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Trump a gagné la classe ouvrière blanche dans des États qui votaient démocrate

Lors du dernier meeting de Trump à Grand Rapids dans le Michigan I MANDEL NGAN / AFP

Lors du dernier meeting de Trump à Grand Rapids dans le Michigan I MANDEL NGAN / AFP

Le discours de Trump contre le libre-échange et l'immigration a séduit les classes ouvrières dans plusieurs États du Midwest qui préféraient Bernie Sanders à Hillary Clinton.

En 2012, Barack Obama avait gagné le Michigan avec 54% des voix contre Mitt Romney et pendant des mois, les sondages ont donné Hillary Clinton largement gagnante dans cet État du Midwest qui vote démocrate aux présidentielles depuis 1992. 

Pourtant, les résultats de la présidentielle, après 97% des bulletins comptés, montraient Trump en tête de 1 point. Même scénario dans de nombreux autres États de la Rust Belt, l'ancienne ceinture industrielle du pays. Dans l'Ohio, où Obama avait gagné en 2012, Clinton n'a obtenu que 43% des voix. Le Wisconsin, qui vote démocrate depuis 1988, a voté Trump à 49%, tout comme la Pennsylvanie (49% pour Trump), qui a voté démocrate aux six dernières élections. 

Ces États ont de fortes populations blanches ouvrières, un terrain fertile pour Trump. Comme l'a noté le journaliste du New York Times Nate Cohn, c'est cet électorat ouvrier blanc, séduit par la rhétorique anti-immigration et anti-libre échange du candidat républicain, qui s'est en quelque sorte unie pour propulser Trump dans l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin.

«Comment comprendre cette élection: la classe ouvrière blanche a décidé de voter en bloc comme un groupe minoritaire. Ils représentent plus de 40% de l'électorat.»

Selon des données citées par une journaliste de la radio publique NPR, alors qu'Obama avait perdu la classe moyenne blanche de vingt-cinq points en 2012, Clinton a perdu cette catégorie de trente-neuf points.

Ramener l'emploi en Amérique

L'équipe de Trump pariait sur ce soutien, et le candidat républicain avait tenu son dernier meeting de campagne à Grand Rapids dans le Michigan. Tard dans la nuit du 7 novembre, il avait promis à la foule qu'il ramènerait l'industrie automobile dans l'État, et qu'il empêcherait les délocalisations d'usines.

«Le long cauchemar des emplois qui quittent le Michigan va prendre fin. Le Michigan va de nouveau faire envie au monde sur le plan économique.»

Pendant toute sa campagne, Trump avait promis l'impossible: qu'il forcerait Apple à construire ses ordinateurs aux États-Unis et qu'il taxerait tellement les voitures Ford fabriquées au Mexique que les usines seraient obligées de revenir en Amérique.

Dans le Michigan et le Wisconsin, c'était le candidat aux primaires Bernie Sanders qui avait gagné contre Clinton. Son discours anti-libre échange résonnait plus auprès des électeurs qui ont rejeté Clinton le 8 novembre. Si bien que certains se demandent aujourd'hui si le sénateur du Vermont aurait pû l'emporter contre Trump, dans la mesure où beaucoup plus que Clinton, il incarnait la figure de l'outsider en révolte contre les élites de Washington.

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