutient pas ou qui transfère ses compétences sans les moyens financiers, des banques qui ont spéculé et accroître ainsi la fiscalité locale en toute impunité.
Il est anormal qu'une simple délibération soit étudiée et éventuellement rejetée par le contrôle de légalité alors que les conditions d'un emprunt ou qu'un investissement somptuaire ne fasse pas l'objet d'une alerte au Maire ou au Président d'une Collectivité.
Pourquoi, la Loi, ne permettrait-elle pas à l'opposition de se retourner vers les Chambres Régionales qui pourraient émettre un avis circonstancié ?
La procédure d'appel d'offres ne serait-elle pas un moyen de rendre transparent tout contrat avec les banques ?
Certaines Collectivités utilisent le secteur associatif pour transférer leurs dettes et pourront ainsi, par l'augmentation de subventions, équilibrer leurs comptes à posteriori.
Les Elus sont seuls responsables de cet état de fait et les fonctionnaires de simples exécutants qui n'oseront pas risquer leur carrière pour s'opposer à ce type d'astuce tout à fait légale.
Et comme disent certains Elus, une Collectivité Territoriale ne fait jamais faillite.
L'Etat ne donne t-il pas, lui aussi, le mauvais exemple ?
Kir
Légiférer
La réalité est plus simple :
Les banquiers ont fait un forcing commercial sur ces produits car ils sont plus rémunérateurs que les prêts à taux fixe et que la moralité n'est pas leur problème.
Les élus les ont achetés car ça leur permettait de réduire à court terme les intérêts, voire même de toucher des soultes et donc de financer avant les élections une nouvelle piscine ou une nouvelle salle des fêtes. Et pour les risques à long terme, on verra plus tard si on est encore là ...
En Italie, ce type de prêts à des collectivités locales est très limité par la loi ce qui fait qu'ils ont aujourd'hui beaucoup moins de problèmes sur ce sujet.
Qu'attends le gouvernement français pour faire de même ? Le lobbying des banques est-il trop fort ?
T Marchand